February 2, 2018 / 3:37 PM / 9 months ago

Abdeslam devant la justice belge en attendant son procès en France

BRUXELLES/PARIS (Reuters) - Le procès belge du dernier survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, Salah Abdeslam, s’ouvrira lundi à Bruxelles sous une surveillance extrême, avec l’espoir de le voir s’exprimer pour la première fois.

Le Palais de Justice de Bruxelles. Le procès belge du dernier survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, Salah Abdeslam, s'ouvrira lundi à Bruxelles sous une surveillance extrême, avec l'espoir de le voir s'exprimer pour la première fois. /Photo prise le 30 janvier 2018/REUTERS/François Lenoir

Arrêté le 18 mars 2016 à Molenbeek, un quartier de Bruxelles, après quatre mois de cavale, Salah Abdeslam comparaît pour tentative de meurtre dans un contexte terroriste et possession illégale d’armes à feu lors d’une fusillade à Forest trois jours plus tôt, ayant conduit à son arrestation.

Il sera représenté par l’avocat belge Sven Mary au cours des quatre jours d’audience du procès, qui s’étale de lundi à vendredi avec une pause mercredi.

Sofien Ayari, un Tunisien de 24 ans arrêté en même temps que lui, répondra des mêmes accusations devant la 90e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles.

Salah Abdeslam encourt 40 ans de prison, a précisé à Reuters Luc Hennart, président du tribunal de première instance de Bruxelles.

Remis le 27 avril 2016 à la France, Salah Abdeslam y a été mis en examen notamment pour participation à une association de malfaiteurs terroriste. Le parquet fédéral belge et le parquet de Paris se sont accordés début octobre sur une solution juridique afin qu’il puisse être présent à son procès.

Plusieurs fois reporté, le procès a failli à nouveau être perturbé par la constitution comme partie civile cette semaine d’une association de victimes des attentats de Bruxelles, une décision de dernière minute qui donne à l’avocat de Salah Abdeslam le droit de demander un report.

MURE DANS LE SILENCE

Les enquêteurs soupçonnent Salah Abdeslam d’avoir été lié à la cellule qui a mené les attentats-suicide à la bombe du 22 mars 2016 qui ont fait 32 morts à l’aéroport de Zaventem et à la station de métro Maelbeek, quatre jours après son arrestation.

Reste à savoir si ce procès avant-coureur de sa présentation à la justice française le fera sortir du silence dans lequel il est jusqu’à présent resté muré et qui avait conduit son avocat belge à jeter l’éponge avant de se raviser.

Seules quelques lettres du terroriste présumé ont filtré dans la presse, dont une écrite en juin dernier à son cousin depuis sa cellule, où il l’invite à “délaisser les désobéissances envers Allah” et l’exhorte à “la prière. La prière. La prière!!”.

ALLERS-RETOURS

Son frère Mohamed, ancien employé municipal autorisé depuis quelques mois à lui rendre visite à Fleury-Mérogis (Essonne), jugeait en décembre dans une interview à La Libre Belgique que son frère était sur la bonne voie pour parler. “La religion est tout ce qui compte pour lui”, confiait-il.

Selon un rapport d’expertise versé au dossier des attentats du 13 novembre 2015, le gilet explosif de Salah Abdeslam, n’a pas fonctionné parce qu’il était défectueux et non parce que ce dernier aurait renoncé à la dernière minute.

Il sera détenu le temps du procès à la maison centrale de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), récente et fortement sécurisée avec 250 personnels pour 90 détenus, où il sera seul dans une aile entière, a-t-on appris auprès de la direction de l’administration pénitentiaire. Il fera le trajet tous les jours vers Bruxelles.

A L’ISOLEMENT

Dans la prison située à 130 km de Bruxelles, toutes les pièces auxquelles il aura accès (deux cellules, une salle de sport avec rameur, un parloir) seront sous vidéo-surveillance, dans des conditions d’isolement identiques à celle de Fleury-Mérogis.

Le détenu radicalisé auteur de l’agression qui a déclenché un large mouvement de contestation des gardiens de prison français, le 11 janvier dernier à Vendin, a été transféré.

Le transfert de Salah Abdeslam peut intervenir à tout moment jusqu’à lundi matin, a-t-on précisé, aucune option de transport (voies aériennes, routières) n’est exclue à ce stade. Il sera en tout cas suivi par une même équipe dans les transferts de part et d’autre de la frontière.

La justice redoute notamment une tentative de suicide. En septembre, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait fait état de “craintes pour sa santé”.

Bruxelles mettra en place des mesures de sécurité exceptionnelles toute la semaine. Plus de cent policiers seront déployés à l’intérieur et autour du Palais de justice, gigantesque bâtiment du XXIe siècle et chantier permanent sur les hauteurs du centre-ville.

“Ce sont incontestablement des mesures lourdes, ces mesures sont simplement la constatation qu’ont fait les services de police du besoin de sécurité par rapport à la tenue de ce procès”, a déclaré Luc Hennart.

En France, le premier procès lié aux attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés s’est ouvert la semaine dernière, impliquant notamment l’ultime logeur de deux des auteurs, Jawad Bendaoud.

Avec Robert-Jan Bartunek et Clément Rossignol à Bruxelles, édité par Yves Clarisse

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