March 19, 2018 / 6:07 AM / 8 months ago

Vladimir Poutine réélu à la présidence russe pour six ans

MOSCOU (Reuters) - Vladimir Poutine a été réélu dimanche à une très large majorité pour un nouveau mandat de six ans à la présidence de la Russie, à un moment où ses relations avec l’Occident se sont détériorées.

Vladimir Poutine a été réélu dimanche à une très large majorité pour un nouveau mandat de six ans à la présidence de la Russie, à un moment où ses relations avec l'Occident se sont détériorées. /Photo prise le 18 mars 2018/REUTERS/Yuri Kadobnov

La victoire - attendue - de l’ancien espion du KGB portera le temps total qu’il aura passé au pouvoir, en tant que président ou Premier ministre, à près d’un quart de siècle à la fin de son nouveau mandat, en 2024. Vladimir Poutine, qui est âgé de 65 ans, est au pouvoir depuis 2000. Seul le dictateur soviétique Joseph Staline aura été au pouvoir plus longtemps.

Vladimir Poutine a promis d’utiliser son nouveau mandat pour renforcer la défense de son pays contre l’Occident et d’améliorer le niveau de vie de ses concitoyens. Il n’a pas pour autant présenté de programme économique précis.

Après dépouillement d’un peu plus de 70% des bulletins de vote, la Commission centrale électorale donnait Poutine vainqueur avec 75,9% des suffrages.

Dans son discours de remerciement prononcé près de la Place Rouge à Moscou, le chef de l’Etat a déclaré à la foule en liesse qu’il interprétait sa victoire comme un vote de confiance dans ce qu’il avait réalisé dans des conditions difficiles.

“Il est très important de maintenir cette unité. Nous allons penser à l’avenir de notre grande Mère patrie”, a déclaré le maître du Kremlin avant d’emmener la foule à scander : “Russie!”, “Russie!”

Il a par la suite déclaré lors d’une rencontre avec ses partisans que des temps difficiles se profilaient, mais que la Russie était capable de faire “une percée”.

Soutenu par la télévision d’Etat et par le parti au pouvoir, Russie unie, et crédité d’une cote de popularité de quelque 80%, la victoire du maître du Kremlin n’a jamais fait de doute.

QUELQUES IRRÉGULARITÉS

Son rival le plus proche, Pavel Groudinine, le candidat du Parti communiste, a obtenu environ 13% des suffrages, selon les résultats partiels. L’ultranationaliste Vladimir Jirinovski est crédité d’environ 6%.

Aucun des sept candidats qui se présentaient contre Vladimir Poutine ne constituait une véritable menace. Le très médiatique et très critique Alexeï Navalny s’était vu interdire de se présenter. L’avocat et militant politique ne pouvait pas se présenter en raison d’une condamnation à une peine de prison, condamnation qu’il estime fabriquée de toutes pièces.

Le seul enjeu du scrutin était la participation. Elle pourrait être supérieure à 60% selon les premiers éléments.

La commission électorale centrale a reconnu quelques irrégularités dans le scrutin de dimanche, mais elle devrait avaliser le résultat définitif.

Les partisans du président sortant ont vu dans sa nouvelle victoire une justification de sa position très ferme vis-à-vis de l’Occident.

“Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, ils ont compris qu’ils ne pouvaient pas influencer nos élections”, a déclaré le sénateur Igor Morozov, membre du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, qui était interrogé à la télévision publique.

La présidente du Conseil de la Fédération, Valentina Matvienko, a salué une victoire morale contre l’Occident.

“Nos élections ont prouvé une fois encore (...) qu’il n’est pas possible de manipuler notre peuple”, a-t-elle déclaré. “Aucun autre pays au monde n’a des élections aussi ouvertes et transparentes.”

PÈRE DE LA NATION

Pour ses partisans, Vladimir Poutine est la figure du père de la nation, celui qui a restauré la fierté nationale et développé l’influence internationale de la Russie avec ses interventions en Syrie et l’annexion de la Crimée en mars 2014.

Plus intéressé par les affaire diplomatiques que par l’économie, Vladimir Poutine affiche des positions très opposées à celle des pays occidentaux, notamment sur la Syrie, où son soutien à partir de septembre 2015 a permis au président syrien Bachar al Assad de prendre l’avantage dans la guerre civile qui déchire son pays.

Il est également soupçonné d’ingérence dans l’élection présidentielle américaine de 2016 et d’avoir commandité l’empoisonnement d’un ancien agent double russe et de sa fille, retrouvés inconscients début mars dans le sud de l’Angleterre.

Vladimir Poutine a déclaré après sa victoire qu’il était “absurde” de penser que Moscou a fait empoisonner l’ancien agent double russe Sergueï Skripal et sa fille.

A la fin de son mandat en 2024, Vladimir Poutine aura 71 ans. La Constitution limitant la présidence à deux mandats successifs, il devra alors démissionner, comme il l’a fait en 2008 après deux mandats de quatre ans. La durée du mandat présidentiel est passée de quatre à six ans en 2012.

Vladimir Poutine a plaisanté à propos d’une question qui lui était posée sur l’éventualité d’un nouveau mandat après 2024. Cette question est “amusante”, a-t-il dit.

“Comptons. Quoi, vous pensez que je vais rester (au pouvoir) jusqu’à ce que j’aie cent ans?”, a déclaré le président au journaliste qui lui posait la question.

Danielle Rouquié pour le service français

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