October 10, 2017 / 3:25 PM / 10 months ago

La menace d'un front social recule

PARIS (Reuters) - La désunion des organisations syndicales des salariés du privé a permis d’éloigner la menace d’un front social contre le nouveau Code du travail mais les autres réformes à venir pourraient rallumer la contestation et l’amplifier.

Le secrétaire général de la de Force ouvrière Jean-Claude Mailly. La désunion des organisations syndicales des salariés du privé a permis d'éloigner la menace d'un front social contre le nouveau Code du travail mais les autres réformes à venir pourraient rallumer la contestation et l'amplifier. /Photo prise le 10 octobre 2017/REUTERS/Robert Pratta

Les organisations syndicales, qui se rencontraient lundi soir au siège de la CGT, ont échoué à s’entendre sur une ligne directrice contre la réforme du Code du travail.

Résultat: FO et la CFE-CGC, qui étaient prêtes à rejoindre le mouvement de contestation, n’ont pas emboîté le pas à la CGT pour une nouvelle mobilisation le 19 octobre.

“Tout le monde n’a pas la même conception de ce qu’il convient de faire pour peser sur les événements”, a dit la secrétaire générale adjointe de la CFDT, Véronique Descacq, à l’issue de la rencontre.

Trouvant peu efficace l’idée de manifester uniquement contre les ordonnances Travail, la plupart des syndicats préfèrent attendre de rencontrer le président de la République en fin de semaine puis le Premier ministre, dans un deuxième temps, pour en savoir plus sur les réformes sur la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance chômage.

“Nous pensons que les ordonnances sont derrière nous et que les sujets sont surtout devant nous pour qu’il y ait de la sécurisation des parcours professionnels des salariés”, a dit le secrétaire général de la CFTC, Bernard Sagez, lundi.

Même discours du côté de Force ouvrière. “Je n’ai pas un mandat pour demander le retrait global des ordonnances puisqu’on a obtenu certaines choses”, a dit mardi le secrétaire général de la centrale, Jean-Claude Mailly, qui participait aux manifestations des fonctionnaires à Lyon.

PAS “UNIQUEMENT” SUR LES ORDONNANCES

“Après, il y a d’autres dossiers qui arrivent: assurance chômage, les retraites l’année prochaine, la question du service public” a ajouté Jean-Claude Mailly, sommé par sa base d’organiser une journée de mobilisation intersyndicale avant la ratification des ordonnances.

Il précise toutefois que cette manifestation ne peut se baser “uniquement” sur le Code du travail.

Les syndicats sont convenus de se retrouver le 24 octobre pour “faire le point”. Si une journée de mobilisation était décidée, elle devrait avoir lieu à la mi-novembre.

Depuis la présentation des ordonnances le 31 août dernier, seule la CGT, soutenue par Solidaires, la FSU et le syndicat étudiant Unef, ont organisé des manifestations pour dénoncer ce qu’ils considèrent être un détricotage du Code du travail.

Mais les manifestations ont été peu suivies par les salariés du privé: 223.000 personnes, principalement des militants, ont participé aux mobilisations du 12 septembre, selon le ministère de l’Intérieur, puis 132.000, le 21 septembre.

Au plus fort des manifestations contre la loi Travail, dite El Khomri, au printemps 2016, on comptait plus de 400.000 personnes dans les rues.

LA FONCTION PUBLIQUE, UN “THERMOMÈTRE”

“Il y a une partie du monde syndical qui évolue vers le sens de la réforme, qui préfère, plutôt que le blocage, la réforme et la négociation”, a dit mardi le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, sur CNews.

Mais les syndicats du privé regardent avec attention la manifestation unitaire des fonctionnaires de mardi qui pourrait donner, selon eux, un élan à un mouvement interprofessionnel unitaire. Mais le mouvement a été inégalement suivi.

“Même si on n’est que sur la Fonction publique le 10, c’est déjà un premier thermomètre”, a dit Pascal Pavageau, le secrétaire confédéral de FO à l’issue de la rencontre intersyndicale.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez a dit lundi matin sur franceinfo vouloir faire “converger tous (les) mécontentements”, évoquant les fonctionnaires, les retraités, les cheminots, les routiers et les salariés du privé.

Fidèle à sa ligne, la CFDT, qui refuse de manifester, entend faire valoir ses positions auprès d’Emmanuel Macron. Elle estime avoir ainsi plus d’impact qu’en manifestant.

Emmanuel Macron “peut s’inquiéter de la réception qu’on va faire à ses projets et aux contre-propositions qu’on pourrait amener”, a dit Véronique Descacq. “Déjà sur l’assurance chômage, les organisations syndicales se sont vues et travaillent ensemble à un certain nombre de propositions”.

Avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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