12 octobre 2017 / 17:49 / dans 2 mois

Les Etats-Unis et Israël se retirent de l'Unesco

PARIS (Reuters) - Les Etats-Unis, suivis d‘Israël, ont annoncé jeudi leur retrait de l‘Unesco, accusant l‘organisation de l‘Onu basée à Paris de discrimination anti-israélienne.

Les Etats-Unis, suivis d'Israël, ont annoncé jeudi leur retrait de l'Unesco, accusant l'organisation de l'Onu basée à Paris de discrimination anti-israélienne. /Photo prise le 4 octobre 2017/REUTERS/Philippe Wojazer

La décision du Premier ministre israélien a été annoncée quelques heures après l‘annonce par le département d‘Etat américain du retrait des Etats-Unis au 31 décembre 2018.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a salué dans un communiqué une mesure “courageuse et morale” et précisé qu‘il avait donné instruction à son ministre des Affaires étrangères de lancer les procédures requises en vue d‘une sortie de l‘institution dont Israël était membre depuis 1949.

Avant lui, l‘ambassadeur d‘Israël à l‘Onu, Danny Dannon, s‘était félicité d’“un tournant”.

“L‘Unesco était devenue un champ de bataille pour le dénigrement anti-israélien. (...) C‘est le prix à payer de la discrimination envers Israël”, dit-il dans un communiqué.

Les retraits américain et israélien portent un rude coup à une institution déjà affaiblie par des difficultés financières et des luttes intestines, alors même qu‘elle procède à l‘élection de son prochain directeur général.

L‘unilatéralisme revendiqué de Donald Trump (“America First”, “l‘Amérique d‘abord”) trouve là une nouvelle traduction.

Depuis son arrivée au pouvoir, les Etats-Unis se sont retirés de l‘accord de Paris sur le climat de 2015, désengagés du “Partenariat Trans-Pacifique”, un traité de libre-échange visant à intégrer les économies des régions Asie-Pacifique et Amérique, et ont entrepris de renégocier l‘Accord de libre-échange nord-américain qui les lie au Canada et au Mexique.

Les Etats-Unis, alliés d‘Israël, avaient cessé leur contribution financière à l‘Unesco en 2011 à la suite de l‘admission de la Palestine.

“UNE PERTE POUR LA FAMILLE DES NATIONS UNIES”

“Cette décision n‘a pas été prise à la légère”, dit le département d‘Etat américain dans un communiqué.

Elle “reflète les préoccupations américaines quant aux arriérés croissants de l‘Unesco, à la nécessité d‘une réforme fondamentale de l‘organisation et à des préjugés anti-israéliens persistants”, dit-il.

En vertu du règlement de l‘Unesco, le retrait américain sera effectif le 31 décembre 2018. Les Etats-Unis auront ensuite un statut d‘observateurs.

Après la décision américaine, la directrice générale de l‘Organisation des Nations unies pour l‘éducation, les sciences et la culture, Irina Bokova, a regretté “une perte pour la famille des Nations Unies”, à un moment “où la lutte contre l‘extrémisme violent appelle à un renouveau des efforts pour l‘éducation et le dialogue des cultures”.

Elle n‘a pas réagi dans l‘immédiat à l‘annonce israélienne.

Irina Bokova a notamment rappelé la collaboration de l‘Unesco avec l‘écrivain américain Samuel Pisar, décédé en 2015, l‘un des plus jeunes survivants de la Shoah, “afin de partager l‘histoire de l‘Holocauste pour lutter contre l‘antisémitisme”.

A Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dimitry Peskov, a déploré “une triste nouvelle”.

Pour Eleanora Mitrofanova, ancienne ambassadrice de Russie à l‘Unesco, “ce n‘est pas un problème, il sera plus facile pour l‘Unesco de travailler sans eux” (les Etats-Unis-NDLR). “Ils n‘ont été d‘aucune utilité pour l‘organisation ces dernières années”.

Les 58 membres du conseil exécutif de l‘Unesco votent depuis lundi à bulletin secret afin de désigner à la majorité des voix leur futur dirigeant pour un mandat de quatre ans.

La candidature de la France “prend, dans ces circonstances, une signification nouvelle”, déclare le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué. “L’Unesco a plus que jamais besoin d’un projet dans lequel tous les Etats membres puissent se retrouver”.

La Française Audrey Azoulay était en ballottage délicat jeudi à l‘issue du quatrième tour de scrutin.

Le Qatari Hamad bin Abdulaziz Al-Kaouari s‘est qualifié avec 22 voix pour le cinquième et dernier tour de vendredi, devant l‘ancienne ministre française de la Culture et l‘Egyptienne Mouchira Khattab, à égalité avec 18 voix. Un tour de scrutin spécifique devait départager celles-ci avant le duel final, a-t-on appris de source diplomatique.

Sophie Louet, avec Yara Bayoumy à Washington, John Irish et Cyril Camu à Paris et Dmitri Soloviov à Moscou, édité par Simon Carraud

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