April 10, 2018 / 9:22 AM / 2 months ago

Les expulsions se poursuivent dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

NOTRE-DAME-DES-LANDES, Loire-Atlantique (Reuters) - Les expulsions se sont poursuivies mardi dans la “zone à défendre” (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), accompagnées comme lundi par des affrontements parfois violents entre zadistes et forces de l’ordre.

Dix gendarmes ont été blessés par des jets de pierre ou de cocktails molotov et un manifestant a été pris en charge pour des blessures légères, a déclaré la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, lors d'une conférence de presse. /Photo prise le 10 avril 2018/REUTERS/Stéphane Mahé

Dix gendarmes ont été blessés par des jets de pierre ou de cocktails molotov et un manifestant a été pris en charge pour des blessures légères, a déclaré la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, lors d’une conférence de presse.

Selon son décompte, 16 abris ont été évacués depuis le début de l’opération, dont deux mardi, et 15 ont été détruits, dont neuf mardi.

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, avait auparavant précisé qu’il en restait une vingtaine à démanteler.

“L’évacuation pourrait durer jusqu’à la fin de la semaine”, a-t-il déclaré sur LCI. “Nous avons embarqué 200 caméras pour montrer que les gendarmes emploient la force de manière mesurée.”

Au nombre des “lieux de vie” détruits dans la matinée figure la Chèvrerie, une “maison magnifique avec des mosaïques et des murs en chaux” selon la description des zadistes, qui avait été reconstruite après l’opération César menée à l’automne 2012.

Les “Vraies Rouges”, quant à elles, sont “le plus vieux groupement d’habitats auto-construits en terre-paille et en bois” de la zone à défendre.

Ce bâtiment a aussi la particularité d’héberger l’une des trois personnes qui représentent la ZAD dans les échanges avec la préfecture après l’abandon du projet d’aéroport.

“On voit là tout l’art du dialogue de la préfecture, qui continue à montrer son vrai visage à chaque destruction”, ont fustigé les zadistes dans un communiqué.

L’Acipa, la principale association d’opposants à l’ex-projet d’aéroport, s’est elle-même dite “scandalisée” par la destruction lundi des “100 Noms”, autre lieu emblématique.

“La ferme en devenir des 100 Noms portait un vrai projet agricole, un projet solide et pérenne”, fustige l’association, qui avait pourtant pris ces dernières semaines une certaine distance avec le reste du mouvement anti-aéroport. “Son expulsion et sa destruction constituent une ligne rouge que le gouvernement a franchie.”

“Si cette intervention, qui s’apparente à un César 2, n’est pas stoppée immédiatement, l’Acipa appelle ses adhérents à venir en nombre sur la zone (…) et à montrer leur solidarité partout où ils se trouvent”, prévient l’association.

La préfète de la Loire-Atlantique a rappelé qu’elle avait conditionné le maintien des zadistes sur place au dépôt de “dossiers de projets agricoles individuels” et maintient que les 100 Noms ne l’avaient pas fait.

Stéphane Mahé, avec Guillaume Frouin, Elizabeth Pineau, Simon Carraud et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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