March 4, 2018 / 11:13 AM / 8 months ago

Les adhérents du SPD disent "oui" à l'accord de coalition avec Merkel

BERLIN (Reuters) - Les adhérents du Parti social-démocrate (SPD) ont approuvé à 66% l’accord de coalition avec le bloc conservateur d’Angela Merkel (CDU-CSU), ouvrant la voie à la formation d’un gouvernement en Allemagne, plus de cinq mois après les élections législatives.

Les adhérents du Parti social-démocrate (SPD) ont approuvé à 66% l'accord de coalition avec le bloc conservateur d'Angela Merkel (CDU-CSU), ouvrant la voie à la formation d'un gouvernement en Allemagne, plus de cinq mois après les élections législatives. /Photo prise le 4 mars 2018/REUTERS/Hannibal Hanschke

Le taux de participation à cette consultation menée par voie postale a été de 78% des 464.000 membres du SPD appelés à se prononcer sur l’accord du gouvernement noué le 7 février avec les conservateurs de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière et ses alliés de l’Union chrétienne-sociale (CSU).

En 2013, lors de la précédente constitution d’une grande coalition, les militants SPD avaient voté pour à près de 76%.

Ce résultat va donc déboucher sur la formation d’une nouvelle “große Koalition” (grande coalition), formule déjà éprouvée en Allemagne en 2005-2009 puis 2013-2017 après une première expérience à la fin des années 1960.

Angela Merkel, qui va entamer à 63 ans un quatrième mandat à la tête du gouvernement de la première puissance économique d’Europe, s’est réjouie de travailler à nouveau avec les sociaux-démocrates. “Je félicite le SPD pour ce résultat clair et je me réjouis de continuer à travailler ensemble pour le bien du pays”, écrit la CDU, citant Angela Merkel.

De sources politiques, on indiquait dimanche qu’elle pourrait être officiellement investie le 14 mars prochain.

Olaf Scholz, le chef par intérim du SPD, n’a pas souhaité commenter les rumeurs l’envoyant au ministère des Finances, préférant souligner que le parti allait placer trois femmes et trois hommes au gouvernement fédéral.

Le SPD avait voulu à l’origine rester dans l’opposition à l’issue des élections fédérales du 24 septembre, lors desquelles il a enregistré son pire résultat électoral au niveau national depuis 1949.

Mais une première série de discussions entre Angela Merkel, le Parti libéral-démocrate (FDP) et les Verts ayant échoué en novembre, il avait fini par accepter de négocier avec les conservateurs en vue d’une nouvelle “GroKo”.

“Je pense qu’il est bon pour notre pays que s’achève cette période d’instabilité”, a réagi le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeier, qui n’avait pas ménagé ses efforts pour convaincre le SPD de revenir sur sa décision initiale.

MERKEL MENACÉE ?

Pour Kevin Kühnert, chef de file des “Jusos”, le mouvement de jeunesse du SPD, qui a fait campagne contre l’accord de coalition, le résultat annoncé dimanche est une déception. “Des critiques contre la grande coalition demeurent. Le SPD doit ressembler plus à ce qu’il était ces dernières semaines et moins à ce qu’il était ces dernières années”, écrit-il sur Twitter.

La tâche d’Angela Merkel, au pouvoir depuis 2005, ne s’annonce guère aisée.

“En dépit de la solide majorité (des adhérents du SPD), cet arrangement ne tiendra pas à long terme et n’a rien de permanent”, estime Guntram Wolff, directeur du centre de recherche Brügel. “Le SPD est très fragile et la CDU est elle aussi fragile”.

L’inclusion dans l’accord de coalition d’une clause permettant une évaluation du travail du gouvernement après deux ans est largement interprétée comme une possible porte de sortie offerte au SPD, s’il souhaitait la pousser.

“Si les sociaux-démocrates continuent de baisser dans les sondages, il est probable que la question de leur maintien au gouvernement finira par se poser”, relève Nils Diederich, professeur à l’Université libre de Berlin.

Angela Merkel elle-même pourrait se trouver menacée. La nomination à la tête du ministère de la Santé de son plus farouche adversaire au sein de la CDU, Jens Spahn, 37 ans, en est l’exemple.

Sa promotion est présentée comme une réponse aux demandes d’un rajeunissement des cadres et de la direction de la CDU, mais certains y voit en réalité l’affaiblissement d’Angela Merkel, qui est au pouvoir depuis plus de douze ans.

A l’extrême droite, le parti Alternative für Deutschland (AfD) qui a fait son entrée au Bundestag lors des élections du 24 septembre et a devancé le SPD dans les intentions de vote dans un sondage choc paru mi-février, a vivement critiqué cette nouvelle “GroKo” et donné rendez-vous pour les prochaines échéances électorales: “L’addition sera présentée au plus tard en 2021”, a averti le désormais premier parti de l’opposition parlementaire en Allemagne.

MACRON, LE MAIRE ET MOSCOVICI SE RÉJOUISSENT

La France a salué comme “une bonne nouvelle pour l’Europe” l’approbation par le SPD de l’accord de coalition et dit son intention de travailler rapidement avec la nouvelle équipe au pouvoir à Berlin à des initiatives européennes.

Emmanuel Macron a envoyé un message personnel à la chancelière Angela Merkel et à Olaf Scholz dès les résultats connus, et “leur parlera très vite”, dit l’Elysée.

“Le président de la République se réjouit du résultat du vote du SPD. C’est une bonne nouvelle pour l’Europe”, déclare-t-on de même source. “La France et l’Allemagne travailleront ensemble, dès les prochaines semaines, pour développer de nouvelles initiatives et faire avancer le projet européen.”

Le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, s’est lui aussi réjoui du résultat du scrutin. “Échanges téléphoniques ce matin avec Olaf Scholz et Peter Altmaier pour donner un nouvel élan à la zone euro après le vote positif du SPD. Résolus à travailler étroitement ensemble !”, dit-il sur Twitter.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a félicité, pour sa part, le SPD pour son vote “responsable et décisif”, ajoutant que l’Allemagne était prête désormais “pour une Europe plus forte”.

avec Paul Carrel et Gernot Heller; Arthur Connan, Gilles Trequesser et Henri-Pierre André pour le service français

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