October 31, 2017 / 6:44 AM / 8 months ago

Schiappa se dit choquée par l'hommage rendu à Polanski

PARIS (Reuters) - La secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, s’est dite choquée mardi par l’hommage rendu par la Cinémathèque française au réalisateur franco-polonais Roman Polanski, poursuivi aux Etats-Unis pour viol sur mineure.

La secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa (photo), s'est dite choquée mardi par l'hommage rendu par la Cinémathèque française au réalisateur franco-polonais Roman Polanski, poursuivi aux Etats-Unis pour viol sur mineure. /Photo prise le 12 juillet 2017/REUTERS/Charles Platiau

“C’est ce qui contribue (...) à ce qu’on appelle la culture du viol que de minimiser ou de relativiser les viols ou les agressions sexuelles selon le talent ou selon la notoriété de la personne qui est mise en cause”, a-t-elle déclaré sur LCI.

“Donc ça me choque”, a-t-elle ajouté, en référence à la rétrospective Polanski mais aussi à celle que doit consacrer en janvier la Cinémathèque à Jean-Claude Brisseau, condamné pour harcèlement et agression sur plusieurs actrices.

L’hommage au réalisateur de “Rosemary’s Baby” et de “Chinatown” prend une résonance particulière dans le contexte actuel de révélations en cascade sur les pratiques dans ce milieu dans le sillage de l’affaire Harvey Weintstein, du nom d’un magnat d’Hollywood accusé par des dizaines de femmes.

Ce phénomène a déclenché un flot de témoignages, notamment sur les réseaux sociaux où sont apparus les mots-clefs “#MeToo” (moi aussi) et “#balancetonporc”, de femmes harcelées ou violées dans leur vie privée et sur leur lieu de travail.

“C’est difficile de dire aux femmes ‘vous devez libérer votre parole’ et dans le même temps de dérouler le tapis rouge pour des personnes qui sont auteurs d’agressions sexuelles”, toujours selon Marlène Schiappa.

Lundi, environ 80 personnes ont manifesté devant la Cinémathèque, où Roman Polanski, âgé de 84 ans, a présenté son dernier film, “D’après une histoire vraie”.

MILITANTES FEMEN

Les manifestantes ont tapé sur les vitres et ont brandi des pancartes sur lesquelles était écrit “Si violer est un art, donnez à Polanski tous les Césars”.

Deux militantes Femen, torse nu, ont également perturbé la séance de photo du réalisateur en se précipitant dans le hall d’entrée et en criant “Pas d’honneur pour les violeurs”.

Roman Polanski a reconnu en 1977 avoir eu une relation sexuelle avec une fillette de 13 ans. Il avait alors passé 42 jours en prison avant d’être remis en liberté puis de fuir les Etats-Unis l’année suivante.

Trois autres femmes ont accusé le cinéaste, toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt américain, de les avoir agressées sexuellement alors qu’elles étaient mineures.

L’actrice allemande Renate Langer a porté plainte auprès des autorités suisses en octobre dernier pour des faits présumés survenus en 1972.

Pour l’association Osez Le Féminisme !, à l’initiative de la manifestation, la rétrospective de la Cinémathèque est un affront pour les victimes de violence sexuelle.

“La cinémathèque française ne peut pas, en tant qu’institution culturelle, continuer à préserver, à cultiver l’immunité des agresseurs”, a dit la porte-parole de l’association, Raphaëlle Rémy-Leleu, sur CNews.

Une pétition sur Change.org demandant à la Cinémathèque française d’annuler son hommage au réalisateur a reçu près de 29.000 signatures.

“Il s’agit d’une oeuvre, pas de l’homme. Je n’ai pas à condamner une oeuvre”, a déclaré vendredi la ministre de la culture, Françoise Nyssen, invitée de France Inter.

Caroline Pailliez et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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