January 30, 2018 / 12:57 PM / 10 months ago

La classe politique fait front autour de Darmanin

PARIS (Reuters) - La classe politique a fait front mardi autour de Gérald Darmanin, assurant dans son immense majorité que le ministre des Comptes publics visé par une enquête pour viol ne devait pas démissionner, en vertu de la présomption d’innocence.

La classe politique a fait front mardi autour de Gérald Darmanin, assurant dans son immense majorité que le ministre des Comptes publics visé par une enquête pour viol ne devait pas démissionner, en vertu de la présomption d'innocence. /Photo prise le 30 août 2017/REUTERS/Philippe Wojazer

Le jeune ministre de 35 ans venu des rangs des Républicains, qui conteste formellement les accusations, garde le soutien du gouvernement en vertu de la règle édictée par le Premier ministre, Edouard Philippe, selon laquelle seule une mise en examen peut entraîner une exclusion automatique.

Lundi, Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains (LR), avait eu des mots très durs.

“Nous respectons la présomption d’innocence”, avait-elle dit. “Mais compte tenu des graves accusations qui sont portées et pour la sérénité de l’action publique, nous pensons qu’il n’a pas d’autre choix que de démissionner.”

Mais ce point de vue est très minoritaire et est contesté au sein même du principal parti d’opposition.

“C’est à la justice de dire ce qu’il s’est passé dans une histoire qui n’a pas l’air extrêmement claire”, a dit mardi Eric Woerth, député Les Républicains de l’Oise, sur BFM TV. “On verra ce que donnera l’enquête, mais Gérald Darmanin n’est pas empêché d’exercer ses fonctions.”

Le député UDI Jean-Christophe Lagarde a abondé dans le même sens lors d’une conférence de presse.

“La démission, c’est quand il y a condamnation”, a-t-il dit mardi. “Cessons de faire de la justice médiatique un principe. Le principe, c’est la présomption d’innocence.”

SARKOZY SOUTIENT DARMANIN

A gauche, la même ligne prévaut, du communiste Sébastien Jumel, qui a rappelé lors d’un point de presse la nécessité de respecter la présomption d’innocence, au député La France insoumise François Ruffin qui, sur RTL, a souligné qu’il y avait une enquête préliminaire en cours.

“Il faut que la justice fasse son travail”, a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy a dîné lundi soir à Bercy avec Gérald Darmanin à l’invitation de ce dernier, un rendez-vous prévu de longue date, a confirmé l’entourage de l’ancien président à Reuters.

“Nicolas Sarkozy lui a témoigné son amitié et son affection”, a-t-on précisé.

La procédure en est au stade de l’enquête préliminaire et Gérald Darmanin n’est pas mis en examen. Il avait déposé en juin 2017 une plainte contre son accusatrice pour dénonciation calomnieuse.

Dans ce dossier, une première enquête avait été classée sans suite en juillet dernier car l’accusatrice, qui avait déposé sa plainte peu de temps après l’entrée de celui-ci au gouvernement pour des faits remontant à 2009, n’avait pas répondu aux convocations des enquêteurs.

Ayant fait savoir qu’elle était prête à répondre aux questions des enquêteurs, la procédure a été rouverte le 22 janvier et son audition est intervenue jeudi.

L’un des avocats de Gérard Darmanin, Pierre-Olivier Sur, s’est dit persuadé que son accusatrice serait condamnée.

“Tout cela est très grave, ce ne sont pas les faits qui sont graves mais la qualification de viol, or il n’y a pas viol, il n’y a pas eu viol, et il ne pourra jamais être dit et jugé qu’il y aurait eu un viol”, a-t-il déclaré sur RTL.

PÉTITION POUR LA DÉMISSION

Il a reconnu que le ministre des Comptes publics avait eu une relation sexuelle avec Sophie Spatz.

“Oui, la chronologie est simple, on a une ancienne professionnelle du sexe qui le séduit et le manipule”, a-t-il expliqué en évoquant l’ancienne condamnation de cette femme à deux ans de prison, notamment pour chantage.

L’avocate de la plaignante, Me Elodie Tuaillon-Hibon, a contesté “les supposées intentions” qui sont selon elle “prêtées a posteriori” à sa cliente.

Pierre-Olivier Sur a prédit que la plainte contre Gérald Darmanin serait “classée sans suite” et que son accusatrice serait “à nouveau condamnée”.

“Et tous ceux qui appellent à la démission de Gérald Darmanin sont des complices de cette dénonciation calomnieuse”, a dit l’avocat en excluant cette éventualité.

Une pétition lancée par des militantes féministes pour réclamer la démission du ministre avait recueilli 4.313 signatures mardi à la mi-journée.

Les auteurs du texte rappellent, sans les nommer, que trois figures de la majorité, François Bayrou, Sylvie Goulard et Richard Ferrand, ont quitté le gouvernement ces derniers mois sans avoir été mis en examen dans des affaires judiciaires les concernant - les deux premiers pour des soupçons d’emplois fictifs, le troisième au sujet d’un montage immobilier.

Sophie Louet, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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