November 7, 2017 / 9:34 AM / 7 months ago

Le CO2 bondirait avec l'objectif de baisse du nucléaire

PARIS (Reuters) - L’objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité française en 2025 s’accompagnerait d’un doublement des émissions de CO2 du secteur, selon un rapport publié mardi par RTE, qui propose des scénarios alternatifs.

L'objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité française en 2025 s'accompagnerait d'un doublement des émissions de CO2 du secteur, selon un rapport publié mardi par RTE, qui propose des scénarios alternatifs. /Photo prise le 7 août 2017/REUTERS/Denis Balibouse

Alors que le nucléaire représente près des trois quarts de cette production, sa réduction programmée par la loi de transition énergétique de 2015 impliquerait la fermeture de 24 réacteurs sur les 58 que compte le pays et une forte accélération du développement des renouvelables, estime le gestionnaire des lignes à haute tension françaises.

Pour assurer l’alimentation en électricité des Français, et même dans l’hypothèse retenue d’une consommation en légère baisse, un report des fermetures de centrales à charbon après 2025 et la construction de nouveaux moyens thermiques au gaz seraient cependant nécessaires, avec à la clé un doublement des émissions de CO2 du système électrique.

RTE a cependant établi quatre scénarios alternatifs, dont un dans lequel la part du nucléaire serait réduite à 50% en 2030, avec 16 réacteurs fermés, un triplement des renouvelables, aucun ajout de moyen thermique et des émissions de CO2 divisées par deux, qui nécessiterait toutefois des outils de “flexibilité” (effacements, stockage par batteries, pilotage de la recharge de véhicules électriques).

“Il sera difficile de tenir l’objectif de ramener à 50% la part du nucléaire d’ici 2025”, a admis le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot à l’issue du conseil des ministres.

Le gouvernement, a-t-il indiqué, mettra en place un nouveau calendrier “réaliste” de réduction du nucléaire.

RTE, filiale à 100% d’EDF, a en outre annoncé mardi que des arrêts non prévus de centrales ou des conditions climatiques “hors normes” pourraient fragiliser l’alimentation en électricité des Français au cours de l’hiver 2017-2018, une période qu’il place donc “sous surveillance”.

Cette situation pourrait perdurer jusqu’en 2020 et, bien que “les marges de sécurité s’accroissent” sur la période 2020-2022, elles “ne permettent pas de fermer les centrales à charbon et simultanément les quatre réacteurs atteignant 40 ans de fonctionnement”.

Le “plan climat” présenté en juillet par le ministre Nicolas Hulot prévoit que la France cesse toute production d’électricité provenant du charbon à partir de 2022.

RTE estime que, dans l’hypothèse d’un hiver 2017-2018 “normal”, la consommation sera stable et trois à quatre réacteurs seulement seront indisponibles au coeur de la période contre cinq à 12 l’an dernier, ce qui conduira à 2.800 mégawatts de moyens de production supplémentaires au mois de janvier.

En cas de vague de froid, avec des températures inférieures de 5°C aux normales saisonnières, les marges de sécurité seraient toutefois réduites de fin janvier à fin février et des moyens exceptionnels - avec en dernier recours des coupures de courant volontaires ciblées - pourraient alors être mis en oeuvre.

Le comité central d’entreprise (CCE) d’EDF a de son côté annoncé une conférence de presse le 15 novembre afin de présenter ses propositions “pour contrer le scénario catastrophe” d’une rupture du réseau électrique français par manque de production.

EDF a abaissé fin octobre son objectif 2017 de production d’électricité d’origine nucléaire, pour la deuxième fois cette année, et a ajusté à la baisse son objectif de résultat d’exploitation (Ebitda) à la suite du report du redémarrage de la centrale de Tricastin.

Les prix de gros de l’électricité en Europe pour les prochains mois ont fortement augmenté après ces annonces, les analystes craignant que la France, dont les besoins en électricité dépendent au trois quarts de l’énergie nucléaire, ne soit confrontée à un risque de pénurie cet hiver en raison de l’interruption prolongée de plusieurs réacteurs.

Edité par Dominique Rodriguez

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