November 29, 2017 / 6:53 PM / in 7 months

Peines de prison contre trois militants d'extrême droite

ANGERS, Maine-et-Loire (Reuters) - Trois sympathisants d’extrême droite jugés pour “violences” et “insultes” racistes ont été condamnés mercredi par le tribunal correctionnel d’Angers à des peines de prison ferme et avec sursis.

Trois sympathisants d'extrême droite jugés pour "violences" et "insultes" racistes ont été condamnés mercredi par le tribunal correctionnel d'Angers à des peines de prison ferme et avec sursis. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Quatre mois de prison ferme et deux autres avec sursis ont été prononcés à l’encontre de Tanguy Martin, actuellement en détention provisoire dans le cadre d’une enquête sur des violences commises à Nantes.

Celles-ci étaient survenues après une manifestation anti-FN, deux jours après celles d’Angers où un présumé « antifa » avait été laissé pour mort dans la rue.

“Quatre mois de prison ferme pour un coup de tête dans une bagarre d’ivrognes, c’est plutôt cher payé”, a réagi son avocat, Me Michael Leroy.

François-Mamès Cosseron de Villenoisy, un jeune de Saint-Herblain (Loire-Atlantique), âgé de 19 ans, et lui aussi détenu dans le cadre de la même affaire, a écopé de quatre mois de prison avec sursis.

Un mois de prison ferme et deux autres avec sursis ont été prononcés à l’encontre du troisième prévenu, François-Aubert Gannat, pour « injures publiques ». Il devra aussi payer 2.600 € de dommages et intérêts.

« Ton pote, là, le sale black, c’est une sous-race », avait-il dit à un client d’un bar à propos de son ami rwandais. « Moi j’ai un chien et un singe, et même eux sont plus de race que lui ».

Le jeune homme de 20 ans, originaire de Niafles (Mayenne), est le fils de Pascal Gannat, ancien directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen et ancien chef de file du groupe FN au conseil régional des Pays de la Loire.

Les « injures » qu’il avait proférées le 6 mai 2017 étaient survenues trois jours après une condamnation devant le même tribunal correctionnel d’Angers pour avoir « tabassé un jeune Maghrébin » en octobre 2016 à la sortie du même pub, avait rappelé Me Jean-Pierre Bougnoux, l’avocat de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui s’était constituée partie civile.

Lors de l’audience, Tanguy Martin avait qualifié de simple « provocation » son profil Facebook, où il a choisi comme pseudonyme Theodor Eicke, un ancien dirigeant nazi.

Cet « ancien » militant du GUD (Groupe Union Défense) a aussi pris comme photo de profil le symbole de la « White Pride » (« La Fierté blanche ») et déclare avoir étudié à la « Hitlerjugend » (« Jeunesse hitlérienne »). Sur le même réseau social, François-Mamès Cosseron de Villenoisy est vêtu sur une photo « un T-shirt arborant au niveau du torse l’aigle impérial du IIIe Reich », selon les policiers angevins.

Les prévenus avaient par ailleurs démenti s’être renseignés au cours de la soirée sur la localisation de possibles « quartiers antifacho » à Angers, comme l’ont rapporté plusieurs témoins, alors que leur groupe est accusé d’avoir opéré plusieurs « équipées » du même type dans d’autres villes de l’Ouest.

Guillaume Frouin, édité par Sophie Louet

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