February 12, 2018 / 12:20 PM / 8 months ago

Le nouveau bac "musclé" dévoilé mercredi

PARIS (Reuters) - Grand oral en terminale, poids accru du contrôle continu et fin des épreuves de rattrapage : après trois mois de consultation, le gouvernement dévoile mercredi sa réforme du baccalauréat qui doit permettre de mieux préparer les élèves à l’enseignement supérieur tout en réduisant le coût de cet examen bicentenaire.

Après trois mois de consultation, le gouvernement dévoile mercredi sa réforme du baccalauréat. La réforme sera présentée en conseil des ministres par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer (photo), qui défend depuis sa nomination la mise en place d'un "bac plus musclé" - entendre plus resserré. /Photo prise le 27 novembre 2018/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Cette réforme, promesse de campagne d’Emmanuel Macron qui devrait entrer en vigueur en 2021, sera présentée en conseil des ministres par le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer qui défend depuis sa nomination la mise en place d’un “bac plus musclé” - entendre plus resserré.

Elle devrait reprendre une grande partie des propositions du rapport Pierre Mathiot, remis au gouvernement le 24 janvier, qui suggérait quatre épreuves majeures en terminale - deux au printemps et deux en juin, dont une de philosophie, et un grand oral de 30 minutes - contre dix à quinze épreuves actuellement.

Ces épreuves pèseraient pour 60% de la note finale, les 40% restants relevant du contrôle continu. Les épreuves de rattrapage seraient elles appelées à disparaître au profit d’un examen du livret scolaire du bachelier, selon le rapport de l’ex-directeur de Sciences Po Lille, fruit d’une centaine d’auditions des acteurs du secteur.

“Le président de la République avait dit : quatre épreuves terminales et le reste en contrôle continu, ça reste l’ossature de la réforme que nous allons faire”, a déclaré Jean-Michel Blanquer fin janvier.

Outre la philosophie et le grand oral, communs à tous, il y aura “probablement le choix de deux disciplines que vous souhaitez en tant qu’élève passer en contrôle terminal, normalement deux points forts que vous avez, qui disent déjà quelque chose de vos goûts et de vos désirs”, a-t-il précisé.

SERPENT DE MER

Véritable serpent de mer, la réforme du bac a été envisagée à plusieurs reprises, sans jamais aboutir. En 2005, François Fillon, alors ministre de l’Education, avait dû renoncer à instaurer le contrôle continu avec une épreuve finale limitée à six matières face à la bronca lycéenne. Même échec trois ans plus tard pour son successeur Xavier Darcos.

L’enjeu est pourtant de taille pour les experts comme Pierre Mathiot, qui pointent un examen “complexe, lourd et peu lisible” et une “perte de crédibilité” liée à un jeu d’options et de matières facultatives qui permettent l’obtention du diplôme sans avoir toujours le niveau requis.

L’objectif est donc, souligne-t-on au ministère, de simplifier l’organisation de cet examen général et technologique - passé respectivement par 380.000 et 140.000 candidats et réussi par environ 91% d’entre eux - et de réduire le taux d’échec en première année de licence, qui avoisine les 60%.

“Le bac tel qu’il existe aujourd’hui est arrivé à la fin d’une époque et il faut passer à autre chose”, estimait Jean-Michel Blanquer en novembre dans les colonnes du Parisien.

Autre enjeu de la réforme, une économie potentielle de “plusieurs centaines de millions d’euros” indiquait pendant la campagne Emmanuel Macron, qui soulignait que le coût du baccalauréat - estimé en 2019 entre 90 et 100 millions d’euros - représentait “environ 0,5 % du montant de la scolarité d’un lycéen sur trois ans”.

Les syndicats s’accordent sur la nécessité d’une réforme mais dénoncent l’absence de “véritable négociation”.

“Etant donné que les choses étaient très cadrées par la commande présidentielle, ça laissait une marge de manoeuvre très faible”, estime Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU. Autre motif d’inquiétude, le contrôle continu accru qui risque, selon les enseignants, professeurs et parents d’élèves, de creuser les inégalités suivant les établissements.

Selon un sondage Elabe publié en novembre, 40% des Français interrogés se disaient favorables à une réforme en profondeur du bac et 37% pour un aménagement “sur quelques aspects seulement”.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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