January 30, 2018 / 2:43 PM / 9 months ago

RPT-La croissance au plus haut depuis 2011 en France

PARIS (Reuters) - Répétition: bien lire une hausse soutenue des “exportations” au 15e paragraphe.

L'économie française a fini 2017 comme elle l'avait commencé, avec une croissance trimestrielle de 0,6%, pour signer sur les douze derniers mois sa meilleure performance depuis six ans, selon la première estimation publiée mardi par l'Insee. /Photo prise le 10 janvier 2018/REUTERS/Vincent Kessler

L’économie française a fini 2017 comme elle l’avait commencé, avec une croissance trimestrielle de 0,6%, pour signer sur les douze derniers mois sa meilleure performance depuis six ans, selon la première estimation publiée mardi par l’Insee.

En moyenne sur l’an passé, le produit intérieur brut (PIB) de la France a progressé de 1,9%, son niveau le plus élevé depuis 2011 (+2,1%).

Il marque une nette accélération par rapport aux trois années précédentes, où il stagnait autour de 1,0%/1,1%, à la faveur d’une demande intérieure (consommation des ménages et investissement des entreprises) solide.

La France reste néanmoins à la traîne de la zone euro qui, selon une première estimation également publiée mardi, a connu l’an passé une croissance de 2,5%.

Le chiffre du quatrième trimestre est conforme aux attentes des économistes interrogés par Reuters. La dernière prévision de l’Insee, publiée fin 2017, était également de +0,6% pour la période octobre-décembre.

L’institut a revu aussi en légère baisse, à +0,5% contre +0,6% annoncé précédemment, la marque du 3e trimestre, une révision qui ne modifie que marginalement la vitalité retrouvée de la croissance de la France depuis maintenant fin 2016.

2018 SUR LA MÊME TENDANCE

Dans un communiqué, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire y voit “le résultat du retour de la confiance des ménages et des entrepreneurs depuis l’élection du président de la République, des mesures de réformes mises en oeuvre par le gouvernement ainsi que d’un environnement international porteur, en particulier en zone euro”.

Son prédécesseur Michel Sapin lui a répondu que la croissance s’amplifie régulièrement depuis fin 2016, et pas seulement sur fin 2017, et que “les mesures prises au cours des années 2013 à 2016 pour rétablir la compétitivité des entreprises et soutenir une croissance saine et durable ont donc porté leurs fruits”.

Pour la suite, Bruno Le Maire souligne que, “selon les derniers indicateurs, cette tendance devrait se poursuivre en 2018”.

De fait, l’ensemble des données sur le climat des affaires en France sont au beau fixe et l’économie aborde 2018 avec un élan (acquis de croissance) de 0,9%, plus du double de celui de début 2017 (+0,4%).

Les prévisions des économistes pour l’ensemble de l’année se situent aujourd’hui en moyenne autour de 1,9%/2,0%.

Comme lors des trimestres précédents, la croissance du 4e trimestre a bénéficié d’une demande intérieure dynamique, qui y a contribué pour 0,5 point.

La consommation des ménages a certes ralenti par rapport au trimestre précédent (+0,3% contre 0,6%) mais l’investissement des entreprises a accéléré (+1,5% après +1,1%).

Sur l’ensemble de 2017, il affiche une hausse de 4,3%, contre 3,4% en 2016, alors que la fin, en avril, du dispositif fiscal de suramortissement des investissements productifs avait fait craindre un temps qu’il ne puisse se maintenir.

RISQUES DE SURCHAUFFE

La contribution de la variation des stocks des entreprises à la croissance du trimestre a été négative de 0,5 point et celle du commerce extérieur positive de 0,6 point du fait d’une hausse soutenue des exportations (+2,6%, soit le rythme le plus élevé depuis le printemps 2010), pendant que les importations freinaient fortement (+0,7% après +2,4%).

Sur l’ensemble de 2017, le commerce extérieur aura néanmoins contribué négativement pour 0,4 point à la croissance de l’économie (après -0,8 point en 2016).

«Avec la reprise du commerce international et la bonne santé de la zone euro, la croissance de la France peut se maintenir le même rythme en 2018”, estime Véronique Janod, économiste de Natixis.

Alexandre Mirlicourtois, de l’institut Xerfi, qui table sur une croissance française de 2,1% en 2018, partage ce constat, tout en pointant deux risques à court terme : la hausse de l’euro, qui est “dans une zone d’inconfort” pour les exportateurs français, et une possible remontée des taux d’intérêt plus rapide que prévu jusqu’à présent.

A l’horizon d’un an, les deux économistes s’inquiètent de la montée des tensions dans l’appareil productif signalées par une récente enquête de l’Insee, signe d’une surchauffe potentielle.

“On constate depuis le 4e trimestre que les entreprises font remonter des difficultés croissantes d’offre limitant leur production, liées à des tensions sur le marché du travail, avec une montée des difficultés de recrutement”, note Véronique Janod.

“Le risque est d’atteindre le niveau de chômage structurel d’ici à fin 2018, ce qui fait que la croissance pourrait caler”, ajoute l’économiste, qui la voit retomber à 1,4% en 2019.

Pour Alexandre Mirlicourtois, “on a du mal à satisfaire la demande domestique, d’où la dynamique des importations, et à valoriser la demande mondiale qui nous est adressée”.

“La montée des goulots de production, beaucoup plus rapide que dans les phases de reprise précédentes, montre que la crise a saigné le tissu productif”, ajoute l’économiste.

“La croissance potentielle de la France est plutôt autour de 1,3%, 1,5%. Pour regonfler le moteur, il faut de l’investissement”.

Edité par Yves Clarisse

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