January 16, 2018 / 11:47 AM / a year ago

Macron rencontre des migrants en pleine controverse

Le chef de l'Etat s'est rendu mardi dans le centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) de Croisilles, où résident 63 personnes essentiellement originaires du Soudan et d'Afghanistan. /Photo prise le 16 janvier 2018/REUTERS/Michel Spingler

CROISILLES, Pas-de-Calais (Reuters) - “Vous voulez faire votre vie ici?” : Emmanuel Macron a rencontré mardi matin des migrants dans un centre d’accueil du Pas-de-Calais, en pleine controverse sur sa politique migratoire, accusée par les associations et la gauche de porter atteinte au droit d’asile et de “trier” les migrants.

Le chef de l’Etat, attendu à la mi-journée à Calais - lieu emblématique de la crise migratoire de ces dernières années - s’est rendu dans le centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) de Croisilles, où résident 63 personnes essentiellement originaires du Soudan et d’Afghanistan.

Mis en place depuis l’été, ces centres accueillent des migrants qui peuvent y être hébergés dix jours avant de voir leur situation administrative évaluée.

“J’ai quitté le Soudan en 2015, on a tué ma mère, le reste de ma famille a disparu, je n’avais pas le choix”, explique Ahmed, un Soudanais de 25 ans. Après un passage en Libye et en Italie, le jeune homme est arrivé en mars 2017 en France, se trouve depuis novembre dans le CAES et est en attente de la réponse sur sa demande d’asile.

“Que voulez-vous faire?”, lui demande le chef de l’Etat. “Apprendre le français et faire une formation, chercher du travail dans la mécanique (...) il faut beaucoup de courage et travailler et apprendre le français”, estime Ahmed.

“On va vous aider”, répond Emmanuel Macron. “Je crois que ce que vous avez dit relève de l’asile”.

Le chef de l’Etat, qui a promis une “refondation complète” de la politique migratoire en France, défend depuis son élection une ligne “ferme” qui prévoit “l’éloignement effectif” des migrants déboutés du droit d’asile tout en assurant un “accueil digne” aux personnes en relevant.

Les associations et la gauche accusent le couple exécutif de privilégier la ligne sécuritaire sur la ligne humanitaire et d’aller plus loin que ce qui avait été fait sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Une réunion est prévue en fin de journée entre le chef de l’Etat et des associations de migrants à Calais. Deux d’entre elles ont d’ores et déjà décliné l’invitation, dénonçant une rencontre “alibi”.

Marine Pennetier avec pool, édité par Yves Clarisse

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