January 19, 2018 / 9:17 AM / a year ago

Nouvelle agression de surveillants par un détenu

PARIS (Reuters) - Une nouvelle agression à l’arme blanche de surveillants de prison par un détenu, à Borgo, en Corse, a interrompu vendredi matin les discussions qui venaient de reprendre entre syndicats et direction de l’administration pénitentiaire (DAP).

Une nouvelle agression à l'arme blanche de surveillants de prison par un détenu, à Borgo, en Corse, a interrompu vendredi matin les discussions qui venaient de reprendre entre syndicats et direction de l'administration pénitentiaire (DAP). /Photo prise le 15 janvier 2018/REUTERS/Eric Gaillard

Selon des sources syndicales, ce détenu de droit commun à l’isolement, suivi au titre de la radicalisation islamiste, a attaqué deux gardiens à l’ouverture de sa cellule, puis s’est retranché avec deux autres prisonniers dans une partie commune.

La DAP a confirmé à Reuters l’implication de trois détenus, dont un suivi pour radicalisation, et précisé que des gendarmes et policiers étaient intervenus pour les maîtriser.

Un des deux gardiens a été blessé au thorax, l’autre au visage et au crâne, a dit à Reuters Wilfried Fonck, du syndicat Ufap-Unsa Justice.

Selon la DAP et la même source syndicale, ils ont été hospitalisés mais leur pronostic vital n’est pas engagé.

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a dénoncé dans un communiqué une “agression grave et intolérable” et exprimé “tout son soutien et son attention aux agents agressés”.

L’annonce de cette nouvelle agression a interrompu une nouvelle réunion entre les syndicats Ufap-Unsa et CGT pénitentiaire et la DAP sur un document de travail élaboré mercredi et transmis au ministère de la Justice et aux services du Premier ministre.

Selon Wilfried Fonck, cette réunion avait pour objet un compte rendu sur les arbitrages de Matignon et du ministère.

Des établissements pénitentiaires ont été perturbés vendredi pour le cinquième jour consécutif par des gardiens qui demandent une amélioration de leurs conditions de travail et de sécurité, sujet prioritaire de ces discussions.

INCIDENTS À FLEURY-MÉROGIS

“Le mouvement continue plus que jamais parce que nous n’avons pas la réponse de Matignon et de la Chancellerie”, a dit à Reuters Wilfried Fonck, de l’Ufap-Unsa. “Nous continuerons la mobilisation jusqu’à satisfaction de nos revendications.”

Selon la DAP, 80 des 188 prisons françaises (42%) étaient ainsi perturbées en début de matinée à des degrés divers, du retard de prise de service au blocage.

A Fleury-Mérogis (Essonne), où est notamment détenu le seul survivant présumé des auteurs des attentats du 13 novembre 2015, Salah Abdeslam, des heurts ont opposé surveillants et CRS.

Selon Thibault Capelle, responsable local du SNP-FO, une soixantaine de gardiens ont bloqué l’entrée de l’établissement à 6h00 du matin et reçu le soutien de dizaines de collègues.

“Il y a eu des échanges de lacrymogènes et de coups avec les CRS. Ça a été très tendu et violent. Les CRS sont intervenus très rapidement”, a-t-il ajouté, précisant que le blocage de Fleury-Mérogis était levé à 8h30.

Selon Wilfried Fonck, l’intervention musclée et rapide des CRS visait officiellement à éviter de nouvelles tensions avec les détenus après le refus, jeudi, pendant plusieurs heures, de 123 d’entre eux de réintégrer leurs cellules.

Un surveillant, qui manifestait vendredi matin devant la maison d’arrêt de Nice, a pour sa part été blessé au coude par un automobiliste, qui a “volontairement accéléré” à son niveau, a dit à Reuters Anthony Lequeux, responsable local du SNP-FO.

Le mouvement des gardiens a été déclenché par l’agression à l’arme blanche de trois surveillants et d’un gradé de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 11 janvier, par un détenu de nationalité allemande converti à l’islam, Christian Ganczarski, condamné à 18 ans de prison pour complicité dans l’attentat de 2002 contre une synagogue de Djerba, en Tunisie.

Depuis lors, plusieurs autres agressions de surveillants ont été commises par des détenus radicalisés.

Selon Thibault Capelle, le mouvement des gardiens pourrait connaître une pause ce week-end mais devrait reprendre lundi. “Nous attendons les consignes nationales”, a-t-il dit.

Emmanuel Jarry, avec Mathieu Galante à Nice et Service France, édité par Yves Clarisse

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