March 27, 2018 / 4:50 PM / 6 months ago

Défense: L'Assemblée adopte le projet de LPM pour 2019-2025

PARIS (Reuters) - Les députés ont adopté mardi par 389 voix contre 37 le projet de loi de programmation militaire pour la période 2019-2025, une manne promise de 295 milliards d’euros afin de combler un déficit criant d’effectifs et d’équipements pour des armées en “surchauffe opérationnelle”.

Les députés ont adopté mardi par 389 voix contre 37 le projet de loi de programmation militaire pour la période 2019-2025, une manne promise de 295 milliards d'euros afin de combler un déficit criant d'effectifs et d'équipements pour des armées en "surchauffe opérationnelle". /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Les élus de La République en Marche ont voté pour, ainsi que le groupe UAI (UDI, Agir et indépendants) qui se félicite de la fin de “la disette pour les militaires”, et les élus MoDem et apparentés.

Les groupes Les Républicains et Nouvelle Gauche (ex-PS) se sont abstenus. Les élus de La France insoumise, qui dénoncent “un alignement sur l’Otan”, et le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (communistes) ont voté contre.

Après le psychodrame budgétaire qui a conduit à la démission du chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, en juillet 2017, la Défense, irrémédiable variable d’ajustement par le passé, s’engage sur “un budget sincère”, dont 198 milliards de crédits garantis pour la période 2019-2023.

De 32,4 milliards en 2017 (en euros courants et hors pensions), le budget devrait atteindre 44 milliards en 2023, soit une hausse de trois milliards d’euros à cette date après une progression annuelle de 1,7 milliard, avec l’objectif d’un effort équivalent à 2% du PIB en 2025.

La perspective est ambitieuse mais reste en suspens pour 2024 et 2025, années pour lesquelles les ressources seront déterminées après révision de la LPM en 2021 en fonction des indicateurs macroéconomiques. L’affirmation prudente d’une “ambition 2030” ménage l’hypothèse d’un report des engagements.

C’est cette incertitude qu’a relevée LR, doutant d’une trajectoire “crédible”.

“Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup”, a lancé à la tribune le député Charles de la Verpillière, reprenant à son compte une expression devenue célèbre de la socialiste Martine Aubry.

“Ce que je crains, (...) c’est qu’on arrive en 2022 en ayant fait un effort significatif et qu’on se trouve en réalité en 2023 - le prochain gouvernement, quel qu’il soit - face à un vrai mur”, a expliqué François Cornut-Gentille sur LCP. “Trois milliards trois fois, repoussés dans quatre ans, c’est du jamais vu”.

INTERROGATIONS SUR LE SNU

Ces “marches”, “au lieu de les regarder en face, on va en six mois essayer de faire des économies. (...) On risque peut-être du jour au lendemain d’abandonner un certain nombre de choses”, a jugé le député LR de la Haute-Marne, par ailleurs membre de la commission des Finances.

Les opérations extérieures (Opex) et missions intérieures (Sentinelle et Vigipirate notamment), systématiquement sous-budgétées dans les lois de finances, bénéficieront à l’avenir d’une “provision plus réaliste”. Fixée à 650 millions d’euros en 2018 contre 450 millions en 2014-2017, elle passera selon la LPM à 1,1 milliard en 2020.

Si elle salue cet effort significatif, la droite s’inquiète également du financement du futur Service national universel (SNU), dispositif aux contours encore flous dont la ministre de la Défense a assuré qu’il bénéficierait d’un financement “ad hoc”.

Au nombre des 328 amendements déposés, François Cornut-Gentille en avait défendu un - rejeté - visant “à exclure les crédits” destinés aux armées de “tout financement total ou partiel du futur Service national universel, conformément à l’engagement pris par le Président de la République devant les militaires le 19 janvier 2018.”

“On pense qu’il y a un risque que ce soit ponctionné sur les budgets annoncés”, déclare François Cornut-Gentille.

Les élus de la Nouvelle Gauche disent également ne pas être “rassurés sur les objectifs que se fixe le gouvernement, essentiellement budgétaires”.

Sophie Louet avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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