July 31, 2017 / 9:26 AM / a year ago

Collomb renforce le dispositif d'accueil des migrants dans le Nord

PARIS (Reuters) - Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a annoncé lundi l’ouverture de deux nouveaux centres pour migrants dans les Hauts-de-France sur fond de critiques des conditions d’accueil à Calais décrites comme “indignes” par le Défenseur des droits.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé lundi l'ouverture de deux nouveaux centres pour migrants dans les Hauts-de-France sur fond de critiques des conditions d'accueil à Calais décrites comme "indignes" par le Défenseur des droits. /Photo prise le 12 juillet 2017/REUTERS/Philippe Wojazer

Il a également annoncé avoir demandé un rapport sur les pratiques policières vis-à-vis des migrants à Calais, cinq jours après la publication d’un document de Human Rights Watch dénonçant un usage de gaz poivre par les forces de l’ordre.

Ces deux annonces surviennent quelques heures après la validation par le Conseil d’Etat de la mise en place de points d’eau et de sanitaires pour les migrants de Calais, une décision en forme de revers pour l’Intérieur et la mairie de Calais qui avaient fait appel du tribunal administratif de Lille.

“Nous connaissons de nouveau depuis le début de l’année un certain nombre de difficultés puisque nous avons environ 350 à 400 migrants qui sont aujourd’hui sur Calais”, a déclaré Gérard Collomb lors d’une conférence de presse à Paris.

Nous avons le “souci constant de ne pas organiser à Calais même des centres d’hébergement mais de faire en sorte que nous puissions, à proximité, offrir une solution d’hébergement qui permettrait d’accélérer les situations administratives des personnes prises en charge et de les orienter vers une situation adaptée”, a-t-il ajouté.

Deux centres vont donc s’ouvrir à Troisvaux (Pas-de-Calais) et à Bailleul (Nord) dans les dix prochains jours avec une capacité d’accueil de 300 personnes au total.

BRAS DE FER

Les associations de défense des migrants sont engagées depuis plusieurs mois dans un bras de fer avec les autorités sur la question de l’accueil des migrants à Calais toujours présents dans la région, malgré le démantèlement de la “jungle” en octobre dernier.

Dernier acte en date de cette épreuve de force, la validation lundi par le Conseil d’Etat du jugement en référé du tribunal administratif de Lille. Ce dernier a enjoint le 26 juin au préfet et à la mairie de créer des dispositifs d’accès à l’eau permettant aux migrants de boire et de se laver.

“Lorsque la carence des autorités publiques expose des personnes à être soumises à un traitement inhumain ou dégradant (...), le juge des référés peut prescrire toutes les mesures de nature à faire cesser la situation résultant de cette carence”, estime le Conseil d’Etat dans un communiqué.

Le Conseil d’État “relève que ces migrants, qui se trouvent dans un état de dénuement et d’épuisement, n’ont accès à aucun point d’eau ou douche ni à des toilettes”, ils ne “peuvent ainsi ni se laver ni laver leurs vêtements”.

“Ils souffrent en conséquence de pathologies, de divers troubles liés à une mauvaise hygiène ou encore de plaies infectées ainsi que de graves souffrances psychiques”, ajoute la plus haute juridiction administrative française, qui pointe “une carence” des autorités publiques.

Prenant acte de la décision du Conseil d’Etat lors de sa conférence de presse, Gérard Collomb a annoncé la mise en place de “sites mobiles”, afin de “faire en sorte que celles et ceux qui sont là puissent avoir des conditions d’hygiène qui soient correctes et en même temps ne pas les fixer dans un seul lieu”.

La maire de Calais, Natacha Bouchart (Les Républicains) a de son côte indiqué qu’elle ne donnerait pas suite “aux injonctions qui lui ont été faites”.

“S’il ne saurait être question de mésestimer la situation d’extrême précarité des migrants, je ne puis accepter de mettre en place des installations qui réuniraient à nouveau les conditions de création de campements, de bidonvilles, et de points de fixation”, explique-t-elle dans un communiqué.

“La décision de justice du Conseil d’Etat est une injustice pour les Calaisiens, car elle les met de nouveau sous la menace de la recréation d’une énième Jungle”, ajoute-t-elle.

Marine Pennetier, avec Reuters TV, édité par Yves Clarisse

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