December 22, 2017 / 9:09 AM / a year ago

Hulot calme le jeu après un mouvement d'humeur

PARIS (Reuters) - Nicolas Hulot s’est dit vendredi “100% en phase” avec le Premier ministre Edouard Philippe et a rejeté l’idée de démissionner après avoir exprimé son mécontentement devant les résultats, décevants selon lui, des Etats généraux de l’alimentation.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot (photo), absent jeudi à la séance de clôture des Etats généraux de l'alimentation, estime que les conclusions n'étaient "pas à la hauteur". /Photo prise le 13 décembre 2017/REUTERS/Charles Platiau

“Je suis 100% en phase avec lui. Que les choses soient claires, je ne le dis pas parce qu’on m’a demandé de le dire, je le dis parce que c’est la vérité”, a déclaré le ministre de la Transition écologique et solidaire à la sortie d’un entretien avec Edouard Philippe à Matignon.

Interrogé sur sa démission, Nicolas Hulot a dénoncé un “fantasme médiatique qui m’échappe un tout petit peu”.

“Est-ce que vous imaginez une seule seconde qu’à chaque fois qu’on peut avoir, ce qui n’est pas le cas, une interrogation, une contrariété, on pose sa démission sur le bureau du Premier ministre ? C’est pas la conception que j’ai du dialogue.”

Tout en saluant le travail “inédit” accompli lors des Etats généraux de l’alimentation, il a estimé qu’il fallait “un peu de temps de plus et c’est simplement ce que j’ai voulu dire” pour que sa “traduction politique soit à la hauteur”.

Le ministre était absent jeudi à la séance de clôture de cet événement et son cabinet avait affirmé que cette absence était normale, puisqu’il n’aurait jamais été prévu qu’il y aille.

Mais l’ancien animateur de télévision, qui a à plusieurs reprises depuis six mois étalé ses doutes sur certains choix écologiques du gouvernement, a reconnu dans une interview diffusée vendredi par Le Monde qu’il avait refusé d’y participer parce que les résultats n’étaient “pas à la hauteur”.

“LE COMPTE N’Y EST PAS

“Le compte n’y est pas, ce n’était pas suffisamment conclusif et, donc, ce n’était pas pour moi le temps de conclure” ce grand rendez-vous de la filière agroalimentaire, déclare Nicolas Hulot dans cette interview.

Ouvert fin juillet, ces Etats généraux avaient vocation à trouver des solutions pour équilibrer les rapports entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs.

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé lors de leur clôture jeudi la présentation prochaine d’un projet de loi visant à imposer un seuil de revente à perte de 10 % sur les denrées alimentaires aux distributeurs.

Sur le front de l’environnement, les conclusions ont toutefois été moins précises, puisque les modalités de la sortie progressive des pesticides (dont le glyphosate d’ici trois ans) feront l’objet d’un plan au premier trimestre 2018.

Nicolas Hulot a affirmé vendredi à la sortie de sa rencontre avec Edouard Philippe que ce plan de sortie serait “rendu public d’ici la fin de l’année”.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert, a défendu vendredi la méthode de ces Etats généraux.

Nicolas Hulot “n’est pas venu, très bien. Je pense qu’il avait certainement d’autres choses à faire. Mais d’autres collègues étaient là pour porter les enjeux, la méthode a été saluée par l’ensemble des participants”, a-t-il déclaré sur RTL.

Richard Ferrand, président du groupe LREM à l’assemblée nationale et proche d’Emmanuel Macon, a estimé sur LCI que le refus de Nicolas Hulot n’était pas constructif.

“Ce n’est un discours qui fait avancer ou reculer les enjeux environnementaux”, a-t-il dit.

PAS LA PREMIÈRE FOIS

Quant à Matthieu Orphelin, autre député LREM et proche de Nicolas Hulot, il affirme sur son compte Twitter qu’il n’y a pas de quoi créer un psychodrame.

“Nicolas Hulot pose un diagnostic clair, précis, sincère et à la hauteur des enjeux. Comme d’habitude. C’est ce qui compte, bien au-delà de la question de son absence hier.”

Ce n’est pas la première fois que l’hypothèse d’une démission de Nicolas Hulot, est évoquée, notamment sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dont il est un opposant.

Il a aussi dû accepter que le gouvernement en rabatte sur certains engagements, comme le rythme de la fermeture de centrales nucléaires. Au point que des commentateurs politiques s’interrogent régulièrement sur son avenir de ministre.

Dans une interview accordée à France 2 et diffusée dimanche dernier, Emmanuel Macron assurait pourtant que “jamais” Nicolas Hulot n’avait mis sa démission dans la balance.

“Moi je souhaite très profondément qu’il reste (au gouvernement) et qu’il agisse”, dit le chef de l’Etat.

“Nicolas Hulot, il a son tempérament, c’est un engagé”, dit le chef de l’Etat. “Là il apprend aussi les contraintes de l’exercice politique et de la décision”, poursuit Emmanuel Macron. “C’est qu’on est tous les jours les mains dans la glaise et que ça ne peut pas être parfait du jour au lendemain.”

“Mais c’est un inquiet. C’est pour ça que je l’ai choisi, parce que j’ai besoin de gens qui vivent dans le creux de leur ventre la nécessité de changer, de prendre des décisions, d’aller les expliquer et de faire”, ajoute-t-il.

Julie Carriat, édité par Yves Clarisse

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