March 5, 2018 / 12:35 PM / in 4 months

Le financement parallèle continue de croître dans le monde, selon le CSF

LONDRES (Reuters) - La hausse des émissions obligataires et le développement des fonds monétaires et immobiliers ont continué d’alimenter la progression du financement parallèle (shadow banking) à l’échelle mondiale, selon des données publiées publiées lundi par le Conseil de stabilité financière (CSF) qui intègrent pour la première fois la Chine et le Luxembourg.

Le CSF (Financial Stability Board, FSB), qui coordonne les régulateurs financiers au sein du G20, a dit que son indicateur affiné (“narrow measure”) des activités de financement parallèle, qui peuvent représenter une menace pour la stabilité financière, avait progressé de 7,6% à 45.200 milliards de dollars (36.700 milliards d’euros) en 2016, la dernière année pour laquelle des chiffres complets ont pu être collectés.

Ce montant représente 13% du total des actifs des systèmes financiers des 29 pays ou zones relevant de la compétence du CSF.

“Le financement non-bancaire offre une alternative utile au financement bancaire et contribue à soutenir l’activité économique”, écrit le CSF dans son rapport tout en prévenant que sa croissance pour contribuer à l’émergence de risques nouveaux.

Mis en cause dans la crise financière de 2008, le financement parallèle a bénéficié d’un retour en grâce, certains responsables économiques considérant qu’il recouvre en fait l’ensemble des financements par les marchés financiers par opposition au financement bancaire.

L’Union européenne souhaite développer ces derniers dans le cadre de son projet d’Union des marchés de capitaux qui vise notamment à réduire la dépendance des entreprises au financement bancaire en Europe.

Outre les organismes de placements collectifs (OPC) tels que les fonds d’investissement, les fonds alternatifs et les fonds monétaires, la mesure affinée du système financier parallèle intègre les opérations de pension livrée et de prêts-emprunts de titre et la titrisation.

Peu régulées dans le passé, certaines activités de financement parallèle comme la titrisation le sont désormais et ne représentent plus un risque pour la stabilité financière.

Les OPC représentaient à eux seuls 72% de la mesure ajustée en 2016, année au cours de laquelle leurs encours ont progressé de 11%.

Les régulateurs ont exigé des OPC qu’ils mettent en place des mesures de sauvegarde pour faire face à d’éventuelles turbulences de marché et à des rachats massifs.

La Chine, qui n’avait pas été incluse dans la précédente estimation en raison de la transmission tardive de ses chiffres, a représente 7.000 milliards de dollars sur le total de la mesure ajustée. Le Luxembourg, pris en compte pour la première fois, a ajouté 3.200 milliards de dollars au montant global.

Les Etats-Unis représentent 31% du total de la mesure ajustée, la Chine 16%, les Iles Cayman 10% et le Japon 6%.

La mesure plus large (“broad measure”) des actifs financiers de la finance parallèle, qui prend en compte des financements consentis par tous les acteurs financiers qui ne sont ni des banques centrales, ni des banques, des fonds de pension ou des assureurs, a progressé de 8% à 99.000 milliards de dollars, soit 30% du total des actifs financiers mondiaux, le montant le plus élevé depuis 2002 au moins, selon le CSF.

Huw Jones, Marc Joanny pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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