November 27, 2017 / 12:40 PM / 9 months ago

Le ralliement de Solère à LREM fait débat à l'Assemblée

PARIS (Reuters) - Le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a implicitement demandé lundi à Thierry Solère d’abandonner son poste de questeur après son ralliement à La République en marche (LREM), au nom du pluralisme de l’institution.

Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, a implicitement demandé lundi à Thierry Solère (photo) d'abandonner son poste de questeur après son ralliement à La République en marche (LREM), au nom du pluralisme de l'institution. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Cet ex-membre des Républicains (LR) occupe en effet l’un des trois postes de questeur, que revendique l’opposition au nom d’une tradition remontant à 1973.

“L”intérêt de l’Assemblée nationale serait que Thierry Solère abandonne la questure”, a déclaré François de Rugy sur BFMTV au terme d’une journée passée à consulter les différents groupes politiques du Palais-Bourbon sur ce sujet.

“Les questeurs, c’est une gestion collégiale de l’Assemblée et pour une question de transparence dans l’utilisation du budget de l’Assemblée nationale, il a toujours été prévu que les questeurs n’appartiennent pas au même groupe”, a-t-il fait valoir. “Mon rôle, en tant que président de l’Assemblée nationale, est que le pluralisme soit respecté dans nos instances.”

François de Rugy a renvoyé le sujet à la conférence hebdomadaire des présidents de l’Assemblée de mardi matin.

“J’ai déjà eu quelques échanges avec des présidents de groupe aujourd’hui, de l’opposition et de la majorité, qui vont tous dans le même sens”, a-t-il précisé.

Dans un communiqué publié en début de journée, le président de l’Assemblée avait déjà indiqué que l’affiliation du député des Hauts-de-Seine au parti présidentiel, annoncée dimanche, “impacte indéniablement le fonctionnement de l’Assemblée”.

Deux postes de questeurs sont habituellement accordés à la majorité et le troisième à l’opposition en vertu d’une règle, longtemps demeurée tacite, qui a été intégrée le mois dernier au règlement de l’Assemblée.

Thierry Solère, dont le mandat à la questure court jusqu’en octobre 2018, a fait savoir dimanche qu’il n’avait pas l’intention de se retirer.

“Je n’ai aucune raison de démissionner”, a-t-il dit sur BFMTV. “Les postes n’appartiennent pas aux partis politiques.”

Ce choix a suscité de vives réactions à LR mais aussi des réserves dans les rangs de LREM.

“Je pense qu’il faut qu’on ait ce débat en interne. C’est un poste qui en effet est important au sein de l’Assemblée nationale, qui est celui de la gestion de nos finances notamment”, a estimé la députée Aurore Bergé, invitée de RFI.

“Je pense que, en effet, il faut que l’opposition puisse être représentée”, a-t-elle poursuivi.

Dans les couloirs de l’Assemblée, un membre du groupe LR a pour sa part déclaré : “Pour nous c’est un casus belli”.

Simon Carraud, Elizabeth Pineau et Emile Picy, édité par Sophie Louet

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