October 15, 2017 / 9:40 AM / 8 months ago

Dijsselbloem juge courageuse l'idée d'un budget de la zone euro

WASHINGTON (Reuters) - L’idée d’un budget de la zone euro doté de plusieurs centaines de milliards d’euros est ambitieuse, estime le président de l’Eurogroupe, mais d’autres options plus réalistes existent, des prêts ou des transferts issus du budget de l’Union européenne.

L'idée d'un budget de la zone euro doté de plusieurs centaines de milliards d'euros est ambitieuse, estime le président de l'Eurogroupe, mais d'autres options plus réalistes existent, des prêts ou des transferts issus du budget de l'Union européenne. /Photo prise le 10 juillet 2017/REUTERS/François Lenoir

“Créer un nouveau budget à part entière, à l’intérieur ou à l’extérieur du budget de l’Union européenne, de plusieurs centaines de milliards, est courageux”, a dit Jeroen Dijsselbloem à Reuters samedi à Washington, en marge d’une réunion du Fonds monétaire international (FMI).

Les gouvernements de la zone euro débattent d’une intégration accrue des 19 Etats partageant la monnaie unique, au sein de l’Europe des 28.

Dans un discours prononcé le 26 septembre, le président français, Emmanuel Macron, a avancé d’ambitieuses propositions pour refonder l’Europe, proposant par exemple de doter la zone euro d’un budget mis en oeuvre par un ministre des Finances et contrôlé par son propre parlement.

La nécessité d’un budget de la zone euro, sa taille et ses objectifs, font cependant l’objet d’évaluations diverses selon les pays.

Le mécanisme européen de stabilité (MES), créé pour soutenir les Etats en difficulté pendant les crises financières, et la Banque centrale européenne (BCE) soutiennent l’idée d’un budget alloué à la marge en cas de crise, plutôt qu’à tous les pays du bloc.

COMPROMIS POSSIBLE

La chancelière allemande, Angela Merkel, s’est dite favorable à un budget “réduit”, tandis que le ministère des Finances allemand a jugé la semaine dernière pouvoir se dispenser de tout nouvel instrument budgétaire.

Jeroen Dijsselbloem, qui présentera en décembre les perspectives de réforme de la zone euro aux dirigeants européens, juge important de distinguer prêts et transferts dans ces discussions sur un budget distinct.

Il est crucial qu’un tel budget ne crée aucune mutualisation de la dette, une ligne rouge pour Berlin, qui redoute d’avoir à assumer le fardeau de la dette d’autres pays.

Deux options s’ouvrent donc aux dirigeants, estime Jeroen Dijsselbloem : d’abord créer des “instruments de convergence” afin de transférer des fonds du budget de l’UE vers des pays de la zone euro mettant en oeuvre des réformes.

Ou, seconde option, permettre au MES de proposer des prêts à bas coûts aux pays qui souhaitent financer des réformes tout en soutenant l’investissement.

Suggérant la possibilité d’un compromis entre la France et l’Allemagne, le président de l’Eurogroupe a noté le souhait de Berlin de voir le MES se transformer en un Fonds monétaire européen, rendant inutile la participation du FMI ou de la BCE en cas de crise.

Julie Carriat pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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