November 24, 2017 / 11:48 AM / 9 months ago

La sécheresse dévaste les récoltes dans le sud de la France

MARSEILLE (Reuters) - Une sécheresse qui n’en finit plus, des précipitations quasi inexistantes et une faible recharge des nappes rendent la situation climatique particulièrement tendue dans le sud-est de la France, avec un impact fort sur l’activité agricole.

Une sécheresse qui n'en finit plus, des précipitations quasi inexistantes et une faible recharge des nappes rendent la situation climatique particulièrement tendue dans le sud-est de la France, avec un impact fort sur l'activité agricole. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol

Outre les conséquences sur le vin, la truffe a quasiment disparu des marchés et le safran se fait rare.

En l’absence de pluies automnales, l’épisode de sécheresse qui touche la France depuis plusieurs mois reste préoccupant, notamment dans la partie sud du pays.

A ce jour, 25 départements ont maintenu les mesures de restriction d’eau pour lutter contre un déficit pluviométrique récurrent combiné à une sécheresse exceptionnelle des sols.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), on évoque ainsi la pire sécheresse depuis 60 ans.

“Avec un déficit proche de 70%, octobre 2017 se classe au 5e rang des mois d’octobre les plus secs sur la période 1959/2017. Sur le quart sud-est du pays, les pluies ont été quasiment absentes. Le déficit de pluviométrie, remarquable sur la quasi- totalité du pays, est record sur la région Provence-Alpes-Côte d’Azur”, souligne Méteo France dans son dernier bulletin sur l’état de sécheresse en France, publié à la mi-novembre.

Les records de faible cumul de précipitation se succèdent au dans les départements du Sud. Entre le 1er janvier et le 24 octobre, on a seulement enregistré 214 mm de précipitations à Carpentras (Vaucluse), du jamais vu depuis les 261 mm de 1889.

Conséquence, les nappes phréatiques s’épuisent et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) parle de “nouvelles valeurs record” dans le Sud.

ABSENCE DE PLUIES AUTOMNALES

Au 1er novembre, les deux tiers des nappes (71%) affichent un niveau modérément bas à très bas. “La situation est assez dégradée en l’absence de premières pluies automnales importantes”, souligne le BRGM, une situation qui traduit selon lui un “début de période de recharge hivernale très limité”.

Habituellement, la fin de l’été et le début de l’automne cumulent de fortes précipitations, ce qui n’a pas été le cas cette année, en raison de conditions anticycloniques.

Et Météo France prévoit par ailleurs des mois de novembre, décembre et janvier assez chauds et un déficit pluviométrique qui ne peut qu’aggraver une situation déjà tendue après un hiver 2016-2017 particulièrement sec, au sortir duquel les nappes phréatiques ont commencé l’été au plus bas niveau.

Les conséquences économiques se font ressentir dans une bonne partie du pays, avec des résultats très divers.

Selon la coordination rurale en PACA, les agriculteurs observent une baisse conséquente de leurs revenus. Dans les Hautes-Alpes, les troupeaux ont été mis en bergerie avec deux mois d’avance en raison du manque d’herbe à pâturer.

Pour la truffe et le safran, 2017 sera une année noire.

“Cela fait sept mois que l’on a pas eu d’eau. C’est la pénurie de truffes dans toute la région PACA et celles que l’on trouve sont sèches et de moindre qualité”, a dit à Reuters le président de l’association des trufficulteurs des Alpes-de- Haute-Provence, Jean-Louis Bondil.

Au marché de Richerenches (Vaucluse), qui marque traditionnellement le lancement de la saison, il s’est négocié le week-end dernier une soixantaine de kilogrammes de truffes, contre 400 à 500 kilos les années précédentes.

LA TRUFFE À UN PRIX EXORBITANT

“L’an dernier, la truffe s’est négociée autour des 1.200 euros le kilo sur les marchés de Noël. Elle pourrait franchir la barre des 1.500 euros cette année. C’est exorbitant et ce n’est pas une bonne chose”, regrette Jean-Louis Bondil, qui craint la disparition prochaine du “diamant noir” dans la région.

La récolte devrait avoisiner cette année les trois tonnes dans les Alpes-de-Haute-Provence, cent fois moins qu’au siècle dernier où l’on en ramassait plus de 300 tonnes.

“Le réchauffement climatique fait que l’on trouve maintenant de la truffe dans la Meuse”, dit le président du syndicat.

La culture du safran, cet “or rouge” aussi couru par les amateurs que le “diamant noir”, a également souffert des conditions climatiques avec une récolte tardive et faible.

Comme pour la truffe, les bulbes de safran ont été la cible des hardes de sangliers qui ont souvent fini de dévaster les sols desséchés du sud de la France. A l’inverse de la truffe cependant, le prix du safran ne devrait guère varier, environ 30 euros le gramme, car l’épice se bonifie avec le temps et les stocks de l’an dernier ne sont pas écoulés.

La viticulture enregistre une baisse de rendement importante en raison des fortes chaleurs avec une chute estimée à 45% dans les Bouches-du-Rhône, de 20 à 50% sur les coteaux varois, de 30 à 50% dans les vignobles vauclusiens.

Mais les professionnels misent sur un millésime hors norme par son équilibre et son potentiel de garde, notamment pour les vins d’appellation d’origine protégée de la vallée du Rhône.

“2017 devrait figurer parmi nos meilleurs millésimes”, estime le responsable de l’observatoire de la qualité chez l’interprofession Inter Rhône, François Dijon.

Les vins de la vallée du Rhône, deuxième vignoble français d’AOC en superficie et premier pourvoyeur d’emplois dans la région avec 50.000 personnes, ont généré 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2016.

Edité par Yves Clarisse

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