12 octobre 2017 / 09:28 / il y a 2 mois

Macron lance son deuxième chantier social

PARIS (Reuters) - Les partenaires sociaux ont présenté jeudi à Emmanuel Macron leurs lignes rouges concernant les prochaines réformes sur la formation professionnelle, l‘apprentissage et l‘assurance chômage, deuxième grand chantier social du quinquennat.

Les partenaires sociaux ont présenté jeudi à Emmanuel Macron leurs lignes rouges concernant les prochaines réformes sur la formation professionnelle, l'apprentissage et l'assurance chômage, deuxième grand chantier social du quinquennat. /Photo prise le 11 octobre 2017/REUTERS/François Mori

Cette nouvelle vague de réformes, promesses de campagne du chef de l‘Etat, doit déboucher sur un projet de loi qui sera présenté au printemps prochain - en avril - pour une entrée en vigueur des réformes au 1er janvier 2019.

“On a fait un premier tour d‘horizon”, a dit le secrétaire général de Force ouvrière (FO) Jean-Claude Mailly, premier leader syndical à être reçu par le chef de l‘Etat à l‘Elysée.

Son homologue de la CGT, Philippe Martinez a, lui, adressé une mise en garde au gouvernement, trois semaines après la promulgation de la réforme du Code du travail, fortement contestée par leurs militants.

“J‘ai rappelé au président de la République que se voir c‘est bien, discuter ça sert toujours mais que nous n‘avions pas de têtes d‘alibis”, a dit Philippe Martinez, précisant ne pas “avoir tourné la page” sur les ordonnances réformant le Code du travail.

Parmi les mesures phares des nouvelles réformes, l‘ouverture de l‘assurance chômage aux indépendants et, une fois tous les cinq ans, aux salariés démissionnaires.

Le coût de ce dispositif a été estimé, selon Les Echos, entre 8 et 14 milliards d‘euros la première année puis entre trois à cinq milliards d‘euros les années suivantes, un chiffre que n‘a pas confirmé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

“FAIRE LE TRI”

Pour le président du Medef, Pierre Gattaz, “cette équation économique est encore compliquée”. “Il y a une répartition à faire. (...) On parle en milliards d‘euros et il n‘est pas question qu‘on augmente le coût du travail”, a-t-il déclaré.

Sur la question de la gouvernance de l‘assurance chômage, qui inquiète notamment FO, Emmanuel Macron a indiqué lors de ses entretiens qu‘il souhaitait une “présence renforcée ”de l‘Etat tout en conservant en son sein les organisations patronales et syndicales, a fait savoir l‘Elysée.

“J‘ai insisté sur le fait que nous tenions à avoir notre responsabilité en ce qui concerne les salariés, sur la définition des prestations et de l‘indemnisation”, a dit Jean-Claude Mailly. “Quand on gère à trois, il y en a toujours deux contre un et ça tourne, je ne pense pas que ce soit le meilleur système.”

Le gouvernement souhaite par ailleurs entreprendre une refonte totale de l‘apprentissage et de la formation professionnelle, un secteur qui a coûté 31,6 milliards d‘euros en 2014, selon le ministère du Travail.

Il a annoncé, à cette fin, un investissement massif additionnel de 15 milliards d‘euros sur le quinquennat pour former un million de chômeurs et un million de jeunes.

“Il faut faire le tri dans les organismes de formation. Aujourd‘hui, tout le monde peut monter une boite de formation (...) il n‘y a aucun contrôle qui est fait”, a estimé Jean-Claude Mailly à propos des 66.362 organismes de formation qui existaient en 2013.

Le président du Medef, Pierre Gattaz réclame, quant à lui, “la main” totale ou en “co-responsabilité” sur la filière de l‘apprentissage.

CLIMAT SOCIAL TENDU

Emmanuel Macron, qui a également reçu François Hommeril (CFE-CGC), Alain Griset (U2P), Philippe Louis (CFTC) et François Asselin (CPME), recevra vendredi matin le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger.

L‘ensemble des partenaires sociaux rencontreront ensuite, entre le 17 et 19 octobre, le Premier ministre Edouard Philippe avant d‘entamer à proprement parler les discussions avec Muriel Pénicaud.

Selon plusieurs syndicats, notamment FO et la CFTC, les discussions sur la formation professionnelle devraient prendre la forme d‘une négociation. Les partenaires sociaux devront donc s‘entendre sur les mesures à mettre en place en suivant une feuille de route transmise par le gouvernement.

Les autres réformes feront l‘objet d‘une concertation, même méthode que celle employée pour la réforme du Code du travail, ce qui signifie que le gouvernement aura le dernier mot.

Le lancement de ce chantier intervient dans un climat social tendu. L‘incertitude plane sur l‘attitude qu‘adopteront pendant les discussions les partenaires sociaux, notamment FO et la CFE-CGC qui font face à une base désireuse d‘en découdre et mécontente de la concertation sur la réforme du Code du travail.

Réunis lundi soir, les syndicats ont prévu de se revoir le 24 octobre. La CGT a, elle, appelé à manifester une nouvelle fois le 19 octobre pour le retrait des ordonnances.

Caroline Paillez et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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