January 15, 2018 / 3:31 PM / 9 months ago

Macron à Calais pour défendre sa politique migratoire

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron est attendu mardi à Calais pour défendre sa politique migratoire, objet de critiques des associations, de la gauche et d’une partie de la majorité qui voient dans le futur projet de loi un texte portant atteinte au droit d’asile.

Emmanuel Macron est attendu mardi à Calais pour défendre sa politique migratoire, objet de critiques des associations, de la gauche et d'une partie de la majorité qui voient dans le futur projet de loi un texte portant atteinte au droit d'asile. /Photo prise le 15 janvier 2018/REUTERS/François Mori

Le chef de l’Etat, qui a balayé les critiques la semaine dernière en dénonçant “les faux bons sentiments”, se rendra d’abord dans un centre d’accueil et d’examen des situations (CAES), où il dialoguera avec des bénévoles et des migrants.

Il s’adressera ensuite aux forces de sécurité à Calais, avant de participer à une réunion avec les associations de soutien aux migrants à la sous-préfecture. Une rencontre est également prévue avec les élus locaux, dont la maire Les Républicains (LR) Natacha Bouchart qui a indiqué lundi sur BFM TV “attendre beaucoup” du chef de l’Etat.

Avec cette visite, qui survient quelques semaines avant la présentation en conseil des ministres du projet de loi asile et immigration, Emmanuel Macron souhaite “marquer son soutien et celui de l’Etat à un territoire et à une population soumis à un pression migratoire particulière”, souligne-t-on à l’Elysée.

Il veut également “s’assurer que toutes les orientations qu’il a données pour la mise en oeuvre de la politique d’asile et d’immigration sont bien mises en oeuvre parce qu’il y a la logique d’une généralisation sur le territoire”, ajoute-t-on. “Il faut qu’à Calais on soit plus exemplaire qu’ailleurs”.

La ville de Calais (Pas-de-Calais) est devenue malgré elle ces dernières années le lieu emblématique de la crise migratoire en France, en accueillant à partir des années 2000 un bidonville abritant réfugiés et migrants souhaitant rejoindre le Royaume-Uni - la “Jungle” qui a été finalement démantelée en 2016.

Un an après, la situation dans le Calaisis “s’est améliorée parce que la présence des migrants a été contenue mais elle n’est pas pour autant stabilisée”, note-t-on à l’Elysée. Les quelque 8.000 migrants - dont 1.000 mineurs vivant dans des “conditions indignes” dans la “Jungle” au moment de son démantèlement - ont été répartis dans des centres d’accueil.

“EXEMPLAIRES”

L’arrivée de migrants ne s’est pas pour autant tarie. A l’heure actuelle, entre 350 et 500 migrants, originaires essentiellement des pays de la Corne de l’Afrique et d’Afghanistan, se trouvent à Calais et dans ses environs avec l’espoir de pouvoir gagner la Grande-Bretagne.

“Le président va tenir un langage de vérité, celui qui consiste à dire que la frontière est fermée, que Calais ne peut plus être une destination pour les migrants qui veulent aller en Grande-Bretagne et qu’il faut se donner les moyens de faire respecter cela”, souligne l’Elysée. Pour autant, il est essentiel “d’accueillir dignement tout le monde, de procéder à une évaluation rapide de la situation de chacun et d’en tirer des conséquences”.

Pour y parvenir, l’Etat a mis en place ces derniers mois trois CAES, pouvant accueillir au total 280 personnes, à une soixantaine de kilomètres de Calais. Depuis leur mise en place, 607 migrants y ont été accueillis.

Sur le terrain, des filières de passeurs sont régulièrement démantelées, les tentatives d’intrusion dans le tunnel sous la Manche ont diminué mais des rixes continuent d’éclater entre migrants malgré le millier de policiers et gendarmes déployés.

Présentes pour assurer le contrôle de la frontière, la sécurité de la population et la gestion de la pression migratoire, les forces de sécurité ont été mises en cause à plusieurs reprises par des associations, des organisations de défense des droits de l’homme et le Défenseur des droits qui dénoncent des “traitements inhumains”.

Emmanuel Macron entend “dire de manière très claire mardi aux forces de l’ordre qu’il faut qu’elles soient exemplaires dans leur intervention”, indique-t-on à l’Elysée.

“ALIBI”

Signe des tensions toujours vives et du fragile dialogue entre l’Etat et les associations, l’Auberge des Migrants et Utopia 56 ont fait savoir lundi dans un communiqué commun qu’elles ne participeraient pas à la réunion de mardi soir, dénonçant “un alibi” pour “des projets déjà bien établis”.

Dans le collimateur depuis plusieurs semaines des associations, le futur projet de loi asile et immigration qui sera présenté en février en Conseil des ministres.

Le texte, qui prévoit notamment une réduction des délais de la demande d’asile et un allongement des durées de rétention et de retenue, est également dénoncé par la gauche qui accuse le chef de l’Etat d’aller plus loin que Nicolas Sarkozy en matière d’immigration.

En dépit des critiques, le gouvernement a ces derniers jours affiché sa détermination à maintenir le cap. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a prévenu dimanche qu’il n’était “pas question de changer d’orientation”, tout en laissant la porte ouverte à de possibles amendements parlementaires.

Le président du groupe La République en marche (LREM) de l’Assemblée, Richard Ferrand, a assuré lundi que les députés LREM voteraient le projet de loi controversé sur l’asile et l’immigration, rempli selon lui “d’humanité”, et l’amenderaient éventuellement.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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