October 11, 2017 / 1:32 PM / a year ago

Les préfets appelés à la vigilance maximum après Marseille

PARIS (Reuters) - Une circulaire va être envoyée aux préfets dans les prochains jours pour les appeler faire preuve d’une “vigilance maximum”, dix jours après l’attentat de Marseille qui a illustré des dysfonctionnements de l’administration, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

Une rue aux alentours de la gare Saint-Charles, entourée des forces de l'ordre après l'attentat de Marseille. Une circulaire va être envoyée aux préfets dans les prochains jours pour les appeler faire preuve d'une "vigilance maximum", dix jours après l'attentat de Marseille qui a illustré des dysfonctionnements de l'administration, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. /Photo prise le 1er octobre 2017/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Le rapport de l’inspection générale de l’administration (IGA) “a mis en lumière une série de dysfonctionnements internes qui ont conduit à ce que l’auteur de l’attentat soit remis en liberté alors qu’il avait été interpellé à Lyon en situation irrégulière”, a-t-il dit.

“Chacun doit avoir en tête que nous devons être à un niveau de vigilance maximum et qu’effectivement ça peut amener à des décisions lourdes comme celle de la réorganisation de l’état-major de la préfecture du Rhône”, a-t-il ajouté lors du compte rendu du conseil des ministres. “Mais ça doit surtout appeler l’attention de chacune et chacun, à tous les niveaux de l’administration, sur cette vigilance absolument essentielle”.

Ahmed Hanachi, qui a tué deux jeunes filles à Marseille le 1er octobre, était déjà connu pour de multiples infractions sous différentes identités. Il avait été arrêté le 29 septembre à Lyon après un vol à l’étalage et relâché au terme de sa garde à vue, deux jours avant ce double homicide.

A la suite de l’enquête de l’IGA, dont les conclusions ont été rendues mardi par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, le gouvernement a mis fin aux fonctions du préfet du Rhône Henri-Michel Comet et à celles du secrétaire général de la préfecture, Xavier Inglebert.

Ils ont été respectivement remplacés par le préfet de la région Provence-Alpes-Côte D’Azur, Stéphane Bouillon, et par le secrétaire général de la préfecture de Loire-Atlantique, Emmanuel Aubry, dont les nominations ont été actées en conseil des ministres ce mercredi.

“VICTIME EXPIATOIRE”

“Il ne s’agit nullement d’un acte d’autorité”, a souligné Christophe Castaner. “L’acte d’autorité aurait été nécessaire s’il y avait eu une faute individuelle. Il n’y a pas de faute individuelle. Il y a un dysfonctionnement global - qui aboutit à une situation extrêmement grave - sur lequel il fallait tirer un enseignement.”

Pour le président Les Républicains (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, le préfet du Rhône est une “victime expiatoire”.

“Qui peut croire un seul instant que ce soit juste un préfet qui soit en cause?”, a dit l’élu sur RTL. “Ça ressemble un peu trop à un habitude classique qu’on a : on fait sauter un préfet pour éviter qu’un ministre assume”.

A la question de savoir si Gérard Collomb devait démissionner, il a répondu : “bien évidemment non, il devrait assumer de se poser les vraies questions”, notamment celle sur la reconduite à la frontière.

“La question ce n’est pas un homme, c’est la défaillance de l’Etat de droit dans notre pays”, a-t-il ajouté.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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