November 30, 2017 / 3:10 PM / 9 months ago

Pas d'envoi à ce stade de policiers ou soldats français en Libye-Macron

ACCRA, Ghana (Reuters) - La France ne prévoit pas à ce stade d’envoyer des policiers ou des militaires français en Libye dans le cadre de l’opération de démantèlement de réseaux de passeurs et de trafiquants d’êtres humains décidée après les images de traites de migrants, a déclaré jeudi Emmanuel Macron.

La France ne prévoit pas "à ce stade" d'envoyer des policiers ou des militaires français en Libye dans le cadre de l'opération de démantèlement de réseaux de passeurs et de trafiquants de migrants, a déclaré jeudi Emmanuel Macron. /Photo prise le 30 novembre 2017/REUTERS/Philippe Wojazer

“Sur le sol libyen, il appartient aujourd’hui au gouvernement libyen d’en décider en lien avec l’Union africaine”, a dit le chef de l’Etat français lors d’une conférence de presse, au Ghana, dernière étape de sa tournée africaine.

“Il n’a pas été prévu à ce stade d’envoi de forces militaires et de policiers de la part de la France”, a-t-il ajouté au lendemain de l’annonce de la mise en place d’une task-force de lutte contre les trafiquants de migrants en Libye. “Il est important de préserver la souveraineté de la Libye”.

“Il appartient essentiellement aux Etats africains d’opérer sur leur sol et de mener en particulier des opérations de police qui relèvent de leur souveraineté”, a-t-il souligné. “Mais il est important que nous puissions intensifier la coopération en matière de renseignement et technique pour que ces opérations soient plus efficaces”.

La France, qui est présente sur le plan militaire dans la bande sahélo-saharienne à travers la force antiterroriste Barkhane, pourrait par ailleurs participer dans ce cadre à des opérations anti-passeurs au Mali, au Niger et au Tchad.

Paris, qui a reconnu en 2016 la présence de ses forces spéciales sur le sol libyen dans le cadre de la lutte contre l’Etat islamique et les groupes djihadistes, était intervenue militairement en Libye en 2011 dans le cadre d’une coalition de l’Otan.

Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a dit à plusieurs reprises que, président, il n’aurait pas donné son feu vert à cette intervention, faute de préparation suffisante selon lui de l’après Mouammar Kadhafi.

“PAS D’ACTIONS CIBLEES” FRANÇAISES EN LIBYE

La diffusion mi-novembre d’un reportage de CNN sur des ventes de migrants en Libye a suscité une vague d’indignation et d’émotion internationales.

A la demande de la France, une réunion d’urgence s’est tenue mercredi soir en marge du sommet Union européenne-Union africaine d’Abidjan en présence de l’UE, de l’UA, de l’Onu, du Tchad, du Niger, du Maroc, du Congo et de la Libye.

Côté européen, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la France étaient présentes autour de la table.

L’UE, l’UA et l’Onu se sont à cette occasion notamment mises d’accord sur un soutien accru à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour “aider au retour de tous les Africains et Africaines qui le souhaitent vers leur pays d’origine”, et sur la mise en place d’une “task force” visant à démanteler les réseaux de passeurs.

Le plan d’action, qui devrait contenir plusieurs points devrait être finalisé ce jeudi.

“L’idée de la réunion d’hier, c’est de mener une action coercitive qui passe par plusieurs actions au niveau du Conseil de sécurité de l’Onu avec les sanctions habituelles : gel des avoirs et interdictions de voyager”, a-t-on indiqué jeudi dans l’entourage d’Emmanuel Macron. “Mais au-delà, il faut procéder à des arrestations dans certains lieux et mener des actions par la force”.

“Barkhane ne veut pas mener des actions ciblées sur le sol libyen mais on peut responsabiliser les Libyens et on peut viser les têtes de réseaux qui ne sont pas nécessairement en Libye”, a-t-on précisé.

Les pays de la région “ont réussi à s’organiser militairement pour créer le G5 Sahel, il faudrait qu’ils fassent la même chose pour les trafiquants”, a-t-on souligné, pointant un manque voire une absence d’échanges d’informations entre les pays d’Afrique de l’Ouest sur ce dossier.

Marine Pennetier, avec Andreas Rinke, édité par Yves Clarisse

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