April 13, 2018 / 6:50 AM / in 8 months

Fin des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, un nouvel acte s'ouvre

NANTES/NOTRE-DAME-DES-LANDES, Loire-Atlantique (Reuters) - Les forces de l’ordre sont de nouveau intervenues vendredi à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, afin de dégager les routes et mener des opérations de police judiciaire à la suite de violences contre des gendarmes, a annoncé la gendarmerie.

Les forces de l'ordre vont rester sur place avec pour mission: le déblaiement des parcelles, la réouverture des deux principales routes traversant la ZAD (D81 et D281) et empêcher "toute réoccupation illégale, toute installation devant désormais s'inscrire dans un cadre légal". /Photo prise le 13 avril 2018/REUTERS/Stéphane Mahé

La préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, a annoncé la fin de la “phase d’expulsion et de déconstruction” entamée lundi sous l’autorité de quelque 2.500 gendarmes.

“Tout ce qui était évacuable a été évacué”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse, répétant la formule utilisée jeudi par Emmanuel Macron. “Pour l’instant, une deuxième phase (d’expulsions) n’est pas à l’ordre du jour”, a-t-elle ajouté.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, se sont rendus vendredi après-midi dans le centre opérationnel de la gendarmerie proche de Notre-Dame-des-Landes pour faire le point de la situation.

Au total, 29 squats ont été démantelés sur les 97 lieux de vie que compte la “zone à défendre”.

Selon le directeur général de la gendarmerie, le général Richard Lizurey, quelque 700 “zadistes” et leurs soutiens, des “Blacks Blocs”, militants d’ultra-gauche venus de France et d’autres pays européens, étaient sur place. Ils étaient 150 au début de la semaine, a-t-il dit sur CNEWS.

MANIFESTATIONS

Quelques échauffourées ont été signalées vendredi matin.

Au moins trois personnes ont été interpellées en flagrant délit pour “outrage, rébellion et violences” en marge d’une enquête judiciaire menée notamment sur le tir cette semaine d’une fusée anti-grêle sur un hélicoptère de la gendarmerie, a indiqué une porte-parole de la gendarmerie.

Le parquet général de Rennes a annoncé dans un communiqué que cinq personnes au total étaient en garde à vue.

Les forces de l’ordre vont rester sur place avec pour mission de déblayer les parcelles, rouvrir les deux principales routes traversant la ZAD (D81 et D281) et empêcher “toute réoccupation illégale, toute installation devant désormais s’inscrire dans un cadre légal”.

Le déblaiement prendra de “trois semaines à un mois”, selon Nicole Klein.

Les pouvoirs publics, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, ouvrent désormais une phase de concertation pour le réaménagement de la “zone à défendre”, a dit la préfète.

Des formulaires sont mis à la disposition des personnes souhaitant développer un projet agricole et des “agriculteurs qui sont sur place et qui ont un projet pour ce territoire”.

Leurs déclarations devront être retournées à la Direction départementale des territoires d’ici au 23 avril.

“L’Etat instruira ces demandes” et “les personnes ayant fait l’objet d’une expulsion ces derniers jours peuvent se déclarer”, a précisé Nicole Klein.

Cette dernière a fait savoir qu’elle n’interdirait pas la manifestation de “réoccupation” prévue dimanche. En 2012, elle avait réuni 40.000 personnes selon les organisateurs.

Une autre manifestation de soutien aux zadistes est prévue samedi dans la ville de Nantes.

45 GENDARMES BLESSÉS

La juge des référés du tribunal de grande instance de Nantes a rejeté vendredi le recours qui avait été déposé par Cédric Dussart, l’un des habitants des « 100 Noms », l’un des premiers “lieux de vie” détruits lundi par les bulldozers.

La préfète a souligné que les opérations d’expulsion s’étaient déroulées “dans le plus strict respect du droit”, alors que les “zadistes” dénoncent la violence de l’intervention.

Non loin de la “ligne de front”, un opposant de 70 ans a exposé une pyramide de “18.000” capsules de bombes lacrymogènes et grenades assourdissantes tombées sur la ZAD depuis lundi.

“Les jeunes sont très intéressés, et même étonnés que l’Etat utilise ce genre d’armes pour disperser une foule”, commente celui qui se fait appeler “Maquis”. “Ils veulent connaître ce qui est toxique et ce qui est dangereux, pour savoir ce qui leur tombe sur la tête.”

Le patron de la gendarmerie a affirmé sur CNEWS que “le niveau de violence” de l’”adversaire” était “extrêmement important”.

Selon le général Lizurey, 45 gendarmes ont été blessés au cours d’affrontements avec les “zadistes”, qui lançaient des pierres, des cocktails Molotov, et projetaient des bocaux d’excréments à l’aide d’une catapulte artisanale.

Les “zadistes” ont recensé 80 à 100 blessés dans leurs rangs. Une porte-parole de la gendarmerie a dit ne pouvoir en préciser le nombre. Elle a signalé “un seul hospitalisé connu” au CHU de Nantes.

“Ce ne sont pas quelques gentils écologistes, (...) ce sont des gens qui sont là pour combattre”, a dit le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur France 2.

Sophie Louet avec Guillaume Frouin, Brian Love, Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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