April 10, 2018 / 6:03 PM / 6 months ago

Le gouvernement défend les interventions à Nanterre

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a défendu mardi l’intervention la veille des forces policières à l’université de Nanterre (Hauts-de-Seine) et averti qu’il ne tolérerait pas que les facultés soient “confisquées” pour des raisons politiques.

Le gouvernement a défendu mardi l'intervention la veille des forces policières à l'université de Nanterre (Hauts-de-Seine) et averti qu'il ne tolérerait pas que les facultés soient "confisquées" pour des raisons politiques. "Le président d'université a dû prendre une décision très lourde et très difficile, faire appel aux forces de l'ordre pour libérer ce bâtiment", a déclaré la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal (ici avec Christophe Castaner), à l'Assemblée nationale. /Photo prise le 22 novembre 2017/REUTERS/Philippe Wojazer

Cette intervention a mené à l’interpellation de sept individus, qui faisaient partie d’un groupe d’une trentaine de personnes qui s’étaient introduites par effraction dans un bâtiment de l’université, selon la police et de la direction de l’établissement.

“Le président d’université a dû prendre une décision très lourde et très difficile, faire appel aux forces de l’ordre pour libérer ce bâtiment”, a déclaré la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, à l’Assemblée nationale.

“C’est une décision qui mérite d’être respectée, comprise et soutenue”, a-t-elle ajouté, précisant que l’intervention avait été “proportionnée à l’accomplissement de cette mission”.

La présidence de l’université a déclaré par communiqué qu’elle avait fait appel aux forces de police “dans l’unique but d’évacuer le bâtiment occupé” et “qu’il s’agissait d’éviter une situation comparable à celles que connaissent d’autres sites universitaires en région parisienne et ailleurs en France”.

A l’université de Grenoble, des dégradations et des vols de matériel ont été constatés après l’introduction par effraction d’une soixantaine de personnes cagoulées, mardi dernier, dans le cadre du mouvement de grogne universitaire.

La direction de l’université de Nanterre ajoute que les revendications de ce groupe d’individus ont “peu de rapport avec la loi ‘ORE’”, loi modifiant l’accès à l’université.

Elle précise cependant, que l’intervention policière s’est déroulée alors même que, sans qu’elle le sache, “des personnels et étudiants venaient de pénétrer dans le bâtiment”.

Certains députés et syndicats ont dénoncé des “répressions répétées” des forces de l’ordre face aux blocages qui touchent les universités.

QUELQUES SITES BLOQUÉS

Pour la CGT, il s’agit “d’intimidations” pour “faire taire la contestation interne”. La FSU, qui “condamne la répression, (...) exige que les universités demeurent des lieux de réunion, d’information, de mobilisation”. La députée Elsa Faucillon du parti communiste parle d’une “utilisation de la force démesurée”.

Pour la ministre, ces mouvements de contestation sont encore épisodiques. “La très grande majorité des 1,6 million d’étudiants qui étudient dans les universités ne sont ni en assemblée générale ni en manifestation”, a t-elle dit. “Nous ne tolérons pas que l’université soit confisquée par certains”.

Le premier ministre Edouard Philippe avait dénoncé jeudi “une très forte mainmise” de l’extrême gauche sur le mouvement contre la loi “ORE”.

Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, trois universités sont complètement bloquées depuis plusieurs jours, voire semaines. Il s’agit de l’université de Paul-Valéry à Montpellier, Jean-Jaurès à Toulouse et Paris 8.

En outre, onze facultés sur les 400 qui existent en France sont partiellement bloquées. Parmi ces sites, on trouve celui de Tolbiac à Paris 1 Panthéon-Sorbonne - théâtre de violences vendredi () - ou encore des sites de l’université de Limoges, Nantes, Strasbourg, Rennes 2, Paris 3, Paris 4, Rouen, Pau et Grenoble Alpes.

Près de 1.200 manifestants, selon la préfecture de police de Paris, ont défilé mardi dans les rues de la capitale entre le site de Tolbiac et le campus Jussieu dans le cadre d’un appel nationale pour “lutter” contre la loi “ORE”.

Des syndicats d’enseignants (CGT FERC, FNEC FO, FSU et Education Sud notamment) se sont joints à eux pour réclamer le retrait de cette loi, celui de Parcoursup, la nouvelle plateforme d’inscription aux universités, ainsi que celui de la réforme du baccalauréat et du lycée.

Dans une tribune publiée sur franceinfo, mardi, 425 enseignants d’universités ont, pour leur part, déclaré soutenir la contestation étudiante pour s’opposer à la “sélection hypocrite” de Parcoursup.

Sur la nouvelle plateforme, le candidat pourra recevoir la réponse “oui”, ou la réponse “oui si” ou “en attente” de la part de l’université dans laquelle il souhaite aller.

En cas de nombre de candidats supérieur à celui de places dans une filière, l’université pourra ne pas l’accepter mais devra lui proposer une formation proche de sa demande.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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