November 26, 2017 / 12:18 PM / in a year

Wauquiez veut reconstruire à droite, loin des "opportunistes"

PARIS (Reuters) - A l’approche de sa probable élection à la présidence des Républicains (LR), le mois prochain, Laurent Wauquiez a dénoncé dimanche les “opportunistes” et “les esprits chagrins” ayant rejoint le “marigot” du camp d’Emmanuel Macron.

A l'approche de sa probable élection à la présidence des Républicains (LR), le mois prochain, Laurent Wauquiez a dénoncé dimanche les "opportunistes" et "les esprits chagrins" ayant rejoint le "marigot" du camp d'Emmanuel Macron. /Photo prise le 20 novembre 2017/REUTERS/Philippe Wojazer

Invité du Grand rendez-vous sur Europe 1, CNEWS et Les Echos, l’ancien ministre a dénoncé le choix des membres du gouvernement Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu et du député Thierry Solère d’adhérer au parti présidentiel, La République en marche (LREM).

Laurent Wauquiez a cité à leur sujet l’ancien président François Mitterrand : “‘Sur le chemin de la trahison, il n’y a que le fleuve de la honte à traverser’. Eh bien, ils ont fini par traverser ce fleuve.”

De l’avis du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, la démarche des trois dirigeants récemment exclus des Républicains “n’a été dictée que par des petits calculs”.

“Ils partent à En Marche parce qu’ils ont échoué, parce que plus personne ne veut d’eux et qu’ils n’ont pas réussi à torpiller la droite. Moi j’avance, je laisse les esprits chagrins dans le rétroviseur”, a-t-il lancé.

“Soit on va dans le marigot central, le petit marais autour d’Emmanuel Macron. Soit on construit autre chose (...) avec des gens qui sont unis par des convictions et des valeurs. Qui ne sont pas là parce qu’on a mis un bol de soupe sur la table”, a poursuivi Laurent Wauquiez.

“RAMASSIS D’OPPORTUNISTES”

Sur BFMTV, le député Thierry Solère a expliqué son choix de rejoindre le parti présidentiel.

“Je ne suis pas une marionnette qui appartient à un parti pour cocher des cases”, a-t-il déclaré. “Ce gouvernement est en train de mettre en place les réformes dont la France a besoin.”

L’ancien Premier ministre Manuel Valls, passé du parti socialiste au camp présidentiel, a expliqué pour sa part sur RTL pourquoi il n’avait pas adhéré à LREM.

“Je ne l’ai pas encore décidé parce que je pense qu’il faut prendre du temps”, a dit le député de l’Essonne, évoquant la “recomposition politique” en cours et les débats à venir dans la perspective des élections européennes de 2019.

Deux jours après le remaniement qui a installé Benjamin Griveaux au poste de porte-parole et marqué l’entrée au gouvernement du socialiste Olivier Dussopt - aussitôt exclu du parti -, Laurent Wauquiez a qualifié l’équipe plurielle dirigée par Edouard Philippe de “ramassis d’opportunistes”.

Il a aussi fait remarquer qu’avec l’adhésion de Thierry Solère à LREM, les trois questeurs de l’Assemblée nationale appartiennent désormais au même parti - ce qu’il juge “pas acceptable” dans la mesure où la tradition veut que l’un des questeurs soit issu de l’opposition.

“Je n’ai aucune raison de démissionner”, a dit sur BFMTV Thierry Solère, élu à la questure l’automne dernier pour un an. “Les postes n’appartiennent pas aux partis politiques.”

“ALTERNATIVE RÉPUBLICAINE”

Dans un paysage politique en pleine mue, une vingtaine d’élus “constructifs” - issus de la droite et favorables au gouvernement - ont lancé un nouveau parti, “Agir, la droite constructive” via une tribune publiée ce dimanche par le Figaro.

Dans ce texte notamment signé par le député Franck Riester, les sénateurs Fabienne Keller et Claude Malhuret et par l’ancien ministre Frédéric Lefebvre, les élus en appellent à “ceux qui partagent [leur] volonté d’agir et se sentent orphelins d’une droite moderne, réformatrice et modérée”.

Considéré comme le représentant d’une droite dure, Laurent Wauquiez veut maintenir une “alternative républicaine” en France en dehors des partis “extrêmes” que sont le Front national de Marine Le Pen et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Une idée partagée selon lui par l’ancien Premier ministre Alain Juppé, qu’il a rencontré lundi dernier.

“Si jamais il n’y a plus qu’un marais central et qu’Emmanuel Macron échoue, les Français n’auraient plus le choix qu’entre Marine Le Pen d’un côté et Jean-Luc Mélenchon de l’autre ? Moi je ne veux pas de ça. Et Alain Juppé ne veut pas de ça non plus”, a-t-il dit. “Il a bien conscience qu’il faut, à l’intérieur du champ de la République, qu’il y ait une alternative républicaine.”

L’élection à la présidence de LR, qui oppose Laurent Wauquiez au “juppéiste” Maël de Calan et à l’ex-“filloniste” Florence Portelli, est prévue les 10 et 17 décembre.

Elizabeth Pineau, édité par Jean-Stéphane Brosse

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