October 26, 2017 / 2:20 PM / in 10 months

Trois candidats pour la présidence des Républicains

PARIS (Reuters) - La Haute autorité des Républicains a rejeté jeudi la candidature du député “sarkozyste” Daniel Fasquelle pour la présidence du parti de droite, validant les trois autres dossiers dont celui du favori Laurent Wauquiez.

La Haute autorité des Républicains a rejeté jeudi la candidature du député "sarkozyste" Daniel Fasquelle pour la présidence du parti de droite, validant les trois autres dossiers dont celui du favori Laurent Wauquiez (photo). /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

“La Haute autorité s’est réunie hier et après avoir délibéré, la liste des candidats telle que nous l’avons arrêtée après tirage au sort (est) M. Maël de Calan, M. Laurent Wauquiez et Mme. Florence Portelli”, a annoncé lors d’une conférence de presse la présidente de cette autorité, Anne Levade.

La candidature du député du Pas-de-Calais a été écartée parce que l’autorité n’a pas “pu constater que le nombre de parrainages requis pour la candidature était atteint”, a ajouté Anne Levade.

“Des recours sont possibles (...) il est tout à fait possible que M. Fasquelle puisse demander des explications”, a-t-elle précisé.

La campagne opposera donc différentes sensibilités, de la droite modérée d’inspiration “juppéiste” incarnée par Maël de Calan au conservatisme identitaire de Laurent Wauquiez, en passant par la nuance “filloniste” de Florence Portelli.

Voici les parcours des trois candidats qui participeront au scrutin qui se tiendra les 10 et 17 décembre prochain.

LAURENT WAUQUIEZ, 42 ans, le favori

Sa déclaration de candidature, le 31 août, a mis fin à un faux suspense tant ce quadragénaire à l’ambition sans fard et à l’éternelle parka rouge laisse paraître depuis longtemps sa volonté de prendre un jour le contrôle du parti.

Pour y parvenir, Laurent Wauquiez a opéré une spectaculaire mue idéologique, lui qui a fait ses débuts dans le giron du député de centre-droit Jacques Barrot avant de s’imposer comme l’un des porte-parole les plus en vue de l’aile droitière de l’UMP, puis des Républicains.

Son discours sur le “cancer de l’assistanat”, son opposition au mariage pour tous ou sa célébration des “racines chrétiennes” de l’Europe lui ont permis de gagner les faveurs du noyau dur des militants et de certaines figures de la “Sarkozie”, comme Brice Hortefeux.

Sa détermination a par ailleurs eu raison des velléités de Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, les deux seuls à pouvoir lui opposer un poids politique équivalent, qui ont justifié leur décision par la crainte d’une nouvelle “guerre des chefs”.

La voie s’est donc dégagée devant ce surdiplômé, d’autant que la primaire de 2016 puis la séquence électorale désastreuse du printemps ont décimé les générations précédentes.

Mais le personnage façonné par Laurent Wauquiez lui vaut aussi de solides inimitiés, surtout parmi les élus modérés qui le soupçonnent de vouloir courtiser l’extrême droite.

Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et certains “juppéistes”, dont le maire de Bordeaux lui-même, ont mis en garde le candidat contre un glissement trop à droite du parti, qui pourrait entraîner une scission de LR.

A ses détracteurs, l’ex-benjamin de l’Assemblée nationale répond en proclamant sa volonté de fédérer toutes les composantes de la droite, jusqu’au “juppéisme” représenté dans son équipe de campagne par Virginie Calmels.

Il met aussi en avant le nombre de ses soutiens : selon lui, plus de 135 parlementaires et plus de 20.500 adhérents lui ont apporté leur parrainage, bien au-delà du nombre requis pour concourir.

“On peut rassembler”, a-t-il encore dit mercredi, mais “sans se renier”.

MAËL DE CALAN, 37 ans, le jeune juppéiste

Le conseiller départemental du Finistère s’est présenté avec une double ambition : incarner une nouvelle génération à droite et faire vivre au sein de LR une ligne moins droitière, plus “sérieuse” et plus “crédible” que celle de Laurent Wauquiez.

“Si on a envie de porter cette ligne à cette élection, c’est parce qu’on pense qu’il est encore possible de trouver une forme de synthèse”, a dit à Reuters l’élu breton, l’un des héritiers politiques d’Alain Juppé.

Le maire de Bordeaux ne lui a pas apporté sa bénédiction officielle, par souci de rester à l’écart de la campagne.

Battu aux législatives de juin par une candidate de La République en marche (LREM), Maël de Calan appartient à la jeune garde de LR freinée dans son ascension par l’émergence du phénomène Emmanuel Macron.

FLORENCE PORTELLI, 39 ans, l’ex-filloniste

La conseillère régionale d’Ile-de-France, qui fut porte-parole de François Fillon pendant la présidentielle et cite Philippe Séguin comme source d’inspiration, se présente pour, dit-elle, “que la droite recouvre sa fierté”.

Dans sa déclaration de candidature, au Figaro, la maire de Taverny (Val-d’Oise) a plaidé pour “une refondation, un fonctionnement démocratisé, un changement radical de statuts et la clarification de la ligne idéologique du parti”.

“Ce qui prendra plusieurs années”, a-t-elle ajouté.

Cyril Camu, avec Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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