March 30, 2018 / 6:17 PM / 9 months ago

Le paritarisme, thème sensible des élections du Medef

PARIS (Reuters) - Modernisation du dialogue social ou suppression des négociations interprofessionnelles, les candidats à la présidence du Medef ont affiché vendredi leurs premières divergences sur le thème du paritarisme, remis en cause par l’exécutif avec sa réforme de l’assurance chômage et la formation professionnelle.

Modernisation du dialogue social ou suppression des négociations interprofessionnelles, les candidats à la présidence du Medef ont affiché vendredi leurs premières divergences sur le thème du paritarisme, remis en cause par l'exécutif avec sa réforme de l'assurance chômage et la formation professionnelle. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

“Le paritarisme, s’il n’est pas déjà mort, il est à l’agonie”, a lancé Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du Medef.

“On nous dit parfois que ce serait pire sans les partenaires sociaux, mais comment faire pire?”, s’est demandé pour sa part Jean-Charles Simon, ancien responsable du Medef et bras droit de Denis Kessler pendant de longues années.

Les neuf candidats qui se sont déclarés pour la présidence de l’organisation patronale se sont retrouvés pour un premier débat devant un parterre d’adhérents au Medef Ile-de-France. Les élections sont prévues le 3 juillet. La date-limite pour déposer sa candidature est le 3 mai.

Parmi les thèmes abordés: gouvernance, financement, recrutement et paritarisme.

Pour l’ensemble des candidats, le Medef doit se réformer. Mais ils ne s’entendent pas tous sur la méthode.

“UN MEDEF D’INFLUENCE”

Pour certains, il faut mettre un terme aux négociations interprofessionnelles nationales. “Nos interlocuteurs syndicaux nous ont amenés à des petites réformes”, a déclaré Olivier Klotz, président du Medef Alsace, qui estime que ces dernières ont fait naître le sentiment “qu’au lieu de changer le modèle social, le Medef négocie tout le temps”.

“Il faut, de négociations sociales et paritarisme de gestion, se retirer progressivement de manière ordonnée et forte pour nous consacrer à un Medef d’influence pro-business”, a-t-il dit.

Une idée qui trouve écho chez Geoffroy Roux de Bézieux. “Les dernières négociations ont démontré que l’Etat ne tenait plus compte de ce que pensaient les partenaires sociaux”, a-t-il dit.

“Donc, la seule solution, c’est de réinventer le système”. Il précise qu’il croit encore à un dialogue avec les syndicats au niveau national mais un dialogue réduit.

A l’inverse, il veut miser sur un dialogue avec le monde politique. “Il faut passer d’un Medef de combat (...) à un Medef de propositions. Il faut reprendre un coup d’avance”.

“LIMITER LA CASSE”

Pour d’autres, comme Patrick Martin, président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, le paritarisme a toute sa place.

“Si demain nous avons M. Mélenchon (chef de file de La France insoumise-NDLR) à la présidence de la République, je peux vous dire qu’on se mordra les doigts d’avoir laissé le paritarisme”, a-t-il dit en évoquant l’hypothèse d’une hausse drastique des cotisations sociales ou de l’impôt sur les sociétés.

Pour Alexandre Saubot, président sortant de l’IUMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), les négociations ont prouvé leur utilité, notamment lors des dernières discussions sur l’assurance chômage dont il était le représentant pour le Medef.

“Nous nous sommes battus avec les partenaires sociaux (...)pour limiter la casse”, a-t-il dit au sujet de l’intégration des démissionnaires au régime qui aurait pu coûter, selon lui, dix milliards d’euros si le programme d’Emmanuel Macron avait été appliqué. “On a fini à 200 millions. Ce n’est quand même pas mal.”

Il précise cependant vouloir “refuser la pratique malheureusement trop courante de la négociation encadrée”.

Le gouvernement a piloté les dernières négociations sur l’assurance chômage et la formation professionnelle en fournissant aux partenaires sociaux une feuille de route très contrainte.

“S’il veut nous imposer des choses, qu’il le décide et qu’il l’assume devant les chefs d’entreprise et l’opinion, qu’il arrête de nous demander d’être la caution de ses décisions”, ajoute-t-il.

Il souhaite que les partenaires sociaux retrouvent la maîtrise de leur agenda social: “Que nous parlions de ce que nous voulons, quand nous voulons, avec qui nous voulons.”

Les autres candidats sont Pierre Brajeux, président du Medef Hauts-de-Seine, Dominique Carlac’h, présidente du comité sport du Medef, Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France, et Fabrice Le Saché, administrateur du Medef international.

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