December 19, 2017 / 6:00 PM / 10 months ago

La croissance en France poursuit sur sa lancée, +1,9% attendu en 2017

PARIS (Reuters) - La croissance de l’économie française s’apprête à finir 2017 sur sa note la plus élevée depuis six ans et devrait conserver sur sa lancée un rythme soutenu début 2018, grâce à un environnement international favorable et une demande intérieure portée par l’investissement, prédit l’Insee.

La croissance de l'économie française s'apprête à finir 2017 sur sa note la plus élevée depuis six ans et devrait conserver sur sa lancée un rythme soutenu début 2018, grâce à un environnement international favorable et une demande intérieure portée par l'investissement, prédit l'Insee. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Dans une note de conjoncture publiée mardi, l’institut a revu en hausse ses prévisions de produit intérieur brut (PIB) pour le 4e trimestre à 0,6% et pour l’ensemble de 2017 à 1,9%, soit dans les deux cas 0,1 point de plus que précédemment.

L’économie hexagonale, qui se traîne depuis trois ans autour de 1% de croissance, n’avait pas été à pareille fête depuis le rebond, aussi vigoureux qu’éphémère, de 2,1% d’après-crise de 2011.

L’Insee estime encore que le PIB devrait progresser de 0,5% au premier trimestre 2018 puis de 0,4% au deuxième. L’acquis de croissance pour l’ensemble de l’année atteindrait alors 1,7% au 30 juin prochain, soit le niveau que le gouvernement attend pour la totalité de 2018.

Pour l’institut, l’économie française, dont le rythme de croissance tourne autour de 0,5% par trimestre depuis maintenant l’automne 2016, garde ainsi une “cadence soutenue” dans une zone euro qui a retrouvé une relative homogénéité en la matière.

Elle trouve son illustration dans les enquêtes sur le climat des affaires, qui est à son meilleur niveau depuis début 2008 et dont l’embellie a gagné tous les secteurs.

L’optimisme des chefs d’entreprise français se traduit par leurs investissements, tout particulièrement ceux en produits manufacturés dont le rythme annuel de progression reste élevé (+4,1% attendu en 2017 après +4,2% en 2016).

Les investissements des ménages, pour l’essentiel en logement, devraient eux bondir de 5,2% en 2017, après une hausse de 2,4% en 2016, ce qui permettra de compenser les effets d’un ralentissement de leur consommation, dont le rythme de croissance devrait être divisé par deux (à 1,2%) d’une année sur l’autre.

COUP DE FREIN AU POUVOIR D’ACHAT

Les six premiers mois de 2018, là où se limite l’horizon de prévision de l’Insee, se présentent tout aussi positivement, à quelques inflexions près.

La première tient à la consommation des ménages, que l’Insee ne voit pas repartir dans l’immédiat du fait d’un net coup de frein à leur pouvoir d’achat lié à un calendrier fiscal très défavorable en début d’année, marqué par des hausses des taxes sur le tabac et les carburants ainsi que de la CSG.

A l’inverse, le second semestre bénéficiera du plein effet des baisses de cotisations sociales et de la taxe d’habitation, auxquels il faut ajouter l’aménagement de l’impôt sur la fortune et l’entrée en vigueur du prélèvement forfaitaire unique.

Parallèlement, l’investissement des ménages devrait ralentir tout en restant dynamique, en liaison avec la stabilisation du marché de l’immobilier neuf.

Côté entreprises, l’investissement se maintiendrait à un niveau élevé, ne serait-ce que pour renforcer des capacités très sollicitées, le nombre de chefs d’entreprises signalant des goulots de production étant à un plus haut depuis début 2008.

L’investissement public devrait de son côté repartir en 2018 après cinq années consécutives de baisse, les carnets de commandes publiques des entreprises de travaux publics s’affichant en très forte hausse dans les dernières enquêtes.

Dans ce contexte, l’économie française devrait encore créer de l’ordre de 100.000 emplois marchands au premier semestre 2018, soit à peine moins que lors des six derniers mois de 2017 (106.000).

Mais avec la nette baisse des emplois aidés, les créations nettes globales sont aujourd’hui tombées à un rythme semestriel de 70.000 unités, que l’Insee voit se prolonger au début de l’an prochain.

L’Institut prévoit enfin une contribution du commerce extérieur à la croissance devenant nettement moins négative, voire neutre, après celles de 0,8 et -0,5 point de PIB de 2016 et 2017 : le déficit des échanges de produits manufacturés sera compensé l’an prochain par les excédents de l’agriculture et du tourisme ainsi que par un rebond des exportations d’énergie.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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