April 8, 2018 / 11:41 AM / 8 months ago

Evacuation imminente de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

NANTES (Reuters) - Les opposants à l’ex-projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) se préparent à essuyer lundi un “ouragan gouvernemental”, alors que 2.500 gendarmes et policiers sont mobilisés pour une évacuation “partielle” de la ZAD, leur “zone à défendre”.

Les opposants à l'ex-projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) se préparent à essuyer lundi un "ouragan gouvernemental", alors que 2.500 gendarmes et policiers sont mobilisés pour une évacuation "partielle" de la ZAD, leur "zone à défendre". /Photo prise le 6 avril 2018/REUTERS/Stéphane Mahé

Trois mois à peine après l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport, aucun zadiste n’a en effet accepté de déposer de dossier agricole individuel, préférant une solution collective comparable à celle qui avait été mise en oeuvre en 1984 sur le plateau du Larzac après l’abandon du projet d’extension du camp militaire.

Le Premier ministre Edouard Philippe a confirmé de son côté une évacuation de la ZAD “dans les jours prochains”, dans une interview accordée au Parisien Dimanche, mais sans dire si elle débuterait lundi.

“Les terrains doivent retrouver leur vocation agricole”, justifie Edouard Philippe. “Les occupants illégaux qui avaient un projet agricole ont été invités à se manifester, à s’insérer dans les procédures normales. Ceux qui se placent dans ce cadre auront leur place dans le respect des procédures légales.”

L’ÉTAT ATTAQUE EN JUSTICE

Des avocats d’habitants de la zone d’aménagement différé (ZAD) réservée à l’ex-projet d’aéroport ont eux d’ores et déjà fait savoir samedi qu’ils allaient “introduire des recours pour faire constater l’illégalité des expulsions et condamner l’État pour voie de fait”.

Leurs clients avaient demandé la semaine dernière au juge des référés du tribunal administratif de Nantes d’ordonner à la préfecture de rendre compte du cadre légal sur lequel elle s’appuyait. Le magistrat a finalement rejeté leur requête, s’estimant incompétent pour traiter ce type de litige.

“Cette décision, purement formelle, ne valide en rien juridiquement l’expulsion annoncée”, ont commenté les avocats, dans un communiqué de presse relayé par les zadistes.

“La stratégie de la préfecture (…) est toujours de ne laisser aucune possibilité de recours contradictoire aux habitant.e.s, afin que ces recours ne puissent arriver qu’une fois les maisons détruites et les personnes expulsées”, dénoncent-ils.

LA SOLIDARITÉ DU MOUVEMENT ÉPROUVÉE

Les zadistes appellent donc leurs soutiens à “se mobiliser face à l’annonce d’un ouragan gouvernemental sur la ZAD, en pleine période de montée en puissance des grèves, manifestations et occupations dans le reste du pays”, lit-on dans un autre communiqué de presse du mouvement.

Ces soutiens sont invités à rejoindre trois lieux de rassemblement sur la ZAD lundi “dès 4h du matin”, puis à “faire un peu de course d’orientation à travers champs et chemins”. Deux manifestations sont en outre prévues à 18h dans les centres-villes de Nantes et Rennes.

Les zadistes espèrent également une “convergence” des autres composantes du mouvement anti-aéroport le dimanche 15 avril, “pour sortir du sol les milliers de bâtons du 8 octobre 2016”. Ce jour-là, des milliers de manifestants avaient en effet fait le “serment collectif” de “participer à la défense de la zone en cas d’agression par les forces du désordre” en plantant des bâtons en terre.

Certaines composantes du mouvement pourraient cependant être tentées de prendre leurs distances maintenant que le projet d’aéroport est abandonné.

LE “OUI, MAIS...” DE L’ACIPA

“Comme toujours, l’ACIPA appelle à défendre les lieux de vie, mais demande que les axes routiers restent libres pour ne pas donner à l’autorité l’excuse d’une expulsion pour ‘trouble à l’ordre public’”, a fait savoir la principale association d’opposants à l’ex-projet d’aéroport.

“Nous exhortons l’État à ne pas enclencher le processus des expulsions et de la violence, qui plus est alors que le dialogue s’instaure entre les composantes du mouvement et la préfecture”, insiste l’ACIPA, qui continue de demander elle aussi une gestion “collective” des terres de la ZAD.

“Nous ne pouvons envisager un tri sélectif de la richesse et de la diversité des projets actuels sur la seule base de ceux qui seraient, individuellement, les plus immédiatement intégrables aux cadres habituels de la chambre d’agriculture”, justifient à ce propos les opposants dans une déclaration commune.

“Les conséquences d’une nouvelle intervention, en termes de destruction d’habitats, d’espaces d’activités et de cultures, de risques humains et de tensions pour tout le voisinage, seraient dramatiques et représenteraient un profond gâchis”, mettent-ils en garde.

Guillaume Frouin, édité par Tangi Salaün

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