October 30, 2017 / 10:33 AM / 9 months ago

Une réforme à un milliard pour l'enseignement supérieur

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a annoncé lundi un plan étudiants de près d’un milliard d’euros qui modifie le système d’accès à l’université pour réduire le taux d’échec et mettre fin aux tirages au sort, provoquant des réactions mitigées des syndicats étudiants.

Le gouvernement a annoncé lundi un plan étudiants de près d'un milliard d'euros qui modifie le système d'accès à l'université pour réduire le taux d'échec et mettre fin aux tirages au sort, provoquant des réactions mitigées des syndicats étudiants. /Photo d'archives/REUTERS/Susana Vera

Cinq cent millions d’euros seront consacrés en cinq ans à la mise en place de ces réformes, notamment à l’ouverture de 130.000 places dans les filières en tension, dans un contexte de hausse du nombre d’étudiants. Cette somme s’ajoute aux 450 millions d’euros déjà intégrés au grand plan d’investissement.

Les bacheliers pourront toujours choisir librement leur filière mais l’accès pourra être conditionné au suivi d’enseignements de rattrapage.

Si la filière est saturée, un examen individuel des dossiers remplacera le tirage au sort - un système “affligeant”, selon le Premier ministre, Edouard Philippe, qui a concerné 169 licences cette année.

Les formations sélectives comme les classes préparatoires aux grandes écoles ou les BTS le resteront.

“C’est une victoire culturelle idéologique d’une réforme qui n’ira pas dans le sens de la sélection”, s’est félicité le président de la Fage, premier syndicat étudiant, Jimmy Losfeld, sur BFMTV.

“Il y aura des parcours d’accompagnement mais, au final, le bachelier ira dans le parcours de son choix”, a-t-il ajouté.

Le président de la Conférence des présidents d’université (CPU), Gilles Roussel, abonde dans le même sens.

“Au lieu d’avoir un tirage au sort, qui est à notre sens complètement injuste, il va y avoir une sorte de choix qui va être plus au mérite. On va expliquer aux jeunes pourquoi ils ont été acceptés en filières en tension et pourquoi ils ne l’ont pas été”, a-t-il dit sur RTL.

Seuls 30% des étudiants obtiennent leur licence en trois ans et seulement 10% de plus en quatre ans, a souligné le chef du gouvernement en présentant le plan étudiants aux journalistes.

“Ce taux d’échec, parmi les plus élevés du monde, est un signe irréfutable et incontestable que le système ne fonctionne pas comme il devrait fonctionner”, a-t-il dit.

La plateforme d’inscription APB, très critiquée, sera remplacée et l’algorithme d’affectation automatique supprimé.

Les établissements pourront proposer des cursus pluridisciplinaires ainsi que des cursus accélérés permettant d’obtenir la licence en deux ans.

“IMPOSER UNE FILIÈRE”

Pour l’Unef, deuxième plus important syndicat étudiant, le gouvernement compte “sans l’assumer, imposer une filière aux lycéens”.

“Le futur APB aura une nouvelle réponse possible: ‘oui, si’”, a écrit l’organisation dans un communiqué.

Selon l’Unef, les parcours d’accompagnement pourraient se traduire par “une année de remise à niveau, un rallongement de cursus universitaire, l’inscription dans un parcours spécifique”.

“Au lieu de mettre en place des dispositifs pédagogiques pour tous les étudiants sur la base du volontariat, le gouvernement fait encore une fois le choix d’imposer des dispositifs particuliers et d’entériner un enseignement supérieur à multiples vitesses”, poursuit l’organisation.

L’Unef estime, par ailleurs, qu’un plan de 500 millions d’euros sur cinq ans “pour accueillir trois millions d’étudiants d’ici 2025 est largement insuffisant pour répondre aux besoins des établissements”.

La secrétaire générale adjointe des Républicains Annie Genevard parle, elle, de “demi-mesures qui ne satisferont ni les étudiants ni les enseignants”.

“En refusant la sélection, en n’imposant aucune remise à niveau, en ne prévoyant aucune validation sérieuse des prérequis, il est à craindre que le système actuel, dont nous mesurons tous les jours l’échec, perdure”, a-t-elle écrit dans un communiqué.

Les étudiants seront rattachés à partir de la rentrée 2018 au régime général de la sécurité sociale, des moyens seront affectés à l’ouverture de centres de soins au sein des établissements et 60.000 logements étudiants supplémentaires doivent être créés.

Un projet de loi sera présenté au conseil des ministres le 22 novembre.

Jean-Baptiste Vey, avec Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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