March 29, 2018 / 6:40 PM / 8 months ago

Coup d'envoi décrié des concertations sur la fonction publique

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a officiellement ouvert jeudi les concertations avec les syndicats de la fonction publique pour réformer le secteur malgré les fortes réticences de ces dernières qui dénoncent un “passage en force” et des orientations “néfastes”.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, et son secrétaire d'Etat, Olivier Dussopt, ont rencontré l'ensemble des neuf organisations syndicales représentatives de la fonction publique ainsi que des représentants des employeurs publics. /Photo prise le 21 février 2018/REUTERS/Stéphane Mahé

Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, et son secrétaire d’Etat, Olivier Dussopt, ont rencontré l’ensemble des neuf organisations syndicales représentatives de la fonction publique ainsi que des représentants des employeurs publics (employeur de la fonction publique territoriale, départements, régions, maires de France, et la fonction publique hospitalière)

Quatre chantiers seront successivement ouverts. Les deux premiers - simplification du dialogue social et élargissement du recours aux contractuels – seront lancés en avril avec un point d’étape prévu fin juillet.

Suivront, avant l’été, l’introduction de la rémunération au mérite et la mise en place d’un plan de départs volontaires, avec une conclusion fin octobre pour les deux suivants.

Au total, une centaine de réunions sont prévues sur la durée de la concertation.

“Cette transformation structurelle doit permettre de répondre aux attentes fortes de nos concitoyens en matière de service public, à celles des agents publics quant aux perspectives qui leur sont offertes, ainsi qu’à la nécessaire responsabilisation des employeurs publics”, ajoutent Gérald Darmanin et Olivier Dussopt.

L’intersyndicale composée de la CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FA, FSU, Solidaires, qui était à l’initiative de la manifestation des fonctionnaires le 22 mars, a dénoncé une méthode qui relève “beaucoup plus du passage en force que de la concertation”.

“Nous persistons à estimer que vos orientations sont tout à fait néfastes pour la fonction publique, ses missions d’intérêt général, les conditions de vie et de travail”, écrivent-ils.

Le document d’orientation a été amendé en début de semaine et le gouvernement a également “donné suite à la demande de plusieurs organisations syndicales de terminer les discussions fin octobre”, dans la perspective des élections professionnelles prévues le 6 décembre prochain, précisent Gérald Darmanin et Olivier Dussopt dans leur communiqué.

“Les modifications à la marge (...) ne le rendent pas plus acceptable que dans sa version antérieure”, ont cependant estimé les sept syndicats.

“PAS D’AVANCÉE”

Ils ont réclamé une nouvelle modification, voire le retrait du texte pour certains, à défaut de quoi ils menaçaient de claquer la porte des concertations.

Une “ultime” mouture doit être transmise d’ici vendredi soir aux organisations syndicales, précise-t-on dans l’entourage de Gérald Darmanin.

Mais ce document “sera dans la continuité”, a estimé Nathalie Makarski, présidente services publics de la CFE-CGC, qui s’attend à ce qu’il n’y ait “pas d’avancée du tout”.

Pour le secrétaire général FO fonctionnaires, Christian Grolier, si le gouvernement persiste dans cette voie, “c’est à dire la remise en cause du statut général du fonctionnaire”, il ne reste plus qu’une solution: “c’est le rapport de force”.

“On espère que le gouvernement ne va pas nous amener dans une mobilisation qui, de fait, sera longue”, ajoute-t-il.

L’intersyndicale doit se réunir à nouveau le 3 avril pour décider d’éventuelles actions à mener.

L’UNSA et la CFDT, qui avaient refusé de participer à la mobilisation du 22 mars, ont toutes deux mis en garde le gouvernement.

“Le gouvernement a choisi d’ouvrir ces chantiers. Il ne pourra pas se contenter de tenir un calendrier de réunions dans lesquelles il n’écouterait pas les organisations syndicales”, a fait savoir l’UNSA.

La CFDT assure pour sa part qu’elle “jugera de la qualité de la concertation à chacune des étapes”.

Caroline Pailliez, avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

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