April 15, 2018 / 1:57 PM / 7 months ago

Des affrontements, fort afflux à Notre-Dame-des-Landes

NOTRE-DAME-DES-LANDES, Loire-Atlantique (Reuters) - Des heurts violents ont une nouvelle fois éclaté, dimanche, sur la “zone à défendre” (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire Atlantique), où un dernier bastion de zadistes rejoint par des soutiens de leur cause s’oppose aux forces de l’ordre, malgré l’annonce vendredi de la fin des évacuations.

Des heurts violents ont une nouvelle fois éclaté, dimanche, sur la "zone à défendre" (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire Atlantique), où un dernier bastion de zadistes s'oppose aux forces de l'ordre, malgré l'annonce vendredi de la fin des évacuations. /Photo prise le 15 avril 2018/REUTERS/Pascal Rossignol

Des milliers de personnes ont afflué pour un rassemblement prévu ce dimanche, mais n’ont toutefois pas pu rejoindre le lieu de rendez-vous prévu en raison d’une importante présence policière qui scinde la zone en deux.

Acculés, les zadistes ont jeté des pierres et bouteilles sur les forces de l’ordre, qui répliquaient à coups de gaz lacrymogène, a-t-on constaté sur place peu avant midi.

Malgré les difficultés d’accès, plusieurs milliers de personnes, pour certains venus avec des instruments de musique, s’étaient rassemblées en différent points de la zone à l’heure du pique-nique prévu par les militants sur le site du projet abandonné de nouvel aéroport de Nantes, qui dénoncent un “blocus policier pour empêcher tout rassemblement sur la ZAD”.

Le président de la République Emmanuel Macron a condamné dimanche lors d’une interview à BFM TV, RMC et Mediapart une colère non “légitime” dans la ZAD.

“Vous me parlez d’une colère aujourd’hui mais la colère de qui ?”, a-t-il répondu à Edwy Plenel. “Les gens qui, depuis des années, bloquaient un endroit où on devait construire un aéroport et que finalement on ne construit pas ? Qui viennent continuer à protester ? Je considère que celle-là, elle n’est pas légitime.”

“Il y a des gens qui n’aiment plus l’ordre républicain. Moi je considère qu’il est juste et qu’il protège nos concitoyens les plus modestes”, a-t-il ajouté.

Après les heurts de matinée, la journée s’est achevée par une victoire symbolique pour les zadistes, qui ont transporté une grande charpente en bois à travers la zone pour la monter dans un champ et signer ainsi la persistance de leurs constructions.

“On ne peut écraser notre désir de collectif par la terreur et la destruction “, concluent-ils dimanche, revendiquant une foule de 15.000 à 20.000 personnes.

La préfecture de Loire Atlantique fait état dimanche de 58 blessés parmi les forces de l’ordre et de 18 interpellations depuis le début des opérations sur la ZAD, qui visent désormais, soulignent les autorités, à “empêcher la reconstruction et maintenir les routes dégagées”.

TROIS GENDARMES BLESSÉS

Deux personnes ont été placées en garde à vue ce matin pour des jets de projectiles sur des gendarmes dans la ZAD, sous la responsabilité du parquet de Nantes, a-t-on appris en outre auprès du parquet.

“Un engin explosif contentant des billes d’acier a été jeté en direction d’un groupe de gendarmes mobiles” et blessé trois militaires, souligne en outre le procureur général de la cour d’appel de Rennes.

L’un deux, blessé aux jambes et aux mains devait subir lundi une intervention chirurgicale aux mains. Une enquête de flagrance pour violences aggravées a été ouverte.

La veille, outre des échauffourées sur la zone, des incidents ont éclaté à Nantes lors d’une manifestation de soutien aux “zadistes”. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a dénoncé dans un communiqué “les violences inqualifiables et les dégradations de commerces et mobilier urbain” commises en marge de cette manifestation.

Douze personnes interpellées samedi à Nantes ont passé la matinée de dimanche en garde à vue pour des infractions (violences envers personnes dépositaires de l’autorité publique, participation à un attroupement malgré sommation, outrages).

Trois d’entre elles ont été remises en liberté dans l’après-midi en vue d’une comparution prochaine devant le tribunal correctionnel de Nantes, six vont être déférées lundi matin au parquet de Nantes afin d’être jugées en comparution immédiate, a annoncé le parquet.

Deux mineurs seront en outre déférés au parquet de Nantes afin de comparaître devant le tribunal pour enfants, tandis qu’une dernière garde à vue a été prolongée.

Pierre-Henri Allain, édité par Julie Carriat et Yves Clarisse

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