October 13, 2017 / 4:46 PM / a year ago

Philippe lance le chantier de la réforme de l'Etat

PARIS (Reuters) - Trois jours après la grève des fonctionnaires, Edouard Philippe a lancé vendredi le chantier de la réforme de l’Etat en mettant sur pied le Comité action publique 2022 (CAP 22) qui sera chargé de définir les réformes structurelles et d’identifier les économies possibles au sein de l’administration.

Trois jours après la grève des fonctionnaires, Edouard Philippe a lancé vendredi le chantier de la réforme de l'Etat en mettant sur pied le Comité action publique 2022 (CAP 22) qui sera chargé de définir les réformes structurelles et d'identifier les économies possibles au sein de l'administration. /Photo prise le 6 octobre 2017/REUTERS/Stéphane Mahé

Composé d’économistes, de chefs d’entreprises, d’élus et de hauts fonctionnaires, ce comité, qui figure dans le projet de loi de programmation des finances publiques 2018-2022, devra remettre son rapport en février 2018.

Le président du conseil d’administration de Safran, Ross McInnes, l’ancien président du Conseil italien Enrico Letta, le haut fonctionnaire suédois Per Molander figurent parmi les 34 membres du comité.

L’objectif pour le gouvernement, qui a fait de la transformation de l’action publique une “priorité”, est de parvenir à réduire les dépenses de l’Etat de 25 milliards d’euros d’ici la fin du quinquennat.

“Il y a des choses qui fonctionnent très bien mais il y a beaucoup de choses qui peuvent être améliorées”, a déclaré le Premier ministre à Matignon, en donnant “carte blanche” aux membres du comité “pour explorer toutes les pistes” et “identifier les doublons et les triplons”.

Au total, 700 millions d’euros seront investis pour accompagner cette “transformation” dans le cadre du grand plan d’investissement sur les cinq ans à venir, dont 200 millions d’euros dès 2018. L’accent sera mis sur le numérisation, conformément à l’engagement d’Emmanuel Macron de parvenir à 100% de services dématérialisés d’ici 2022.

Le comité pourrait être amené à proposer des transferts entre les différents niveaux de collectivités publiques, des transferts au secteur privé, “voire des abandons de missions”, pouvait-on lire dans une circulaire publiée fin septembre. Il sera également chargé d’identifier les chevauchements et les “doublons de compétences qui sont source de coûts injustifiés”.

SUCCÈDE A LA RGPP ET A LA MAP

Ses conclusions, qui seront remises à Emmanuel Macron et Edouard Philippe, pourraient notamment permettre d’identifier 50.000 postes dans la fonction publique d’Etat (FPE) destinés à être supprimés d’ici la fin du quinquennat.

A ce comité d’action 22 s’ajouteront cinq chantiers transversaux (simplification administrative, amélioration de la qualité de service, transformation numérique, rénovation du cadre des ressources humaines, organisation territoriale et modernisation de la gestion budgétaire et comptable).

Un “Grand Forum de l’action publique”, chargé de recueillir les attentes et les propositions des citoyens, sera également mis en place.

Cette triple initiative, qui succède à la Révision générale des politiques publiques (RGPP) de Nicolas Sarkozy et à la Modernisation de l’action publique (MAP) de François Hollande, doit nourrir les projets de transformation des ministres qui les présenteront en conseil des ministres d’ici l’été.

Elle survient dans un contexte de grogne des fonctionnaires, qui estiment être la variable d’ajustement des politiques budgétaires.

Ils étaient plus de 200.000 - 400.000 selon les syndicats - à manifester mardi pour protester contre le gel du point d’indice, qui sert au calcul de leurs rémunérations, le rétablissement d’un jour de carence en cas d’arrêt maladie et la suppression prévue de 120.000 postes d’ici 2022.

A l’issue d’un entretien avec Emmanuel Macron jeudi, le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a indiqué avoir fait part au chef de l’Etat du “malaise dans la fonction publique” et a émis des réserves sur la méthode gouvernementale.

“J’ai demandé à ce qu’il y ait un vrai débat sur le rôle et les missions du service public”, a-t-il dit à la presse. “Ce débat n’a jamais eu lieu, ce que le gouvernement prévoit pour le moment ce n’est pas ça, un groupe d’expert plus un forum, nous on veut un vrai débat”.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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