February 11, 2018 / 11:19 AM / 4 months ago

Louis Gallois : le nombre de SDF en France est sous-estimé

PARIS (Reuters) - Louis Gallois, président de la Fondation des acteurs de la solidarité, accuse les pouvoirs publics de sous-estimer le nombre de personnes sans domicile fixe dans un entretien au Journal du Dimanche, tout en saluant l’augmentation du nombre de places d’hébergement.

Louis Gallois, président de la Fondation des acteurs de la solidarité, accuse les pouvoirs publics de sous-estimer le nombre de personnes sans domicile fixe dans un entretien au Journal du Dimanche, tout en saluant l'augmentation du nombre de places d'hébergement. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen

La Fédération des acteurs de la solidarité regroupe 870 associations et organismes de lutte contre la pauvreté et gère à ce titre la plus grande partie des centres d’hébergement en France.

Une polémique s’est développée ces derniers jours à propos du nombre de sans-abri en région parisienne. Le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, a assuré le 30 janvier sur France Inter qu’”une cinquantaine” d’hommes avaient dormi dehors la nuit précédente en Ile-de-France, suscitant un tollé des associations spécialisées.

“Ces propos (...) sont insupportables”, déclare Louis Gallois à l’hebdomadaire. “Aucun Parisien ne peut donner foi à de telles déclarations. Il suffit de suivre une maraude ou de regarder les campements porte de la Chapelle ! (...)”

Selon l’ancien président de la SNCF et d’EADS, le SAMU Social de Paris estime à 2.000 à 3.000 le nombre de personnes “durablement à la rue” dans la capitale française.

Il précise qu’un comptage sera effectué jeudi prochain par des bénévoles. “On verra bien quel est le chiffre. Mais je déplore une volonté politique de minorer le nombre de SDF”, déclare Louis Gallois.

Invité dimanche du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, Julien Denormandie a précisé qu’il avait voulu parler du “nombre de personnes qui appellent le samu social en fin de journée et à qui on dit ‘malgré votre demande, nous ne sommes pas en capacité de vous offrir un hébergement’”.

Le chiffre qu’il a avancé le 30 janvier “évidemment, ne correspond pas au nombre de personnes qui dorment dans la rue”, a-t-il ajouté.

Pour Louis Gallois, les préfets, se sentant “liés” par la promesse du président Emmanuel Macron que plus personne ne vive dans la rue fin 2017, ont tendance à exclure certaines personnes des statistiques, comme les célibataires, les personnes vivant sous des tentes ou certains étrangers.

“Plutôt que de fixer un délai irréaliste et d’amener les préfets à faire de l’équilibrisme pour dégager des chiffres cohérents avec la promesse présidentielle, mieux vaut entreprendre un travail de fond, qui traite les problèmes des personnes à la rue, en campement, sous la tente, dans les squats”, estime Louis Gallois.

“Cette affaire de comptage, très choquante, vient polluer quelques chose de positif : le développement des places d’hébergement”, ajoute-t-il.

“Au total, nous sommes passés de 131.300 (places pérennes et temporaires) en janvier 2017 à 145.800 cet hiver, sans compter le plan grand froid et ses mille places. Soit une hausse de 11 %. C’est significatif même si cela reste insuffisant”, dit-il.

Les pouvoirs publics ont annoncé mercredi l’ouverture de mille places supplémentaires d’hébergement d’urgence, dont 650 en Ile-de-France.

Danielle Rouquié, avec Simon Carraud, édité par Tangi Salaün

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below