August 9, 2017 / 3:17 PM / a year ago

L'opposant kényan Raila Odinga dénonce une fraude électorale massive

NAIROBI (Reuters) - Raila Odinga, candidat de l’opposition à la présidence du Kenya, a rejeté mercredi les résultats provisoires de l’élection publiés par la commission électorale, dénonçant une fraude informatique “massive et généralisée”.

Raila Odinga (photo), candidat de l'opposition à la présidence du Kenya, a rejeté mercredi les résultats provisoires de l'élection publiés par la commission électorale, dénonçant une fraude informatique "massive et généralisée". /Photo prise le 9 août 2017/REUTERS/Thomas Mukoya

La commission électorale kényane a démenti cette accusation et son président Wafula Chebukati a assuré que le système informatique et les bases de données de la commission n’avaient été à aucun moment piratés durant le vote.

Un décompte encore partiel publié à 16h30 GMT par la commission électorale attribue une avance confortable au président sortant, Uhuru Kenyatta. Portant sur 97% des bureaux de vote, il le crédite de 54,3% des voix, soit près de 1,4 million de voix de plus qu’Odinga, donné à 44,8%.

“Ils sont fictifs, ils sont faux”, a dit de ces chiffres l’opposant lors d’une conférence de presse, ajoutant que la commission électorale n’avait pas respecté l’obligation de fournir les formulaires de certification des résultats, signés par des observateurs des partis dans chaque bureau de vote.

Il a déclaré plus tard dans la journée que les systèmes et bases de données de la commission électorale avaient été piratés dans la nuit en utilisant les identifiants de Chris Msando, un haut responsable de la commission assassiné la semaine dernière et dont le corps mutilé a été retrouvé dans une morgue de Nairobi.

Il a appelé ses partisans au calme mais a prévenu: “Je ne contrôle pas le peuple.”

Peu après sa déclaration, la police kényane a tiré à balles réelles dans la ville de Kisumu sur des manifestants qui lançaient des pierres et protestaient contre le résultat de l’élection présidentielle.

Dans la capitale, Nairobi, un partisan d’Odinga a été tué par la police dans le bidonville de Mathare, ont dit des témoins.

MISE EN GARDE DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

Des incidents ont été signalés dans la ville de Kisumu, dans l’ouest du pays, où les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser une centaine de partisans d’Odinga.

Le ministre kényan de l’Intérieur, Fred Matiang’i, a averti mercredi qu’il prendrait des mesures contre les personnes diffusant des informations sur les réseaux sociaux qui pourraient mettre en danger la sécurité nationale dans l’attente des résultats définitifs.

L’opposition juge particulièrement suspect que le score prêté à Kenyatta se soit maintenu à un niveau constant à mesure que le dépouillement se poursuivait et a estimé les chiffres contraires à ses propres projections.

D’après les remontées de résultats de son parti, Odinga l’emporterait avec 8,1 millions de voix contre 7,2 millions pour le président sortant.

Les missions étrangères d’observation ont refusé de s’exprimer sur les chiffres partiels communiqués par la commission et elles ont appelé toutes les parties au calme alors que ces résultats continuent d’être comparés aux formulaires papier.

La loi kényane précise que les résultats de chaque bureau doivent être enregistrés sur un formulaire signé par les observateurs de chaque parti, puis publiés en ligne par la commission. La mesure est destinée à éviter les fraudes et à permettre aux partis des contre-vérifications.

Odinga, en lice aux deux précédentes élections du pays, est sorti perdant des deux scrutins, des défaites qu’il a attribuées à des fraudes électorales.

En 2007, Raila Odinga avait contesté le résultat - la victoire de Mwai Kibaki - et appelé à des manifestations. Plus de 1.200 personnes avaient trouvé la mort dans les affrontements ethniques qui s’étaient ensuivis.

En 2013, la contestation est restée pacifique, l’opposant choisissant la voie des tribunaux.

Avec Maggie Fick à Kisumu, Katharine Houreld, George Obultusa, John Ndiso et Rajiv Golla à Nairobi; Julie Carriat, Henri-Pierre André et Arthur Connan pour le service français, édité par Tangi Salaün

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below