July 13, 2017 / 9:54 AM / a year ago

Nice: Paris Match critiqué mais le magazine reste en kiosque

PARIS (Reuters) - Le tribunal de grande instance de Paris a jugé jeudi que la publication par Paris Match d’images prises le 14 juillet 2016 à Nice, le soir de l’attentat meurtrier au camion-bélier, portait atteinte à la “dignité de la personne” mais n’a pas ordonné son retrait des kiosques.

Le tribunal de grande instance de Paris a jugé jeudi que la publication par Paris Match d'images prises le 14 juillet 2016 à Nice, le soir de l'attentat meurtrier au camion-bélier, portait atteinte à la "dignité de la personne" mais n'a pas ordonné son retrait des kiosques. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

L’hebdomadaire a en revanche interdiction de publier sur son site internet certaines de ces photos et ne pourra pas effectuer de nouveaux tirages du numéro incriminé, paru un an presque jour pour jour après l’attaque qui a fait 86 morts et des centaines de blessés sur la promenade des Anglais.

“Elles s’avèrent indécentes par l’illustration de victimes courant pour échapper à la mort ou sur le point de mourir”, peut-on lire dans la décision rendue en “référé d’heure à heure”, une procédure d’urgence lancée par le parquet.

“Il résulte de l’ensemble de ces éléments que l’atteinte à la dignité de la personne caractérise le trouble manifestement illicite”, lit-on également.

Un retrait de la vente ne serait cependant pas une “mesure efficiente”, considère la justice.

“Cette décision courageuse nous donne pleinement satisfaction”, a réagi Eric Morain, avocat de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac), joint par Reuters.

D’autres associations ainsi que le maire de Nice, Christian Estrosi, avaient déploré l’initiative de Paris Match.

Sur les images, qui figurent dans le dossier d’instruction, on peut voir le camion percuter des passants mais aussi, sur l’une d’entre elles, le corps ensanglanté de l’assaillant, tué par la police, dans l’habitacle du poids lourd.

Le magazine a répondu aux critiques en invoquant sur son site internet “le droit des citoyens, au premier chef le droit des victimes, de savoir ce qui s’est passé exactement”.

“Quant aux photos du camion cette nuit-là, largement publiées et relayées par nos confrères depuis un an, (...) il s’agit de vues de loin, de plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité”, se défend le directeur de la rédaction, Olivier Royant.

Le parquet de Paris a parallèlement annoncé avoir ouvert une enquête pour violation du secret de l’instruction et recel de ce délit.

Simon Carraud, édité par Sophie Louet

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