April 10, 2018 / 4:27 PM / 7 months ago

Des jeunes moins inquiets malgré un marché de l'emploi dégradé

PARIS (Reuters) - Les jeunes d’aujourd’hui sont moins inquiets pour leur avenir professionnel que ceux des années 1990, malgré des conditions d’insertion dans l’emploi bien plus dégradées, selon des données de l’Insee publiées mardi.

Les jeunes d'aujourd'hui sont moins inquiets pour leur avenir professionnel que ceux des années 1990, malgré des conditions d'insertion dans l'emploi bien plus dégradées, selon des données de l'Insee publiées mardi. /Photo d'archives/REUTERS/Benoit Tessier

Seuls 23% des jeunes arrivés sur le marché du travail en 2010 se disaient inquiets en 2015 au sujet de leur avenir professionnel, a révélé l’Insee dans son étude Formations et emploi.

Cette proportion était de 37% en 1997 pour ceux qui sont arrivés sur le marché du travail en 1992.

Ils étaient également moins nombreux au sein de la génération 2010 à se sentir utilisés en dessous de leur niveau de compétence (25% contre 30% pour la génération 1992) et à s’estimer mal payés pour leur travail (24% contre 34% pour la génération 1992).

Davantage de jeunes disent par ailleurs se réaliser personnellement (88% contre 66% pour la génération 1992).

Les conditions d’insertion dans l’emploi des jeunes se sont pourtant considérablement dégradées dans le courant des années 2000, selon l’étude.

La proportion de jeunes arrivés sur le marché du travail en 2010 qui sont restés en marge de l’emploi au cours des cinq années suivantes était de 17%, contre 10% pour ceux arrivés sur le marché du travail en 1998 (à qui l’on a posé la question en 2003).

Plusieurs indicateurs suggèrent que cette dégradation renvoie à des facteurs structurels. La part des jeunes qui accèdent rapidement à des emplois à durée indéterminée est par exemple en net recul entre les générations 1998 et 2010, passant de 40% à 32%.

Les écarts se sont par ailleurs creusés entre les jeunes peu ou pas diplômés et les diplômés de l’enseignement supérieur. La différence du taux de chômage ou d’inactivité cinq ans après la sortie du système scolaire entre ces deux populations a doublé en vingt ans.

“Tout se passe comme si les générations actuelles toléraient davantage que les précédentes les difficultés d’accès et de stabilisation en emploi”, explique l’Insee.

“Il est possible que ces jeunes aient intégré ces dernières comme une donnée avec lequel il est normal de composer”.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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