October 30, 2017 / 7:07 AM / 10 months ago

Etats-Unis: L'enquête russe entre dans une nouvelle phase: l'accusation

WASHINGTON (Reuters) - L’enquête sur l’ingérence présumée de la Russie dans l’élection présidentielle américaine de 2016 prend lundi un nouveau tournant, avec la publication attendue de premières mises en accusation, voire un premier placement en détention.

L'enquête dirigée par le procureur spécial Robert Mueller (photo) sur l'ingérence présumée de la Russie dans l'élection présidentielle américaine de 2016 prend lundi un nouveau tournant, avec la publication attendue de premières mises en accusation, voire un premier placement en détention. /Photo prise le 20 juin 2017/REUTERS/Aaron P. Bernstein

Un grand jury fédéral a approuvé vendredi à Washington ces mises en accusation, placées sous scellé par un juge fédéral, a-t-on appris de source proche du dossier.

L’enquête dirigée par le procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons d’ingérence de la Russie dans la campagne et de collusion des équipes de Donald Trump a jeté une ombre sur les neuf premiers mois de sa présidence et creusé le fossé partisan entre républicains et démocrates.

Les agences de renseignement américaines ont conclu en janvier à l’intervention de la Russie dans la campagne présidentielle en vue de favoriser la victoire de Donald Trump face à la candidate démocrate Hillary Clinton, notamment par une campagne de piratage, la diffusion d’emails démocrates embarrassants et des actions de propagande sur les réseaux sociaux.

Robert Mueller, ancien directeur du Bureau fédéral d’enquête (FBI), a été chargé d’enquêter sur les liens présumés entre certains conseillers de Trump et des gouvernements étrangers, dont la Russie et la Turquie, ainsi que des soupçons de blanchiment d’argent, d’évasion fiscale et d’autres crimes financiers.

L’enquête tente également de déterminer si Donald Trump s’est rendu coupable d’entrave à la justice, en lien notamment avec le renvoi du directeur du FBI James Comey le 9 mai dernier.

James Comey dirigeait alors une enquête fédérale sur des soupçons de collusion avec Moscou et le tollé suscité par son limogeage a entraîné la nomination de Robert Mueller une semaine plus tard.

Donald Trump a d’abord expliqué avoir renvoyé James Comey en raison de sa mauvaise gestion à la tête du FBI mais il a reconnu par la suite, dans une interview à NBC, l’avoir limogé à cause de “cette chose russe”.

Le président américain a démenti en bloc les accusations de collusion et dénoncé une “chasse aux sorcières”. Le Kremlin a nié toute implication.

Dimanche, Donald Trump a tenté de faire diversion sur Twitter, où il a estimé que la question russe était instrumentalisée afin de faire dérailler la réforme fiscale préparée par les républicains.

Le président a salué la “colère et l’unité” des conservateurs, qui réclament selon lui d’une voix unanime une enquête sur la participation financière des démocrates à l’élaboration d’un dossier d’accusation sur ses liens avec la Russie.

Ty Cobb, conseiller juridique de la Maison blanche, a assuré pour sa part que les tweets du président étaient “sans lien avec les activités du procureur spécial, avec lequel il continue de coopérer”.

ENQUÊTE SUR MICHAEL FLYNN

Les équipes du procureur ont longuement interrogé l’ancien secrétaire général de la Maison blanche Reince Priebus, l’ex-porte-parole Sean Spicer et d’autres responsables de l’administration Trump.

En juillet, le domicile de l’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, a fait l’objet d’une perquisition du FBI en vertu d’un mandat émis à la demande de Robert Mueller, qui s’intéresse à des transactions financières et immobilières passées par l’ex-responsable, ainsi qu’à son travail pour un parti politique ukrainien pro-russe.

L’équipe du procureur Mueller enquête également sur Michael Flynn, conseiller de Donald Trump pendant la campagne présidentielle puis éphémère conseiller à la sécurité nationale, avant son renvoi en février dernier.

Michael Flynn a dû renoncer à ce poste après avoir trompé le vice-président Mike Pence sur l’étendue de ses conservations avec l’ambassadeur de Russie à Washington Sergueï Kislyak en 2016.

Selon CNN, qui a révélé ces mises en accusation, un placement en détention pourrait avoir lieu dès lundi.

La perspective d’une arrestation a déclenché des appels à la démission du procureur spécial au sein des alliés de Donald Trump. Sebastian Gorka, ancien conseiller à la Maison blanche parti en aôut dernier, a estimé sur Twitter que Mueller devait être “privé de son autorité” s’il utilisait l’enquête pour mettre en oeuvre des mandats d’arrêt.

La Maison blanche a assuré cet été que Trump n’avait pas l’intention de limoger le procureur spécial, quoiqu’il doute de son impartialité.

Des républicains ont également critiqué la fuite dans la presse de ces mises en accusations et évoqué la possibilité de poursuivre les responsables.

Avec Mark Hosenball, Julie Carriat et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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