November 6, 2017 / 12:03 PM / 9 months ago

Goncourt/Renaudot: Récompense pour deux livres sur le nazisme

PARIS (Reuters) - Le prix Goncourt 2017 a été attribué lundi à Eric Vuillard pour “L’Ordre du jour” (Actes Sud), un ouvrage entre roman et Histoire qui retrace les coulisses de l’Anschluss, l’annexion de l’Autriche en 1938.

Le prix Goncourt 2017 a été attribué lundi à Eric Vuillard (au centre) pour "L'Ordre du jour" (Actes Sud), un ouvrage entre roman et Histoire qui retrace les coulisses de l'Anschluss, l'annexion de l'Autriche en 1938. /Photo prise le 6 novembre 2017/REUTERS/Philippe Wojazer

L’écrivain de 49 ans a été récompensé au troisième tour de scrutin par six voix contre quatre, a annoncé Didier Decoin, membre de l’Académie Goncourt, qui compte dix jurés.

Le prix Renaudot a été décerné à Olivier Guez pour “La Disparition de Josef Mengele” (Grasset), qui narre le destin de “L’Ange de la mort” de la chute du IIIe Reich à son décès au Brésil en 1979.

Eric Vuillard était en compétition avec Yannick Haenel, pour “Tiens ferme ta couronne” (Gallimard), Alice Zeniter pour “L’Art de perdre” (Flammarion), et Véronique Olmi pour “Bakhita” chez Albin Michel.

Sorti en mai, “L’Ordre du jour”, dont le statut de fiction était remis en cause, s’intéresse au rôle des industriels allemands dans la montée du nazisme.

“C’est la compromission, le glissement progressif....comment toute une société, pour une part ses élites, glisse, se corrompt plus ou mieux consciemment”, a dit Eric Vuillard à des journalistes.

“Ce serait difficile d’écrire des romans qui ne résonnent pas dans leur époque. On essaye d’être conscients le plus possible”, a-t-il poursuivi.

L’écrivain, qui estime que la littérature peut éclairer l’Histoire, a expliqué que le récit s’était imposé à sa plume, comme une manière “dont la littérature aggrave son rapport au réel, selon la conjoncture sociale et politique qui est la nôtre”.

Bernard Pivot, président de l’Académie Goncourt, a salué l’écriture d’Eric Vuillard mais aussi “la leçon de morale politique” d’une oeuvre qui “démontre qu’une petite bande de gens, avec le bluff, l’intimidation, la brutalité, arrivent à circonvenir un pays et à déclencher la catastrophe mondiale”.

Un livre “pour comprendre le mécanisme du mal politique”, a-t-il souligné alors qu’Olivier Guez se félicitait en écho qu’”en 2017 on se souvienne qui était Mengele, comme on fait le mal “

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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