December 21, 2017 / 8:22 AM / 6 months ago

Seraj, Haftar prêts à soutenir les efforts de l'Onu, dit Le Drian

par John Irish

Jean-Yves Le Drian, qui a effectué une visite-éclair à Tripoli puis Benghazi où il a rencontré le chef du GNA Fayez Seraj et le maréchal Khalifa Haftar, s'est dit rassuré et optimiste à l'issue de ses entretiens sur la volonté des parties de s'engager dans un processus encadré par les Nations unies en Libye. /Photo prise le 21 décembre 2017/REUTERS/Ismail Zitouny

BENGHAZI, Libye (Reuters) - Le chef de la diplomatie française a réaffirmé jeudi en Libye la nécessité d’un règlement politique sous l’égide de l’Onu, soulignant que c’était la seule réponse possible au “fardeau” de la crise migratoire qui déstabilise le pays.

Jean-Yves Le Drian a effectué une visite-éclair à Tripoli puis Benghazi, où il a rencontré les “frères ennemis” libyens : le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) Fayez Seraj, reconnu par l’Onu mais pas par le Parlement libyen, et le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est dont les succès militaires lui ont valu les faveurs des puissances occidentales.

La France entend joindre ses efforts à ceux du médiateur de l’Onu, Ghassan Salamé, qui, malgré des discussions qui piétinent, espère toujours en l’organisation d’élections présidentielle et législatives au printemps 2018, comme Seraj et Haftar s’y étaient engagés en juillet dernier en France.

L’émissaire de l’Onu s’efforce d’organiser une conférence nationale incluant “tous” les acteurs de l’échiquier libyen, alors que le GNA peine à asseoir son autorité et que le maréchal Haftar a récemment déclaré caducs les accords de Skhirat de décembre 2015, qui ont ouvert la voie à une transition politique mais nécessitent aujourd’hui des ajustements.

Le Conseil de sécurité de l’Onu a rappelé que ces accords, qui ont théoriquement expiré le 17 décembre dernier, restaient le seul cadre viable pour régler la crise politique.

Jean-Yves Le Drian, qui a également rencontré le ministre libyen de l’Intérieur, s’est dit rassuré et optimiste à l’issue de ses entretiens sur la volonté des parties de s’engager dans un processus encadré par les Nations unies.

“BONNES NOUVELLES”

Evoquant la crise migratoire, “un fardeau pour la Libye”, il a estimé que “la réponse définitive” était “le processus politique”.

“J’ai noté la volonté du Premier ministre Seraj de respecter le calendrier. Nous avons une convergence totale sur la mise en oeuvre de cet agenda et sur la nécessité d’aller vite”, a dit le ministre à l’issue d’un entretien avec le chef du gouvernement.

A Benghazi, le ministre français des Affaires étrangères a expliqué ensuite avoir reçu l’assurance du maréchal Haftar de respecter le processus électoral.

“Je rentre assez optimiste sur la suite à donner”, a déclaré Jean-Yves Le Drian à des journalistes.

“Dans les bonnes nouvelles, M. Seraj dit qu’il a commencé à faire des listes électorales sous la houlette des Nations unies. (...) L’autre bonne nouvelle, c’est le maréchal Haftar qui rentre totalement dans le processus électoral et le soutient, mais qui veut que ce soit transparent et irréprochable”, a-t-il ajouté. La France a reçu le message et s’en assurera, a déclaré le ministre.

Le chef de la diplomatie a toutefois souligné que l’assassinat dimanche dernier du maire de Misrata, un modéré partisan des accords de Skhirat, démontrait que le processus d’unification libyen était encore loin de son terme.

“Nous voulions nous assurer que Seraj jouait le jeu et que les propos durs d’Haftar n’en resteraient qu’au stade déclaratoire. (...) La priorité, c’est d’éviter le vide institutionnel”, explique une source diplomatique française.

PAS DE VISITE D’UN CAMP DE MIGRANTS

Le ministre s’est également rendu à un camp de détention de migrants près de Tripoli, où il s’est entretenu avec les responsables du site et des représentants d’ONG. Il n’est pas entré dans le camp “en raison d’une contrainte d’agenda” selon son entourage. Les journalistes qui l’accompagnaient, dont un correspondant de Reuters, se sont vu refuser l’entrée du camp.

Depuis l’intervention militaire internationale en Libye et la chute de Mouammar Khadafi en 2011, la Libye est en proie à une instabilité sécuritaire et politique, aggravée par l’ancrage de l’Etat islamique et de milices islamistes sur le territoire et l’afflux de migrants.

Un reportage de la chaîne de télévision américaine CNN diffusé mi-novembre a provoqué un émoi mondial en montrant un marché aux esclaves, près de Tripoli, où étaient vendus aux enchères des migrants d’Afrique subsaharienne.

Amnesty International, dans un récent rapport, accuse les gouvernements européens d’être complices “de la torture et des abus endurés par des dizaines de milliers de réfugiés et de migrants détenus par les services libyens de l’immigration dans des conditions épouvantables en Libye”.

L’Union européenne, l’Union africaine et l’Onu sont tombées d’accord fin novembre sur la mise en place d’une “task force” visant à démanteler les réseaux de passeurs.

avec Sophie Louet à Paris, édité par Yves Clarisse

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