April 9, 2018 / 8:44 AM / 5 months ago

Macron lance une contre-offensive médiatique

PARIS (Reuters) - Confronté à la multiplication des foyers de contestation, Emmanuel Macron lance une vaste contre-offensive médiatique via deux interviews télévisées, l’occasion de s’adresser à une large palette de Français et de tenter d’éteindre le premier mouvement social d’ampleur de son quinquennat.

Emmanuel Macron sera interviewé en direct pendant deux heures sur BFM TV, RMC et Mediapart dimanche soir, trois jours après un premier entretien prévu jeudi au journal de 13h sur TF1, dans un contexte de grogne sociale. /Photo prise le 29 mars 2018/REUTERS/Etienne Laurent

Le chef de l’Etat, qui n’a donné que deux interviews télévisées en direct depuis son accession au pouvoir il y a près d’un an, “est le mieux à même de parler directement aux Français, de leur préciser le cap de la transformation du pays et les bénéfices que cela représente pour chacun d’entre eux”, a dit à Reuters la députée La République en marche Aurore Bergé.

Relativement discret depuis le début du conflit à la SNCF, Emmanuel Macron a laissé jusqu’à présent son Premier ministre, les membres du gouvernement et les députés de la majorité monter en première ligne pour défendre le projet qui prévoit entre autres la fin du recrutement au statut de cheminot et définit le calendrier de l’ouverture à la concurrence.

Ce week-end encore, Edouard Philippe, Elisabeth Borne (Transports) et Nicolas Hulot (Transition écologique) ont multiplié les interventions pour réaffirmer la “détermination” à mener à bien cette réforme malgré la grève des cheminots qui pourrait durer au-delà du mois de juin.

La deuxième salve sera lancée par Emmanuel Macron lui-même jeudi au journal télévisé de 13H de TF1, où il répondra aux questions de Jean-Pierre Pernault dans une école du village de Berd’huis dans l’Orne, puis dimanche soir lors d’une interview de deux heures en direct sur BFM TV, RMC et Mediapart.

L’entourage du chef de l’Etat n’a fait aucun commentaire sur le choix des médias ni sur la teneur du message d’Emmanuel Macron, à qui cette double intervention à des heures différentes permettra de toucher à la fois des retraités, des ruraux, des actifs et des urbains.

“FERMETÉ”

L’enjeu “d’explication” et de “pédagogie” des réformes en cours est de taille pour l’exécutif, a reconnu le délégué général de LaRem, Christophe Castaner, dimanche sur LCI.

“Il y a des problèmes de communication aujourd’hui, il y a encore des Français qui pensent qu’on veut privatiser la SNCF, la réponse est ‘c’est faux’, il y a des Français qui pensent qu’on veut fermer les petites lignes, la réponse est ‘c’est faux’. Donc il faut réinsister”, a dit ce proche du président.

Si “la convergence des luttes” souhaitée par une partie de l’opposition de gauche et des syndicats en cette année anniversaire de Mai-68 n’est pas d’actualité à ce stade, une grogne tenace touche depuis quelques semaines divers secteurs et catégories de population.

Aux cheminots remontés contre la réforme de la SNCF, s’ajoutent des étudiants et des enseignants vent debout contre la loi ORE et Parcours sup, des retraités subissant de plein fouet pour 60% d’entre eux la hausse de la CSG, des personnels hospitaliers et des élus de banlieue “désabusés” par l’absence de véritable politique publique.

A l’Elysée, on insiste sur la “cohérence” de l’ensemble des réformes et sur la “légitimité des urnes” conférée à Emmanuel Macron dont les réformes - à l’exception de celle de la SNCF - avaient été annoncées pendant la campagne présidentielle.

“La fermeté, c’est celle du respect de la parole donnée en campagne : une transformation du pays et la conduite de réformes trop longtemps attendues mais inachevées ou repoussées”, souligne Aurore Bergé. “C’est ainsi que nous permettrons à la France de sortir de l’immobilisme”.

“OPÉRATION DE RATTRAPAGE”

Malgré une majorité confortable à l’Assemblée nationale qui lui a permis de faire voter jusqu’ici tous les textes sans accroc, l’exécutif doit parallèlement faire face à un malaise grandissant de l’aile gauche de ses troupes.

Certains tentent d’infléchir la politique sociale du gouvernement tandis que d’autres bataillent pour adoucir des pans de loi asile et immigration en cours de discussion au Parlement.

La majorité doit aussi faire face aux tirs nourris de la gauche, notamment du leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui a émis ce week-end le souhait que “le mouvement social s’enracine.”

Le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, espère quant à lui l’avènement d’une opposition “résolue et responsable” à la politique menée.

A droite, la porte-parole du parti Les Républicains, Lydia Guirous, voit dans la double intervention présidentielle à venir “un exercice de communication, voire de rattrapage, pour essayer d’endormir les Français”. “Il y a une gronde qui s’installe”, a-t-elle écrit sur Twitter.

Marine Pennetier, avec Myriam Rivet et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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