July 13, 2017 / 1:44 PM / in a year

Décès de l'opposant chinois Liu Xiaobo

PEKIN (Reuters) - L’opposant chinois Liu Xiaobo, lauréat du prix Nobel de la paix en 2010, est décédé à l’âge de 61 ans, annoncent les autorités de Shenyang, où il était hospitalisé pour un cancer du foie en phase terminale.

L'opposant chinois Liu Xiaobo, lauréat du prix Nobel de la paix en 2010, est décédé à l'âge de 61 ans, annoncent les autorités de Shenyang, où il était hospitalisé pour un cancer du foie en phase terminale. /Photo prise le 13 juillet 2017/REUTERS/Bobby Yip

Plusieurs de ses organes étaient atteints et il a été impossible de le sauver, précisent les services juridiques de cette ville du nord-est de la Chine, dans un bref communiqué diffusé sur internet.

Condamné en 2009 à onze ans de prison pour subversion après avoir participé à la rédaction de la “Charte 08”, une pétition qui demandait d’importantes réformes démocratiques, Liu Xiaobo avait été transféré fin juin de sa prison à l’hôpital de Shenyang.

Pour le comité Nobel, “le gouvernement chinois porte une lourde responsabilité dans son décès prématuré”.

“Nous jugeons très troublant que Liu Xiaobo n’ait pas été transféré où il aurait pu recevoir un traitement médical adéquat avant d’arriver en phase terminale”, déplore Berit Reiss-Anderssen, présidente du comité, dans un courrier électronique transmis à Reuters.

Parlant d’ingérence dans leurs affaires intérieures, les autorités chinoises sont restées sourdes aux appels des mouvements de défense des droits de l’homme et des pays occidentaux qui les ont invitées à laisser Liu quitter le pays pour se faire soigner, comme il l’a souhaité.

“UN HÉRITAGE POUR LES GÉNÉRATIONS FUTURES”

Deux médecins étrangers, un Américain et un Allemand, ont été autorisés à l’examiner samedi et l’ont jugé transportable, ce que l’hôpital disait impossible en raison de son état. Liu et sa famille ont, selon eux, exprimé le souhait qu’il soit soigné aux Etats-Unis ou en Allemagne.

Zeid Ra’ad al Hussein, haut commissaire de l’Onu aux droits de l’homme, a demandé jeudi à Pékin de respecter la liberté de mouvement de son épouse, Liu Xia, et de l’autoriser à quitter le pays si elle le souhaite. Elle est en résidence surveillée depuis 2010.

“Malgré l’emprisonnement et la séparation avec la femme qu’il adorait, qui auraient pu alimenter sa colère et son amertume, Liu Xiaobo disait ne pas éprouver de haine à l’égard de ceux qui l’ont poursuivi et jugé”, a-t-il ajouté.

Le ministre français des Affaires étrangères a salué “la mémoire de cet intellectuel dont l’engagement pacifique pour la promotion des libertés, des droits de l’Homme et de la démocratie restera un héritage pour les générations futures”.

“La France avait appelé à plusieurs reprises à sa libération et souhaite que les autorités chinoises assurent la liberté de mouvement de son épouse, Mme Liu Xia, de sa famille et ses proches”, ajoute également Jean-Yves le Drian.

Son homologue américain, Rex Tillerson, rend lui aussi hommage à Liu Xiaobo, “mort en purgeant une longue peine de prison pour avoir fait la promotion de réformes démocratiques pacifiques” et réclame lui aussi la libération de son épouse.

La chancelière allemande Angela Merkel a salué, elle, la mémoire d’un “courageux combattant des droits civiques et de la liberté d’expression”.

Dans un communiqué commun, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du Conseil européen Donald Tusk ont plaidé pour la libération des prisonniers politiques en Chine.

“Nous réitérons la demande de l’Union européenne pour que tous les prisonniers de conscience soient libérés en Chine”, écrivent les deux dirigeants européens demandant la liberté de circulation pour les membres de la famille de Liu.

Pour Hu Jia, ami de Liu Xiaobo et dissident comme lui interrogé par Reuters, les dirigeants du Parti communiste ont cherché à “montrer qu’ils contrôlent la vie de ceux qui vivent en Chine”.

“Mais je pense que le message historique qu’ils transmettent est très différent. En laissant un prix Nobel de la paix mourir en détention, ils ont perdu une chance de se montrer humains et ont révélé leur nature impitoyable”, a-t-il ajouté.

Ben Blanchard, avec Gwladys Fouche à Oslo, Sophie Louet à Paris, Tom Miles à Genève, Madeline Chambers à Berlin, Jean-Philippe Lefief pour le service français

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