November 20, 2017 / 6:41 PM / 7 months ago

L'échec des négociations à Berlin complique la donne pour Macron

PARIS (Reuters) - L’échec des négociations pour former une coalition gouvernementale en Allemagne et la fragilisation d’Angela Merkel qu’il entraîne compliquent les ambitions européennes d’Emmanuel Macron et freinent l’élan de réformes qu’il a contribué à créer.

L'échec des négociations pour former une coalition gouvernementale en Allemagne et la fragilisation d'Angela Merkel qu'il entraîne compliquent les ambitions européennes d'Emmanuel Macron et freinent l'élan de réformes qu'il a contribué à créer. /Photo prise le 9 octobre 2017/REUTERS/Ludovic Marin

Les conséquences de l’arrêt des discussions entre conservateurs, écologistes et libéraux restent à déterminer et l’Elysée s’est gardé lundi de tirer des conclusions.

“Nous souhaitons, pour l’Allemagne et pour l’Europe, que notre principal partenaire soit stable et fort, pour avancer ensemble”, a-t-on déclaré dans l’entourage du président.

“Cela ne fait que renforcer la nécessité pour la France de proposer, de prendre des initiatives, de travailler à un projet européen ambitieux que nous mettrons en oeuvre avec notre partenaire allemand”, a-t-on ajouté.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a pressé lundi les partis politiques de reconsidérer leur attitude et écarté la tenue de nouvelles élections dans l’immédiat.

Angela Merkel a déclaré qu’elle déciderait, une fois les consultations des chefs de parti menées par Frank-Walter Steinmeier, si elle approcherait le SPD pour négocier une coalition et ajouté qu’elle préférerait de nouvelles élections à un gouvernement minoritaire.

Les sociaux-démocrates du SPD ont quant à eux réitéré leur refus d’une nouvelle coalition avec le bloc CDU-CSU.

Emmanuel Macron a travaillé à créer des liens avec de nombreux dirigeants européens et s’est même permis de signaler que le règne de la chancelière n’était pas éternel - parlant d’un horizon “à dix ans” pour les réformes européennes et invitant les dirigeants de sa “génération” comme le Néerlandais Mark Rutte ou le Belge Charles Michel à faire alliance avec lui.

Mais contrairement à des tentations exprimées dans le passé, Paris n’a depuis son élection jamais laissé entendre qu’il serait possible d’avancer sans les Allemands ou contre eux.

A l’issue de son premier Conseil européen, en juin, c’est au côté de la chancelière que le président français s’est présenté devant les journalistes, pour dire sa volonté de nouer une alliance avec l’Allemagne pour refonder l’Europe.

PAS D’ALTERNATIVE

Avec la crise politique en Espagne, des élections incertaines se profilant en Italie et le départ du Royaume-Uni de l’Union, aucune autre grande puissance européenne ne semble capable de pallier au côté de la France une faiblesse politique allemande qui devrait se prolonger.

Vues avec scepticisme en Allemagne avant les élections, un sentiment renforcé par le score élevé des libéraux du FDP, les ambitions européennes d’Emmanuel Macron ont été intégrées à un calendrier de travail présenté par le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Mais les Français ont immédiatement dit qu’il faudrait insuffler beaucoup d’énergie politique pour aborder tous les grands thèmes de réforme dès le premier semestre 2018, avant d’entrer dans la campagne des élections européennes de 2019.

La France n’a pas “intérêt” à ce que la situation se crispe en Allemagne, a déclaré lundi Emmanuel Macron.

“Les déclarations que vous avez vues de Lindner (le chef de file du FDP) sont assez dures”, a-t-il noté. “Ce n’est pas dans notre intérêt que ça se crispe, donc ce qui fait que nous on doit avancer.”

“C’est une préoccupation”, a reconnu le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Benjamin Griveaux, sur RTL.

“Mais moi je suis un optimiste, j’ai tendance à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide et je suis certain que des éléments nouveaux peuvent permettre de constituer une coalition autour d’Angela Merkel”, a-t-il ajouté.

“On a ce couple franco-allemand qui est l’un des moteurs d’Europe, mais pas uniquement”, a-t-il souligné. “Si nous voulons relancer l’Europe, ça ne peut se faire que dans un tête-à-tête avec les Allemands, mais de manière coordonnée et avec l’ensemble des pays européens.”

Jean-Baptiste Vey, Marine Pennetier et Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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