October 28, 2017 / 10:43 AM / 9 months ago

La crise en Espagne inquiète les dirigeants français

PARIS (Reuters) - Comme dans le reste de l’Europe, la déclaration d’indépendance de la Catalogne suscite l’inquiétude en France, où le président Emmanuel Macron a apporté son soutien aux autorités de Madrid.

A Barcelone. Comme dans le reste de l'Europe, la déclaration d'indépendance de la Catalogne suscite l'inquiétude en France, où le président Emmanuel Macron a apporté son soutien aux autorités de Madrid. /Photo prise le 27 octobre 2017/REUTERS/Yves Herman

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a annoncé vendredi la destitution de l’exécutif autonome de Catalogne, la dissolution du Parlement régional et la tenue d’élections anticipées le 21 décembre dans la région séparatiste.

Cinq heures plus tôt, le Parlement de Catalogne avait adopté une Déclaration unilatérale d’indépendance, défiant le pouvoir central et accentuant une confrontation politique sans précédent en Espagne depuis la tentative de coup d’Etat de février 1981.

En visite en Guyane, Emmanuel Macron a apporté son “plein” soutien à Mariano Rajoy, tandis que le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, disait son “inquiétude”.

“Je l’ai toujours dit, moi j’ai un interlocuteur en Espagne, c’est le Premier ministre Rajoy et je n’ai pas de commentaire à faire sur des sujets qui sont des sujets intérieurs”, a déclaré Emmanuel Macron.

“Il y a un Etat de droit en Espagne avec des règles constitutionnelles, (Mariano Rajoy) veut les faire respecter et il a mon plein soutien”, a-t-il ajouté.

Jean-Yves Le Drian a dit pour sa part observer “avec inquiétude les développements de la situation en Catalogne”.

“La France souhaite que l’Espagne soit forte et unie”, ajoute le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué. “Elle n’y a qu’un seul interlocuteur qui est le gouvernement de Madrid. La Constitution de l’Espagne doit être respectée”.

Invoquant la primauté de “l’Etat de droit”, la France “ne reconnaît pas la déclaration d’indépendance que le parlement catalan vient d’adopter”, ajoute Jean-Yves Le Drian.

VALLS DÉNONCE UN “COUP DE FORCE”

La présidente socialiste de la région Occitanie, frontalière de l’Espagne, a appelé Madrid et Barcelone à privilégier le “dialogue”, évoquant une “responsabilité historique” de Mariano Rajoy et de l’ex-président de la Generalitat de Catalogne destitué par Madrid, Carles Puigdemont.

“Notre région, par sa géographie et son histoire, possède une histoire particulière avec l’Espagne, et nous avons depuis des décennies des rapports étroits avec notre voisine la Catalogne, dans le cadre de l’Eurorégion”, écrit Carole Delga dans un communiqué publié samedi.

“Face à cette situation de blocage, je veux insister sur la nécessité de retrouver dans les meilleurs délais le chemin du dialogue afin notamment de garantir la paix civile”, ajoute l’ancienne ministre.

Jean-Marc Pujol, le maire (Les Républicains) de la ville de Perpignan, ville des Pyrénées orientales située à une quarantaine de kilomètres de la Catalogne, a appelé sur France 3 à une “nécessaire” médiation entre Madrid et Barcelone.

L’ancien Premier ministre Manuel Valls, natif de Barcelone, a dénoncé pour sa part le “coup de force des indépendantistes”.

“Nous ne pouvons accepter le coup de force des indépendantistes catalans. Pour l’Europe, l’Espagne, la Catalogne, nous sommes avec le gouvernement espagnol”, a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Jean-Guy Talamoni, président nationaliste de l’Assemblée de Corse, reconnaît quant à lui l’indépendance des Catalans.

“Nous saluons la naissance de la République de Catalogne et exprimons notre solidarité à l’égard de son gouvernement et de son peuple”, a-t-il écrit vendredi dans un communiqué, où il regrette que cet événement historique n’intervienne pas dans une situation apaisée”.

Samedi sur CNEWS, l’élu a jugé que “l’Espagne, qui est une démocratie, ne se comporte pas comme telle face à la question catalane”.

Jean-Guy Talamoni a demandé que les responsables européens “cessent avec cette politique de désintérêt affiché car nous risquons d’avoir des tensions s’aggravant en Catalogne et cela doit inquiéter l’ensemble des Européens que nous sommes”.

Elizabeth Pineau, avec Ronan Liétar à Cayenne, édité par Jean-Stéphane Brosse

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