July 25, 2017 / 1:30 PM / a year ago

Les syndicats durcissent le ton sur le Code du travail

PARIS (Reuters) - Les organisations syndicales, qui ont achevé leur concertation avec le gouvernement sur la réforme du Code du travail, ont haussé le ton mardi devant les dernières propositions de l’exécutif menacé d’une rentrée difficile sur le plan social.

Les organisations syndicales, qui ont achevé leur concertation avec le gouvernement sur la réforme du Code du travail, ont haussé le ton mardi devant les dernières propositions de l'exécutif menacé d'une rentrée difficile sur le plan social. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

“Ça commence à monter”, a déclaré le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, à l’issue d’une dernière rencontre avec le Premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Si le Premier ministre, “ne veut pas de coalition des mécontentements, il faut qu’il nous écoute et qu’il nous entende (...) J’ai été cash. Maintenant, c’est à lui de prendre ses responsabilités”.

La CFDT a abondé dans le même sens.

“Nous lui avons clairement dit que nous sentions aujourd’hui que nous étions à la croisée des chemins”, a déclaré son secrétaire, Laurent Berger. “Si la CFDT avait le sentiment que le choix était fait d’une simplification pure et simple, sans renforcement du dialogue social, nous nous opposerions à cette réforme”.

La concertation a permis d’organiser 48 rencontres avec les partenaires sociaux, soit six par organisation. Le gouvernement s’apprête maintenant à rédiger les ordonnances qui lui permettront de mettre en place les nouvelles mesures dès septembre, après le feu vers du Parlement, attendu pour fin juillet, début août.

“On est au pied du mur. Je crois qu’il faut maintenant faire ces réformes. Elles sont attendues des forces économiques françaises avec grande impatience, mais surtout des investisseurs étrangers”, a dit mardi le président du Medef, Pierre Gattaz, à l’issue de sa rencontre avec Edouard Philippe.

BOULEVERSEMENT DES RAPPORTS DE FORCES

Sur la table: la mise en place d’une nouvelle articulation entre accords de branche et accords d’entreprise; la simplification du dialogue social; et une modification du régime juridique de la rupture du contrat de travail.

Ce dernier sujet inquiète justement les organisations syndicales. Il comprend une série de mesures controversées comme la mise en place d’un barème encadrant les indemnités prud’homales ou la redéfinition des modalités entourant les licenciements économiques.

“Si notamment sur le troisième bloc, ce qui circule est confirmé, c’est la République en marche, mais en marche arrière”, a poursuivi Jean-Claude Mailly, qui n’accepterait pas, par exemple, que l’on baisse trop le plancher des indemnités prud’homales, pour l’instant fixé à six mois de salaire à partir de deux années d’ancienneté.

Si Force ouvrière changeait de cap, cela pourrait bouleverser les rapports de force. La CGT, jusque-là isolée dans sa mobilisation, pourrait retrouver son allié du temps des manifestations contre la loi Travail de 2016, dite El Khomri.

Cette coalition qui avait réuni, en plus de la CGT et de FO, les syndicats étudiants ainsi que des mouvements comme “Nuit debout”, avait forcé le gouvernement précédent à supprimer les mesures les plus contestées de la première version de son texte, en mars 2016, dont le barème obligatoire encadrant les indemnités prud’homales.

La CGT a déjà appelé à une manifestation le 12 septembre prochain. “Ça donne le ton par rapport aux craintes que nous avons”, a dit son secrétaire général, Philippe Martinez, à la presse lundi. “Ils ont décidé de casser le Code du travail, qu’il y ait moins de droits pour les salariés. Il faut que les salariés réagissent.”

Le gouvernement dit avoir obtenu de ces discussions un “satisfecit global sur la méthode” qui a permis à chacun de “comprendre les objectifs” et de “s’exprimer”.

Pour l’exécutif, c’est surtout le volet sur le dialogue social qui ferait tiquer les organisations syndicales. “Les positions sont bien plus tranchées” sur ce dossier, admet-on dans l’entourage de Matignon.

Les centrales ont effectivement dénoncé, dans les derniers jours, le projet de fusion des instances représentatives du personnel ainsi que la possibilité pour les petites entreprises sans délégué syndical de négocier directement avec les salariés.

“On s’inquiète qu’il y ait une stratégie de contournement des organisations syndicales”, avait dit la secrétaire générale adjointe de la CFDT à Reuters, Véronique Descacq, la semaine dernière.

Edité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below