December 11, 2017 / 4:16 PM / 10 months ago

La force du G5 Sahel au coeur d'une réunion mercredi à Paris

PARIS (Reuters) - Cinq mois après le lancement de la force conjointe du G5 Sahel, une vingtaine de pays et d’institutions internationales se retrouvent mercredi près de Paris pour tenter de donner un coup d’accélérateur à cette initiative qui peine toujours à convaincre malgré “l’urgence” sécuritaire sur le terrain.

Un écusson des troupes françaises au Sahel. Cinq mois après le lancement de la force conjointe du G5 Sahel, une vingtaine de pays et d'institutions internationales se retrouvent mercredi près de Paris pour tenter de donner un coup d'accélérateur à cette initiative qui peine toujours à convaincre malgré "l'urgence" sécuritaire sur le terrain. /Photo prise le 17 novembre 2017/REUTERS/Benoit Tessier

Emmanuel Macron, dont le pays compte 4.000 soldats dans la région, accueillera à la Celle-Saint-Cloud (Yvelines) ses homologues du G5 Sahel : Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Mohamed Ould Abdelaziz (Mauritanie), Mahamadou Issoufou (Niger), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso) et Idriss Déby (Tchad).

Ce premier tour de table sera ensuite élargi à d’autres partenaires de la force conjointe, dont Angela Merkel (Allemagne), Paolo Gentiloni (Italie), Charles Michel (Belgique), l’Onu, l’Union africaine et l’Union européenne.

Les Etats-Unis, qui affichent ouvertement depuis le départ leurs réticences à l’égard de la force et ont empêché toute implication budgétaire de l’Onu, seront représentés par le conseiller à la sécurité nationale en charge du terrorisme à la Maison blanche, Thomas Bossert.

Les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite seront eux présents au niveau ministériel. Ryad pourrait officialiser à cette occasion un financement de 100 millions de dollars.

L’objectif de cette rencontre est “d’accroître la mobilisation au profit de la force conjointe du G5 Sahel sur trois volets, militaire, politique et financier”, souligne-t-on dans l’entourage du président français.

Cette force conjointe, qui a mené sa première opération début novembre dans la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, “a tenu le calendrier qui lui avait été fixé mais il ne faut pas se voiler la face”, explique-t-on.

“Depuis quelques mois l’activité des groupes terroristes n’a pas baissé dans la région des trois frontières et les armées continuent à subir des pertes importantes. Cela signifie qu’il y a une urgence opérationnelle à reprendre la main dans cette région et à accroître l’effort militaire”.

SUCCÈS LIMITE

Cet appel à une mobilisation accrue fait écho à ceux - nombreux - lancés depuis le lancement officiel de la force le 2 juillet à Bamako par la France et ses partenaires africains, avec un succès jusqu’à présent limité.

Lors de sa tournée africaine début décembre, Emmanuel Macron a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme face à un déploiement n’allant à ses yeux “pas assez vite”.

L’objectif d’une force conjointe en pleine capacité (5.000 hommes) en mars 2018 reste d’actualité mais les engagements pris notamment en matière de financement et de ressources militaires peinent toujours à être tenus.

La rencontre de mercredi s’inscrit donc dans une logique “de donnant-donnant”, indique-t-on à Paris. Les pays du Sahel vont être appelés à rendre “disponible rapidement leurs militaires” pour rejoindre la force régionale et leurs partenaires internationaux vont s’engager à accroître leur soutien.

Sur le terrain, près de cinq ans après l’intervention française au Mali, les pays du Sahel, épaulés par les soldats de Barkhane et de l’Onu, restent confrontés à un “ennemi fugace capable de se fondre dans la population et dans le désert”.

L’enjeu est donc “de tenir au maximum la zone” mais les “défaillances” constatées dans le processus de paix au Mali qui ont conduit à un certain “flottement” n’aident pas, selon l’Elysée. Réunis à Abidjan début décembre, les dirigeants africains sont convenus d’aborder cette question mercredi à la Celle-Saint-Cloud, quelques jours après la visite d’Emmanuel Macron à Alger, en première ligne au Mali.

Le volet financier devrait lui sans surprise occuper une place importante. Le coût de la force est estimé à 423 millions d’euros. A l’heure actuelle, l’Union européenne a promis 50 millions d’euros, la France 8 millions d’aide notamment logistique, chacun des cinq pays fondateurs 10 millions, et les Etats-Unis ont quant à eux promis une aide bilatérale de 60 millions de dollars.

“La Celle-Saint-Cloud est une étape de plus mais ce n’est absolument pas l’étape finale”, souligne-t-on à Paris. Une nouvelle réunion à Bruxelles, initialement prévue cette semaine, se tiendra en février dans un format élargi.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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