October 16, 2017 / 11:57 AM / 10 months ago

L'Onu et le CCNE critiquent la gestion publique de Calais

PARIS (Reuters) - Les Nations unies et le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) ont épinglé lundi la gestion par les pouvoirs publics des flux de migrants en France, et notamment à Calais.

A Calais. Les Nations unies et le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) ont épinglé lundi la gestion par les pouvoirs publics des flux de migrants en France, et notamment à Calais. /Photo prise le 23 août 2017/REUTERS/Pascal Rossignol

Selon l’Onu, quelque 700 migrants sont présents dans le Calaisis, près d’un an après le démantèlement de la “jungle”.

“Beaucoup d’entre eux vivent sans abri et sans un accès adéquat à l’eau potable, des toilettes ou des installations sanitaires”, a relevé un groupe d’experts onusiens, dans un communiqué résumant leur rapport publié lundi, et dénombrent dix toilettes portatives et dix robinets à Calais.

Ils appellent les autorités à mettre en oeuvre “des mesures à long terme” à Calais et dans d’autres régions du Nord.

La gestion des flux de migrants dans le Calaisis par l’Etat français, où le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb entend ne pas créer un nouveau “point de fixation”, a été critiquée à de nombreuses reprises depuis le démantèlement de la “jungle”.

Fin août, le Conseil d’Etat a épinglé une “carence” des autorités, leur demandant de créer des dispositifs d’accès à l’eau et d’organiser un dispositif adapté d’accès à des douches.

Le groupe d’experts de l’Onu a salué cette décision tout en déplorant que “les autorités locales ont refusé de mettre en œuvre des mesures concrètes”.

LA SANTÉ COMME OUTIL DE REFOULEMENT

Le CCNE a ajouté que, “dans ces conditions, la puissance publique se trouve impliquée dans le fait que les migrants peuvent contracter des affections morbides du seul fait de leur présence sur notre territoire”.

“Il n’existe aucune difficulté insurmontable dans une prise en charge honorable et digne des migrants”, a indiqué le comité qui estime que, de fait, “les solutions mises en oeuvre par l’ensemble des acteurs publics ne sont pas à la hauteur des enjeux”.

Le comité a insisté sur le fait que la santé “ne doit en aucun cas pouvoir être instrumentalisée, notamment en maintenant de mauvaises conditions sanitaires comme outil de refoulement”.

Par ailleurs, le CCNE a fait remarquer que “ce dont la France fait grief à la situation de Calais (...), elle le crée aujourd’hui simultanément, à Vintimille, en Italie”.

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, s’est défendu en soulignant que l’avis du CCNE se fondait sur “des constats de terrain datant de février 2017” et que le rapport ne tenait pas compte “des évolutions importantes” survenues depuis.

“Pour prévenir ces campements, le gouvernement mène depuis son arrivée une action déterminée, qui fait intervenir l’action des forces de l’ordre, mais aussi des propositions de mise à l’abri, notamment dans les quatre centres d’accueil et d’examen des situations (CAES) du Nord et du Pas-de-Calais”, a réagi le ministre dans un communiqué.

Pendant l’été, le Défenseur de droits et l’ONG Human Rights Watch avaient critiqué les conditions de vie “inhumaines” des migrants à Calais.

Cyril Camu, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below